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La “Palestine” avant les “Palestiniens”

Quelques décennies avant l’avènement de Yasser Arafat, de l’OLP, du Hamas, du Fatah, de Mahmoud Abbas et de bien d’autres, il existait bien une entité appelée du nom de Palestine. Et celle-ci ne remonte pas à des temps immémoriaux. Elle était en son temps reconnue par le monde entier, sans polémique d’aucune sorte et pour les meilleures raisons. Je suis en fait en faveur de ce que représentait la Palestine avant les années 1960. Malheureusement, le mot « Palestine » souffre, depuis le milieu des années 60, d’une sorte de virus étymologique pour lequel il semble y avoir aucun remède. Mais pourquoi le monde chercherait-il un vaccin contre un virus qu’il ne soupçonne pas d’exister ? Hélas, le mal s’est répandu au point d’accéder au rang de pandémie mondiale.

Bien que l’origine exacte du mot « Palestine » soit encore débattue, certains aspects de sa signification sont eux bien connus. Il est en effet possible que le terme ait désigné un peuple connu du nom de Philistins. Mais ces derniers ne sont en aucune façon liés aux « Palestiniens modernes » tels que compris aujourd’hui, pas plus sur les plans ethnique, linguistique que culturel. En l’an 132 de notre ère, une révolte juive fut menée contre les Romains. C’était la révolte de Bar Kochba (qui était un faux messie en Israël). Pour faire court, la tournure des évènements ne conduisit pas à une libération du peuple juif du joug romain. Cela se termina au contraire en un gigantesque bain de sang. Afin de réduire à néant les éventuelles futures aspirations nationalistes juives, les Romains renommèrent le territoire d’Israël « Palaestina ». Par ailleurs, Jérusalem fut rebaptisée « Aelia Capitolina » par l’empereur Hadrien. Par la suite, l’appellation « Palestine » est restée et a continué à être utilisée jusqu’à nos jours.

Ainsi, lors de l’occupation britannique, de 1922 à 1948, il était évoqué « La Palestine sous mandat britannique ». Dans le texte original du mandat confié par la Société des Nations à l’empire britannique, en date de 1922, on pouvait lire: « Par la présente déclaration, nous reconnaissons les liens historiques du peuple juif avec la Palestine et, par la même, les arguments en faveur de la reconstitution de son foyer national en ce pays ». Cela résonne à mon sens on ne peut plus juif !

En relisant l’article 4 du Mandat, on y retrouve dans un même passage deux mots qui seraient impossibles à relier de nos jours dans une approche positive : Il s’agit des mots Palestine et sioniste. Pourtant, dans le cadre du mandat d’origine, ces deux termes visaient bien les dirigeants de cette période du mouvement sioniste à qui l’administration et le gouvernement de la Palestine avaient été confiés, comme ainsi mentionné :

« Un organisme juif adéquat sera officiellement reconnu comme autorité constituée à même de coopérer avec l’administration de la Palestine pour toutes les questions économiques, sociales et autres, susceptibles d’affecter l’établissement du foyer national juif et les intérêts de la population juive en Palestine, ce toujours sous réserve du contrôle de l’administration, d’aider et de participer au développement du pays.

L’Organisation sioniste est reconnue comme étant l’agence visée ci-dessus, dès lors que de l’avis de l’autorité mandataire, son organisation et sa constitution sont jugées acceptables. En accord avec le gouvernement de Sa Majesté britannique, elle prendra toutes mesures nécessaires pour assurer la coopération de tous les Juifs disposés à collaborer à la constitution du foyer national juif. »

De fait, jusqu’au début des années 60, le territoire de la Palestine désignait toujours Israël et/ou la Terre Sainte. Les Arabes des pays voisins ne s’appelaient pas eux-mêmes « Palestiniens ». Ils se disaient Syriens, Libanais, Egyptiens, Jordaniens, etc. La plupart des Arabes du début du 20ème siècle aurait simplement évoqué les Arabes de Palestine comme des Syriens.

Récemment, un nouvel indice en faveur de la Palestine juive a été trouvé dans le plus improbable des lieux. Certains diront que cela est juste une anecdote et aucunement une démonstration. Quoique ! Ceci étant, la « preuve » est tirée des pages d’un dictionnaire français connu, le Larousse. Les Editions Larousse ont été fondées en France en 1852, et ont publié leur premier dictionnaire en 1856.

C’est dans l’édition de 1939 que le drapeau de la Palestine a été trouvé parmi les drapeaux du monde. Sur la page de droite, à la troisième ligne en partant du haut et en troisième position en partant de la gauche, nous pouvons voir un drapeau constitué de deux carrés égaux, l’un bleu clair sur la gauche et l’autre blanc sur la droite. Superposé au centre des deux carrés se trouve une Magen David jaune (étoile de David) qui, comme nous le savons tous, est le symbole juif par excellence. Daté de 1939 (début de la Deuxième Guerre mondiale), le dictionnaire n’incluait évidemment pas Israël (qui ne renaîtra en tant que nation moderne qu’en 1948). Notez également que sur la première ligne de drapeaux sur la page de gauche, nous pouvons voir clairement le drapeau allemand avec la maudite croix gammée du régime nazi. Il n’y a donc aucun doute sur la date de publication de ce volume. Que s’est-t-il alors passé pour que tout ceci change ?

Il est légitime que l’étymologie de certains mots évolue avec le temps, la culture et l’histoire. Ceci n’est ni bon ni mauvais, mais simplement le résultat d’un changement dans la définition d’un mot au fil du temps. Alors pourquoi dans le cas précis du mot « Palestine » devrions-nous être attentifs au sens nouveau qui lui est donné aujourd’hui ? Pourquoi même devrions-nous rejeter cette modification totale du sens qui lui est apporté ?

Pour ceux d’entre nous qui s’intéressent à l’histoire, une définition assez simple de la « Palestine » serait la suivante : La Palestine est l’ancien nom donné à Erêtz Yisraël, un morceau de terre biblique connu également sous le nom « terre de Canaan » (Genèse 17:7-8), donnée aux enfants d’Israël par le Dieu d’Israël. Point final.

Mais aujourd’hui, selon une « nouvelle » définition, la Palestine n’a plus (voire n’a jamais eu pour certains) de racines juives. La Palestine est devenue la patrie historique du peuple palestinien, qui, en raison de son droit inaliénable à l’autodétermination, a apparemment reçu un droit divin à se battre pour son retour. Je suis bien entendu en désaccord complet avec cette nouvelle affirmation !

Cette « redéfinition » est le résultat d’une manipulation géopolitique de Yasser Arafat après la guerre des six jours (1967), sous le contrôle bienveillant du KGB russe. Le peuple palestinien fut alors « inventé » et contraint à rester dans les camps de réfugiés créés à la même époque. Les Russes souhaitaient entretenir ainsi à leur avantage la guerre froide dans la région. Après près d’un demi-siècle de propagande et d’endoctrinement, l’histoire a été inversée et réécrite. Bien évidemment, dans ce contexte, le drapeau palestinien ne porte plus l’étoile de David. Sur un site de propagande palestinien, l’explication donnée au nouveau drapeau comprend une déclaration sur son adoption par le « peuple palestinien » (qui n’existait pourtant pas plus hier qu’aujourd’hui) dès 1917, alors qu’en 1939, comme vu plus haut, il s’agissait d’un drapeau avec l’étoile juive.

Il faut sans doute bien plus qu’un drapeau pour valider le droit d’un peuple à exister et à vivre sur sa terre, mais les historiens et érudits de la Bible sont tous d’accord sur le fait que des Juifs ont habité la terre d’Israël depuis plus de 3500 années, et cela sans interruption depuis l’époque de Josué.

Ainsi donc, la prochaine fois que vous entendrez des propos sur Israël « occupant » la Palestine, émis par des dirigeants musulmans, des libéraux pro-palestiniens, des chrétiens désinformés (et parfois malintentionnés) ou même encore par certains Juifs (comme ceux de l’organisation JStreet aux USA), considérez avant tout les faits historiques et vérifiés. Vous n’arriverez sans doute pas à faire changer d’avis toutes ces personnes qui subissent bon gré, mal gré, une désinformation coupable. Mais le monde mérite d’entendre la vérité sur Israël et le peuple juif.

La Palestine existait bien avant les « Palestiniens » modernes. Elle était, demeure et restera avant tout toujours la patrie du peuple juif : historiquement, géographiquement et bibliquement. Ne vous laissez pas abuser par le discours ambiant et trompeur sur la Palestine !

Olivier MELNICK

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L’heure tourne… et l’antisémitisme des temps de la fin est arrivé.

Il ne fait aucun doute en mon esprit que des organisations telles que l’Anti-Defamation League ou le Centre Simon Wiesenthal sont fort actives pour combattre les excès de toutes sortes, la xénophobie et l’antisémitisme en particulier. Elles sont notamment engagées dans la recherche, la mise en lumière et la dénonciation de toutes les formes d’antisémitisme à travers le monde. Ceci étant, je suis persuadé que le meilleur “baromètre” pour évaluer le niveau général de l’antisémitisme reste l’État d’Israël lui-même dans le regard qui est porté sur lui.

Sur le plan biblique, Israël est venu à exister dès le jour où Dieu a promis de donner à Abraham et ses descendants la terre de Canaan (Genèse 12:1-3, 15:18-21, 17:8, 26:2-5, 28:12-15). Aucune condition n’était assortie à la promesse. Il s’agissait d’une alliance éternelle, notamment parce que seule la gloire de Dieu vint à “passer entre les morceaux” (Genèse 15:17) pour ratifier l’alliance divine. Or nous savons que Dieu n’est pas homme pour revenir sur ses engagements (Héb.13:8). Il est le même hier, aujourd’hui et éternellement.

Nous ajouterons par ailleurs qu’en 1948, nous avons assisté à l’accomplissement prophétique d’une renaissance d’Israël comme nation moderne. Depuis lors, Israël est demeuré en guerre avec ses voisins au Moyen-Orient. Et c’est par la seule grâce de Dieu et la promesse immuable faite au patriarche Abraham et ses descendants qu’Israël continue d’exister aujourd’hui. Quoique la destruction d’Israël soit le but manifeste de beaucoup, sa survivance et même sa gloire future sont inscrites dans les promesses éternelles de Dieu (Jérémie 31:35-37).

Parallèlement à cela, l’antisémitisme a toujours ponctué l’histoire du peuple juif à travers les âges, depuis même sa naissance. Le Satan sait bien que Dieu a un projet spécial pour ce peuple qu’il appelle “la prunelle de ses yeux” (Zacharie 2:8).

Lors de la destruction du Temple en 70 de l’ère chrétienne, le peuple juif a dans sa grande majorité été dispersé partout dans le monde. Il représente ce qu’on appelle aujourd’hui la Diaspora (qui signifie dispersion). Tandis que les Juifs ont su préserver au fil des siècles leur identité, ils n’ont pas toujours pu échapper aux ondes d’antisémitisme qui les atteignaient. Il est un fait, je le crois, que nous vivons dans une époque d’émergence d’un nouvel antisémitisme s’appuyant sur les bases de l’antisémitisme “classique” et donnant naissance à une forme hybride de haine des Juifs que j’appellerais “l’antisémitisme eschatologique” ou plus simplement l’antisémitisme des “derniers jours”.

Je veux dire par là qu’à la haine bien connue des Juifs, celle des clichés, celle aussi clairement identifiable au travers des siècles, s’est greffé un antisémitisme postmoderne, plus diffus, et un anti-sionisme universel. L’objectif final derrière cela étant toujours le même, détruire le peuple choisi de Dieu. Nous assistons au dernier chapitre du projet de haine du diable contre le peuple juif. Beaucoup hélas, tels des écrivains dans l’ombre, s’emploient à l’aider à en écrire les dernières lignes!

Je demeure cependant confiant que Dieu n’abandonnera jamais Israël, quand bien même le chemin par lequel Israël doit revenir à l’Éternel doit être difficile, douloureux même et sanglant (Zacharie 13:9). Nous savons aussi par les Écritures que dans les temps de la fin, le monde entier se tournera contre Israël (Zacharie 12:2-3, 14:2-3). Tout cela est absolument certain et c’est ce que je comprend par un antisémitisme des temps de la fin (qui est pour nous sans doute le temps présent). Mais je ne souhaite pas que les croyants en Yéchoua’ s’imaginent que – comme dit le proverbe – si Dieu est pour nous, qui sera contre nous?

Notons aussi que l’antisémitisme eschatologique se manifeste clairement en France où il y a quelques semaines, Paris a été témoin d’une manifestation de quelques 20 000 personnes dont Hitler ou Ahmadinejad n’auraient pas été peu fiers.

En un curieux renversement de situation, cette marche de protestation, initialement appelée “Jour de colère contre Hollande” s’est transformée en marche contre les Juifs de France. Plusieurs faisaient le salut nazi et clamaient des slogans tels que:

  • Juifs, dehors, la France n’est pas pour vous!”

  • Juifs, Juifs, Juifs, Juifs!”

  • Juifs et LICRA1, on ne veut pas de vous!”

  • Juifs, hors de France!”

  • Faurisson2 avait raison, les chambres à gaz sont un mensonge!”

  • Juifs, vous n’êtes pas à la France!”

Il était très effrayant de voir tout ces gens défiler dans les rues de Paris en criant leur haine des Juifs. Certes, la popularité du Président Hollande est au plus bas, ce pour diverses raisons qui ne sont pas l’objet de cet article, mais une chose est certaine, les Juifs de France ne sont en rien responsables des déboires de monsieur Hollande. Les Juifs n’étaient pas davantage en cause dans la peste noire au Moyen-âge, la faillite financière des banques, les attentats du 11 Septembre ou encore la mort du Messie sur la croix. Malheureusement, toutes ces dénégations n’ont jamais empêché leurs ennemis de prétendre le contraire et les masses populaires de le croire.

Je suis né à Paris et même si je vis aujourd’hui aux États-Unis, j’ai laissé une partie de mon cœur en France. J’ai mal pour la communauté juive de France qui est la troisième en importance dans le monde. Mais franchement, je ne suis pas certain qu’elle reste la troisième dès lors qu’un nombre croissant de Juifs de France émigrent actuellement vers les USA, le Canada et surtout Israël.

Plus que tout autre pays dans le monde, Israël comprend les situations souvent critiques des différentes communautés juives dispersées. Le pays n’existait pas encore durant la seconde guerre mondiale (d’un point de vue juridique pour le moins), et des millions de Juifs ont péri dans les camps de la mort, sans pouvoir espérer se réfugier quelque part. Aujourd’hui, la situation a radicalement changé et les Juifs du monde entier sont en mesure de trouver bon accueil sur la terre de leurs ancêtres.

Israël est pour les Juifs le seul pays vraiment sûr de toute la planète. Les Israéliens comprennent parfaitement leur rôle protecteur dans ces temps qui sont les derniers, quand bien même la majorité d’entre eux ne pratique pas vraiment de religion, voire n’est pas croyante du tout. Ils sont comme les acteurs d’une pièce dont ils ignorent le metteur en scène.

Il est un fait avéré que l’État d’Israël a commencé à planifier l’accueil des Juifs de France. Le nombre de Juifs ayant quitté la France ces dernières années a augmenté sensiblement et 26% des Juifs de la Communauté Française avouent leur intention de quitter le pays. Israël a actuellement un programme intitulé “La France premièrement” qui prévoyait l’accueil de 3000 personnes en 2013 et 17 000 autres Juifs français dans les 3 années à venir. Ces temps nous parlent dramatiquement et Israël a choisi d’être réactif et d’anticiper les conséquences de l’antisémitisme en France et dans le reste du monde. Israël prend la mesure du problème plus que tout autre pays.

L’antisémitisme des temps de la fin ne devrait pas surprendre les disciples de Yéchoua’, mais il devrait nous pousser à être des témoins zélés auprès de nos familles et des Juifs qui nous entourent, dès lors que le dernier acte de ce monde est en route et se déroule devant nos yeux. Israël et le peuple juif sont bien entendu au cœur de l’histoire humaine et nous n’y pouvons rien changer. Soyons cependant conscients des enjeux à faire connaître le Messie Yéchoua’ à ceux qui ne le connaissent pas encore, avant qu’il ne soit trop tard!

Olivier MELNICK

1 LICRA : Ligue Internationale contre le Racisme et l’Antisémitisme.

2 FAURISSON Robert, négationniste français plusieurs fois condamné pour avoir affirmé que la Shoah est un mythe et que les chambres à gaz n’ont jamais existé.

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« L’Éternel pardonne ton péché, tu ne mourras point. Mais… le fils qui t’est né mourra. »

Il y a quelques fois des situations qui nous dépassent tellement, que nous en restons muets, comme prostré devant un problème insoluble, incapables d’aligner un seul argument avec le Seigneur. C’est ainsi qu’il nous est parfois difficile de donner du sens à la souffrance des autres, de nous-mêmes, voire du Messie lui-même.

La colère peut aussi survenir devant ce qui nous apparaît manifestement injuste de la part de Dieu, dans ses exigences, et surtout dans ses jugements.

Que répondre à Dieu ?… Aux hommes ?… À soi-même ?…

Dieu, semble-t-il, ne donne pas toujours de réponse à toutes nos questions. Il ne satisfait pas systématiquement notre curiosité chaque fois qu’elle s’exprime avec plus ou moins de pertinence.

Si Dieu ne donne pas a priori de réponse à toutes nos questions, cela ne signifie pas qu’il ne nous écoute pas ou que nos paroles l’indiffèrent. Le prophète Isaïe (55.8-9) nous éclaire un peu sur le fond du problème : « Car mes pensées ne sont pas vos pensées, Et vos voies ne sont pas mes voies, Dit l’Éternel. 9Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, Autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies, Et mes pensées au-dessus de vos pensées.1 »

Il y a comme un fossé, un véritable gouffre, une distance considérable entre la pensée de l’Homme et la pensée de Dieu. Notre lecture du monde et de notre environnement est par nature très éloignée des intentions et de la sagesse divines. Devons-nous alors nous résigner et ruminer devant tant d’impuissance à comprendre qui est Dieu et les contours de son plan pour nous ?…

En réalité, tandis que la majorité des hommes s’efforcent vainement en tâtonnant de comprendre la volonté de Dieu, le Seigneur a pris l’initiative de lui-même de s’approcher des hommes et de leur parler, ce avec une efficacité inégalée et surtout insoupçonnée. En effet, le prophète poursuit ainsi (55.10-11) : « 10Comme la pluie et la neige descendent des cieux, Et n’y retournent pas Sans avoir arrosé, fécondé la terre, et fait germer les plantes, Sans avoir donné de la semence au semeur Et du pain à celui qui mange, 11Ainsi en est-il de ma parole, qui sort de ma bouche : Elle ne retourne point à moi sans effet, Sans avoir exécuté ma volonté Et accompli mes desseins. »

En d’autres termes, Dieu n’est pas resté muet, mais il a parlé au travers des âges à des hommes comme nous qui nous ont laissé en héritage « Sa Parole », la Bible.

Elle est comme une ondée rafraichissante. Elle arrose. Elle féconde. Elle fait germer. Elle nourrit. Elle porte du fruit. Elle donne du sens à ce qui à vue humaine n’est que chaos et confusion. Plus encore, elle donne une direction, une perspective à ce qui n’en a pas.

Parmi les questions posées par nos contemporains, le problème du mal, de son origine et surtout de la manière de le combattre reste entier. À l’heure où je rédige ses lignes, je songe au peuple d’Israël plongé dans l’incertitude récurrente à propos de son salut. En effet, de Roch Hachana à Kippour, selon la tradition, les Livres restent ouverts ; la main de Dieu est comme suspendue pour inscrire tel ou tel parmi les « justes », les « réprouvés » ou encore ceux qui doivent « faire leurs preuves ». Une décision divine qui serait pesée en fonction de nos mérites et de nos prières. Ce peut-il vraiment que nos paroles de repentir en ces dix jours « redoutables » puissent infléchir le jugement de Dieu ?… C’est un peu comme si le sort d’un élève se jouait au comportement de celui-ci dans les quelques jours précédents un conseil de classe. Loin de là. Dieu ne tient pas une « comptabilité » de nos mérites ou de nos fautes dans la recherche d’un équilibre délicat et hautement incertain. À vrai dire, nul besoin d’une balance pour déterminer ce qui pèserait le plus lourd. Le prophète fait bien de rappeler que les pensées de Dieu sont très éloignées de celles des hommes, largement au-dessus d’elles. Dans les Écritures, la notion de mérite est, dans l’immense majorité des cas, associée au jugement dont les hommes sont trouvés systématiquement dignes. La Torah enseigne certes le besoin d’équilibre et de compensation dès lors qu’il y a transgression d’un commandement par un homme vis-à-vis de son prochain. Mais le péché, le mal commis intrinsèquement pour toute faute, n’est réparé que par le sang versé (Hébreux 9.22 /Exode 24 : « 22Et presque tout, d’après la loi, est purifié avec du sang, et sans effusion de sang il n’y a pas de pardon. »). L’alliance elle-même, conclue au Sinaï, ne l’a pas été sans l’aspersion du sang versé.

Le repentir est bien entendu un préalable à la « réparation », mais il ne constitue pas en lui-même LA « réparation ». La faute doit être « couverte », effacée par le sang du sacrifice.

L’origine du mal est peut-être une question à laquelle il sera difficile de répondre, mais il ne fait aucun doute que le mal règne partout au milieu des hommes et dans celui-ci par nature. Il n’est aucun homme qui recherche naturellement le bien. Tous cherchent le mal. David l’affirme sans ambiguïté (Paume 51.9 : « 7Voici, je suis né dans l’iniquité, Et ma mère m’a conçu dans le péché. »).

Ce mal qui gangrène l’être humain n’est pas « réparable » par la seule vertu de ce qui est plongé naturellement dans le péché. La solution doit donc venir d’ailleurs, de ce qui est pur et sans péché. C’est par la mort de l’innocent que le péché sera expié.

J’imagine déjà les lecteurs outrés et choqués par ce que je viens d’affirmer. N’est-ce pas au coupable de payer pour ses fautes ?… N’est-il pas injuste que l’innocent meure pour l’injuste ?… Sans aucun doute et la justice de Dieu ne tient pas le coupable pour innocent. Il en est ainsi depuis toujours, depuis la « faute » du premier couple humain. Mais il a fallu que Dieu lui-même fasse périr un animal innocent pour couvrir de sa peau, la honte du péché d’Adam et Ève (Genèse 3.21). Aurait-il pu en être autrement ?… N’y avait-il pas d’autre solution ?… Oui ! La mort du coupable. Mais, Dieu dans sa grâce veut que l’Homme vive et ne meurt pas, parce qu’il aime les hommes et les femmes qu’il a créés à son image (Genèse 1.27).

Alors bien entendu, il y a là un mystère qui nous échappe.

La Bible semble évoquer des histoires aux issues fort différentes. Certains sont restés fidèles à Dieu, ou pour le moins sont revenus à Lui. D’autres au contraire se sont coupés volontairement de leur créateur et ont connu un jugement terrible de la part du Seigneur. Comment donc Dieu juge-t-il les hommes ?… Pourquoi use-t-il en apparence de patience pour les uns et pas pour les autres ?… Dieu n’est-il pas injuste en faisant grâce aux uns et pas aux autres ?… Si nos mérites sont trouvés trop légers au regard de Dieu, comment nous acceptera-t-il ?… Comment nous déclarera-t-il « juste » devant lui  et nous inscrira-t-il dans son Saint Livre ?… Car il ne fait aucun doute que ce que redoutent tous les hommes – qu’ils le reconnaissent ou non – c’est le jugement de Dieu qui vient après la mort (Hébreux 9.27).

L’exemple du psalmiste peut nous aider. Il reconnaît que Dieu est juste dans tous ses jugements aussi ne craint-il pas de s’approcher d’un juste juge. (Psaume 51 : « O Dieu ! aie pitié de moi dans ta bonté ; Selon ta grande miséricorde, efface mes transgressions ; 4Lave-moi complètement de mon iniquité, Et purifie-moi de mon péché. 5Car je reconnais mes transgressions, Et mon péché est constamment devant moi. 6J’ai péché contre toi seul, Et j’ai fait ce qui est mal à tes yeux, En sorte que tu seras juste dans ta sentence, Sans reproche dans ton jugement. »).

David a, comme on le sait, gravement péché contre Dieu. Il a couché avec la femme de son prochain (2 Samuel 11 et 12), organisé le meurtre de son mari et couvert tout cela par des mensonges. Le récit n’est pas très long dans la Bible, mais il est aisé de comprendre que toute cette affaire s’étale sur plusieurs mois, peut-être même une année. Dans ce contexte, le péché du roi David n’est pas une mince affaire et il faut l’intervention du prophète Nathan pour amener le coupable à avouer sa faute et s’en repentir.

David se sait coupable et d’après la Loi, quand bien même il est roi, il mérite la mort. Il le sait parfaitement. Dans sa confession, il dit à Dieu toute sa faute, sans l’excuser. Il en appelle à la bonté et la grâce de Dieu. Il ne demande pas que Dieu passe simplement l’éponge, comme on le ferait pour une peccadille d’un enfant pris la main dans le pot de confiture. Il demande à Dieu « d’effacer » sa transgression, de le « laver » de sa faute, et enfin de « purifier » sa conscience de son péché. La justice divine passe ici par une action qui vient de Dieu, et uniquement de Dieu. David n’échappera à la mort que par une action divine en sa faveur.

« L’Éternel envoya Nathan vers David. Et Nathan vint à lui, et lui dit : Il y avait dans une ville deux hommes, l’un riche et l’autre pauvre. 2Le riche avait des brebis et des bœufs en très grand nombre. 3Le pauvre n’avait rien du tout qu’une petite brebis, qu’il avait achetée ; il la nourrissait, et elle grandissait chez lui avec ses enfants ; elle mangeait de son pain, buvait dans sa coupe, dormait sur son sein, et il la regardait comme sa fille. 4Un voyageur arriva chez l’homme riche. Et le riche n’a pas voulu toucher à ses brebis ou à ses bœufs, pour préparer un repas au voyageur qui était venu chez lui ; il a pris la brebis du pauvre, et l’a apprêtée pour l’homme qui était venu chez lui. 5La colère de David s’enflamma violemment contre cet homme, et il dit à Nathan : L’Éternel est vivant ! L’homme qui a fait cela mérite la mort. 6Et il rendra quatre brebis, pour avoir commis cette action et pour avoir été sans pitié. » (2 Samuel 12.1-6.)

L’histoire que Nathan raconte à David est fictive, mais elle sert en réalité de support à ce qui va suivre. David est roi. Cela signifie qu’il est aussi juge d’un certain nombre d’affaires relevant des tribunaux civils. Or, s’agissant de l’affaire présentée par le prophète, il n’hésite pas à désigner le coupable comme passible de la peine capitale. Et pourtant, il s’agissait avant tout d’un vol relevant du droit commun. La Loi indiquait que pour ce délit, il devait y avoir réparation, en l’occurrence 4 brebis pour remplacer celle volée et égorgée (Exode 21.37). Le jugement de David est donc plus sévère. On peut évidemment supposer que David juge le caractère immoral de l’affaire plus que le simple vol d’un agneau. Or sa faute à lui est autrement plus grave que celle du riche dérobant la brebis du pauvre. Son jugement en apparence disproportionné est pourtant nécessaire, car il met en relief le prix exorbitant que Dieu est prêt à payer pour sauver David.

« 7Et Nathan dit à David : Tu es cet homme-là ! Ainsi parle l’Éternel, le Dieu d’Israël : Je t’ai oint pour roi sur Israël, et je t’ai délivré de la main de Saül ; 8je t’ai mis en possession de la maison de ton maître, j’ai placé dans ton sein les femmes de ton maître, et je t’ai donné la maison d’Israël et de Juda. Et si cela eût été peu, j’y aurais encore ajouté. 9Pourquoi donc as-tu méprisé la parole de l’Éternel, en faisant ce qui est mal à ses yeux ? Tu as frappé de l’épée Urie, le Héthien ; tu as pris sa femme pour en faire ta femme, et lui, tu l’as tué par l’épée des fils d’Ammon. 10Maintenant, l’épée ne s’éloignera jamais de ta maison, parce que tu m’as méprisé, et parce que tu as pris la femme d’Urie, le Héthien, pour en faire ta femme. 11Ainsi parle l’Éternel : Voici, je vais faire sortir de ta maison le malheur contre toi, et je vais prendre sous tes yeux tes propres femmes pour les donner à un autre, qui couchera avec elles à la vue de ce soleil. 12Car tu as agi en secret ; et moi, je ferai cela en présence de tout Israël et à la face du soleil. »

La sanction divine est rude, mais elle est à la mesure de la faute du roi, une faute que Dieu qualifie de mépris de sa parole et de sa personne. Dieu va amener en définitive l’humiliation et une fin de vie pour le roi qui sera marquée par la souffrance et l’épreuve. Alors bien sûr, il y a des erreurs dont il faut assumer les conséquences toute sa vie. Et David prend sa part comme on pouvait s’y attendre. Après tout, un homme jugé coupable de meurtre ou d’un délit quelconque est condamné, quels que puissent être ses regrets. Il assumera au moins une peine de prison, une amende ou quelque autre obligation.

Mais s’agissant de David, le roi ne s’est-il pas repenti ?… N’a-t-il pas regretté sincèrement sa faute, comme en témoigne le Psaume 51 ?… Dieu ne pouvait-il pas faire une exception et « effacer » la faute du roi, sans autre conséquence ?… La justice de Dieu conduit le créateur à juger le roi David, semble-t-il, sans circonstance atténuante. Jusque-là, on aurait pu comprendre que le péché mérite punition et la culpabilité une sanction à la mesure de la faute. David en l’occurrence ne faisant pas exception. Mais il y a une dimension qui transcende le texte et dépasse la seule faute momentanée de David, aussi grave soit-elle.

David est roi d’Israël. Il est l’emblématique figure du Messie à venir, le Machia’h Ben David ; comme par ailleurs l’est Joseph, fils de Jacob, le Machia’h Ben Yossef. Tous les rabbanim reconnaissent en général le profil prophétique et messianique de ces personnages bibliques.

Le prophète Nathan, après l’énoncé des sanctions terribles qui vont toucher David, ajoute ce qui est en réalité la seule parole qui compte vraiment pour David. « 13David dit à Nathan : J’ai péché contre l’Éternel ! Et Nathan dit à David : L’Éternel pardonne ton péché, tu ne mourras point. 14 Mais, parce que tu as fait blasphémer les ennemis de l’Éternel, en commettant cette action, le fils qui t’est né mourra ».

Voilà une parole pour le moins énigmatique. Elle contient des affirmations extrêmement difficiles à saisir.

« L’Éternel pardonne ton péché, tu ne mourras point ». Il s’agit d’une courte déclaration, la plus positive de toutes les paroles du prophète, mais qui laisse le lecteur avec plus de questions que de réponses. Si l’on est rassuré pour le sort de David, on ne comprend pas la façon dont Dieu exerce sa justice. La Loi de Moché indique clairement que pour la faute de David, la condamnation à mort est la règle. La Loi de Moché est celle édictée par Dieu lui-même et transmise au conducteur d’Israël dans le désert. Sur quoi donc repose le pardon divin ?… Un sacrifice a-t-il été offert ?… Cela n’est pas mentionné et tout se passe lors d’une simple conversation entre Nathan et David. Ils ne vont à aucun moment au Temple voir le souverain sacrificateur pour régler ce différend. Comment donc l’expiation est-elle faite ?… Car on ne peut pas faire l’économie du sang versé pour « effacer » la faute. David ne fait par ailleurs aucune action à la suite de sa repentance en relation avec la parole du prophète. Le pardon est prononcé par Dieu en quelques mots et la peine de mort annulée pour lui. C’est tout simplement incompréhensible. Comment Dieu peut-il faire en apparence une telle dérogation à sa Loi ?…

Mais le verset 14 continue avec deux mentions encore plus incompréhensibles. « Tu as fait blasphémer les ennemis de l’Éternel ». En réalité, le péché de David est resté secret et il n’y a pas eu ou presque de témoins. Quels sont donc ces ennemis de l’Éternel à avoir blasphémé contre Dieu à cause de David ?… C’est là qu’il nous faut entrer dans la sphère prophétique et spirituelle de l’événement. Il y a, comme on a pu aisément le comprendre, une dimension immédiate du péché du roi et ses conséquences terribles sur la vie de David jusqu’à sa mort. Mais c’est oublier un peu vite que le péché de David n’est pas uniquement une faute tournée contre Bath-Chéba, son mari Urie et quelques autres personnes de son entourage. La faute du roi est avant tout contre Dieu lui-même et son péché vient salir le trône même de l’Éternel. David, la figure messianique duquel sera issu le Machia’h Yéchoua’, n’a pas compris la portée de sa faute d’un jour. Ici, les ennemis de l’Éternel sont bien entendu spirituels. Ils saisissent toutes les occasions pour accuser les élus de Dieu, et indirectement Dieu lui-même. C’est pourquoi les péchés commis par les hommes ne peuvent être « réparés » sur la terre par les hommes eux-mêmes.

Du l’union illicite de David et Bath-Chéba était né un enfant, un fils. Nathan annonce certes le pardon de Dieu, mais il délivre aussi une terrible sentence. Pour que David vive, il faut que son fils meure : « Et Nathan dit à David : L’Éternel pardonne ton péché, tu ne mourras point. 14 Mais, parce que tu as fait blasphémer les ennemis de l’Éternel, en commettant cette action, le fils qui t’est né mourra ».

On peut difficilement imaginer la douleur et le désarroi de David en apprenant la nouvelle. Ses prières et ses supplications n’y feront rien. L’enfant mourra quelque temps après.

On est abattu devant un tel décret. Dieu est-il devenu cruel et injuste au point de faire mourir un enfant ?… Pire encore, de faire mourir un innocent pour un coupable ?… Car c’est bien ainsi que Dieu présente les choses.

Pour David, rien ne sera plus comme avant. Un innocent est mort à sa place pour que lui vive. Combien de temps lui a-t-il fallu pour accepter le sens de la justice de Dieu ?… La Loi a finalement bel et bien été respectée. Tel l’agneau offert en sacrifice sur l’autel en lieu et place du coupable, le fils de David meurt en innocent à la place de David. Et avant même que la Loi n’ait été promulguée, il en était déjà ainsi. Abraham, mis à l’épreuve, avait été sollicité par Dieu pour offrir son fils Isaac en holocauste (Genèse 22). Abraham avait ainsi pu percevoir le prix incommensurable que Dieu paierait lui-même pour accomplir l’expiation et annoncer le pardon à David.

Tandis que nous nous interrogeons encore sur le sens à donner à ce dramatique épisode de la vie de David, il convient de faire le point sur ce que nous découvrons de l’expiation opérée par Dieu et le pardon qu’il offre, au-delà du roi, à toute l’humanité.

Premièrement, nous comprenons que le péché de David n’est pas uniquement tourné contre quelques individus de son entourage. Il est une offense grave contre Dieu. De l’aveu même de David, il mérite la mort et la Loi aurait dû le condamner sans appel à la peine capitale.

Ensuite, nous nous étonnons de ce que Dieu, dans le cas présent, n’applique pas la peine que David aurait dû encourir. La Loi elle-même semble impuissante à satisfaire la justice de Dieu, quand bien même elle en définit les contours et répond à une exigence de justice à l’échelle humaine.

Enfin, la seule justice que Dieu accepte pour épargner David est la mort d’un innocent, la mort d’un homme. Il fallait qu’un homme meure…

Une conclusion s’impose à nous tout naturellement. Le Salut de l’humanité ne viendra pas des hommes. Au-delà du message de Dieu au travers du prophète Nathan à David, il apparaît clairement que le fils de David, le Machia’h Ben David doit mourir, lui, l’innocent, pour les hommes coupables.

Inacceptable ?… C’est à coup sûr ce qu’a dû se dire le roi David en apprenant la mort de son fils à sa place.

Peut-être direz-vous alors, comme d’autres, que les voies de Dieu sont tordues, anormales ?… Le prophète Ézéchiel s’en fait l’écho et rappelle le vrai sens de la justice de Dieu que ses contemporains rejetaient.

Ézéchiel 18.25-32 : « Vous dites : La voie du Seigneur n’est pas droite. Écoutez donc, maison d’Israël ! Est-ce ma voie qui n’est pas droite ? Ne sont-ce pas plutôt vos voies qui ne sont pas droites ? »

Il ajoute : « 26Si le juste se détourne de sa justice et commet l’iniquité, et meurt pour cela, il meurt à cause de l’iniquité qu’il a commise. 27Si le méchant revient de sa méchanceté et pratique la droiture et la justice, il fera vivre son âme. 28S’il ouvre les yeux et se détourne de toutes les transgressions qu’il a commises, il vivra, il ne mourra pas. 29La maison d’Israël dit : La voie du Seigneur n’est pas droite. Est-ce ma voie qui n’est pas droite, maison d’Israël ? Ne sont-ce pas plutôt vos voies qui ne sont pas droites ? 30C’est pourquoi je vous jugerai chacun selon ses voies, maison d’Israël, dit le Seigneur, l’Éternel. Revenez et détournez-vous de toutes vos transgressions, afin que l’iniquité ne cause pas votre ruine. 31Rejetez loin de vous toutes les transgressions par lesquelles vous avez péché ; faites-vous un cœur nouveau et un esprit nouveau. Pourquoi mourriez-vous, maison d’Israël ? 32Car je ne désire pas la mort de celui qui meurt, dit le Seigneur, l’Éternel. Convertissez-vous donc, et vivez. »

Clairement, la justice d’un homme ne pèse rien dans la « balance » de Dieu le jour où il se détourne du Seigneur pour suivre la voie du péché. De même, les fautes du méchant ne sont pas un obstacle au salut de celui qui se détourne de ses mauvaises voies pour « se convertir » à Dieu. En clair, aux yeux du Seigneur, la justice des hommes ne sauve pas. C’est l’attachement du cœur de l’homme à son Dieu qui oriente ses voies.

Le prophète souligne que l’intention divine n’est pas la mort du méchant, mais sa repentance, son retour à Dieu, afin qu’il vive.

Dieu aime l’humanité, à tel point qu’il a donné celui qui lui était le plus cher, son fils, son unique (Genèse 22.2). Son sang a versé pour expier nos fautes, conformément à la Loi de Moché. Abraham l’a compris et c’est ce qui lui a permis de surmonter l’épreuve de l’Akédah (Genèse 22), convaincu que Dieu pouvait ramener à la vie son fils, celui de la promesse. David l’a appris aussi ; dans la douleur. Il a saisi qu’il ne devait le Salut qu’à l’amour inconditionnel de Dieu qui a livré son Machia’h pour rançon de sa vie. Sa souffrance a été le reflet anticipé de la souffrance de Dieu à la mort de Yéchoua’.

Le nom de David dans le Livre de vie n’a pas été effacé. Il en sera de même pour tous ceux qui auront reçu la justice qui vient de Dieu par son Messie Yéchoua’.

Un scandale ?… Une folie ?… Et si Dieu avait raison ?

Guy ATHIA

1 Version LSG.

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Les racines Juives de la foi Chrétienne

De nos jours on assiste, dans les églises comme dans les milieux juifs, à une prise de conscience de plus en plus marquée des origines juives du christianisme. C’est en effet comme une sorte de retour aux « sources », l’apôtre Paul affirmant déjà clairement à la première génération de croyants d’origine païenne : « c’est la racine qui vous porte » (Romains 11.18).

Sourde à l’avertissement apostolique de ne pas « se glorifier aux dépens du peuple juif », le christianisme primitif a forgé ce qu’on appelle encore « la théologie de la substitution » (l’Eglise se substituant au peuple d’Israël dans le plan divin), ainsi qu’un antijudaïsme virulent, parfois extrêmement violent. La synagogue, de son côté, n’a pas manqué de prendre ses plus grandes distances avec une croyance qu’elle considérait comme « inacceptable pour les Juifs ». Un énorme fossé s’est ainsi creusé.

Bien sûr, la « règle » n’a pas été suivie par tous et il y a eu des exceptions notables, mais en réalité il a fallu attendre le XXe siècle pour que les rapports entre Chrétiens et Juifs commencent à changer. C’est surtout au début des années 1960 que l’on entend de plus en plus souvent parler des « racines juives » de la foi chrétienne. Indéniablement le choc provoqué par la Shoah y est pour beaucoup. De plus, la création de l’état d’Israël et sa présence dans la cité historique de Jérusalem ainsi que, par ailleurs, l’émergence du mouvement des Juifs croyants en Jésus ont remis en cause l’idée reçue selon laquelle le peuple juif n’a plus aucun rôle à jouer dans le plan de Dieu.

En quoi consistent précisément ces « racines juives » et quelles pourraient être les incidences concrètes d’une redécouverte de celles-ci dans la vie des croyants ?… En fait, il existe plusieurs réponses possibles. Au lieu d’opter pour l’une au détriment de l’autre, je pense que chaque réponse est d’une pertinence qu’il convient de mettre en évidence.

Image biblique

L’expression « racines juives » ne figure pas formellement dans la Bible, toutefois, la notion y est bien présente dans bien des textes bibliques. Pour élucider le « mystère » des rapports entre les croyants d’origine juive et païenne, Paul introduit- en Romains 11 – l’image des « deux oliviers », l’un sauvage et l’autre cultivé (« franc »). L’explication la plus évidente est que le premier correspond aux « nations » et le deuxième à Israël, le peuple que Dieu a « cultivé » aux travers de multiples interventions et par les commandements de la Torah.

Comment comprendre la « racine » de cet « olivier franc » (verset 16-17) ? Certains pensent qu’elle représente le Messie, ou les Juifs messianiques eux mêmes, mais ces interprétations rendent l’image de l’olivier incohérente. Presque tous les commentaires s’accordent pour dire que la « racine » signifie le « début », à savoir les patriarches Abraham, Isaac et Jacob. C’est à partir d’eux que « l’olivier franc » du peuple d’Israël a poussé. Ainsi, l’image a tout son sens.

Quand des Grecs, des Romains ou des Gaulois deviennent disciples de Jésus, ils ne sont pas seulement réconciliés avec le Dieu d’Israël mais aussi « greffés » sur Israël. Entrés dans l’histoire de salut qui a commencé avec les patriarches, ils « participent à la racine et la sève de l’olivier franc ». Auparavant ils étaient « privés du droit de cité d’Israël, étrangers aux alliances de la promesse, sans espérance et sans Dieu dans le monde » (Ephésiens 2.12), maintenant ils « se nourrissent » de tout ce que Dieu a fait et dit au cours de l’histoire d’Israël et que Paul résume ainsi : « aux Israélites appartiennent l’adoption, la gloire, les alliances, la loi, le culte, les promesses, les patriarches et le Messie selon la chair » (Romains 9.4-5).

La Bible hébraïque

De la racine au singulier de « l’olivier franc » on passe facilement au pluriel des « racines » juives de la foi chrétienne. Or, celle-ci est comprise dans plusieurs sens.

La première signification ne s’éloigne pas tellement des propos de Paul. Selon elle, le christianisme est enraciné dans la révélation de Dieu au travers de l’histoire des patriarches et du peuple d’Israël avant l’ère chrétienne et dont le récit inspiré est la Bible hébraïque que les Juifs appellent Tanah.

L’appellation « Ancien Testament », communément admise, donne cependant à penser que son contenu est périmé, dépassé. Celui-ci devient « l’antithèse » de l’Evangile, réduit par simplification au seul domaine de la Loi de Moïse, considérée par ailleurs comme obsolète. Pour en tirer encore un « bénéfice » spirituel, le « chrétien » l’a allégorisé, présentant l’histoire d’Israël comme une préfiguration de celle de l’Eglise.

Il serait préférable d’appeler le Tanah « Premier Testament », soulignant ainsi la continuité entre les deux « Testaments » de la Bible chrétienne.

« C’est là que se trouvent les racines de notre foi, écrit Chuck Cohen, pasteur de l’assemblée messianique Roi des rois à Jérusalem. Toutes les doctrines du Nouveau Testament ont des racines profondes dans le Tanah. Pour bien comprendre les doctrines, il est donc capital de creuser le « terreau hébraïque » de la Bible. Voilà l’arrière-plan spirituel qui a marqué de son empreinte le cœur et la pensée de Yéchoua et des auteurs du Nouveau Testament. Et ce sont ces hommes-là que le Saint Esprit a utilisé pour expliquer la pleine signification de la Loi de Dieu ».1

On ne saurait trop souligner l’importance donnée aux Saintes Ecritures par Jésus et l’église primitive. Selon les apôtres, tout ce qu’elles contiennent est « inspiré de Dieu et utile pour enseigner, convaincre et redresser [les disciples de Jésus] et de les éduquer dans la justice, c’est à dire l’obéissance à Dieu (2 Tim. 3.16) ». Et c’est bien ce qu’ils ont fait. Rappelons que Jésus a combattu le diable avec les paroles de la Loi de Moïse et que Pierre et Paul et les autres envoyés ont annoncé l’évangile à partir des livres des prophètes. Leur Bible était le seul Tanah ! On trouve dans le Nouveau Testament environ 300 citations directes, 200 citations indirectes et plus de 1100 paraphrases des versets du Tanah, sans compter les maintes allusions plus ou moins voilées.2

Le dictionnaire du NT

Je suis mal à l’aise quand je vois le seul NT diffusé parmi les non-croyants, comme s’ils n’avaient pas besoin du Premier Testament pour comprendre réellement l’évangile et venir à la foi. Or, si nous retirons ces trois quarts de la Bible chrétienne, nous enlevons au NT tout simplement son « dictionnaire ».

Dans les milieux chrétiens nous assistons à une mise en valeur démesurée du seul NT au détriment du premier testament. Or, un tel déséquilibre aboutit fatalement à une compréhension partielle, voire partiale de la Parole de Dieu. C’est dans le Tanah et non pas dans le NT, que la doctrine de la création est pleinement présentée. C’est là que Dieu se révèle Adonaï, le Saint d’Israël, Dieu unique, tout puissant et éternel, plein de justice, miséricorde, de grâce et d’amour. C’est là où le plan divin avec Israël et les nations est progressivement révélé, y compris à la fin des temps. Si on ne recadre pas l’Apocalypse dans le contexte des prophéties de Daniel, Zacharie, Esaïe et d’autres encore, l’Apocalypse de Jean reste une énigme totalement hermétique.

De plus, notre perception du ministère de Jésus serait superficielle, voire erronée sans l’éclairage du Tanah. Il nous fait découvrir la « gravité » du péché et la nature du sacrifice substitutif, le sens de l’expiation et de la réconciliation. Si on ne fait pas référence aux discours des prophètes qui ont parlé de la nécessité d’un changement de « cœur », la « nouvelle naissance » exigée par Jésus en Jean 3 reste énigmatique. Comment contempler le « mystère » du Messie sinon à la lumière des Ecritures où il est annoncé à la fois Roi des rois et Serviteur souffrant, le Sauveur né d’une jeune fille et pourtant appelé « Dieu puissant » (Esaïe 7.14 et 9.5) ?

Ces écrits sont souvent qualifiés de « racines hébraïques » afin de les distinguer du judaïsme plus tardif, postérieur à la destruction du Temple. Malheureusement, ce fut pour bien des théologiens une manière de dissocier l’AT et le peuple juif du christianisme primitif, plaçant Israël en dehors du plan de Dieu.

Certes, de nombreux de Juifs ne reconnaissent pas Jésus comme leur Messie. De ce point de vue Paul dit qu’ils sont « retranchés » de la signification première de leur propre racine, mais cela ne veut pas pour autant dire que Dieu ait rejeté son peuple. C’est pour les croyants non juifs une occasion de provoquer chez les Juifs l’envie de connaître la bénédiction qui est fondée sur leurs Ecritures et qui est leur est « premièrement » destinée (Romains 1.16, 11.1 et 11).

« Il est capital que les chrétiens se rendent compte des racines juives de leur foi, et qu’ils renouent avec elles ». Si de telles exhortations sont de nos jours monnaie courante, leur application peut varier considérablement, les « racines juives » pouvant être comprises de manière très différentes.

Pour certains, elles désignent le Tanah, les Ecritures hébraïques qui constituent la toile de fond et le dictionnaire de tout le Nouveau Testament3. Selon d’autres, les « racines juives » se situent dans le contexte du NT, à savoir le monde juif de l’époque du second temple, où le Tanah était interprété et appliqué selon les différents courants : pharisiens, sadducéens, esséniens, zélotes, etc., exprimant là le berceau du christianisme. C’est sur cette deuxième approche que nous allons nous arrêter.

Un nouveau « courant »

Il fut un temps où l’Eglise, comme la Synagogue, ont présenté le NT en opposition au monde juif, Jésus symbolisant l’antagonisme par excellence au judaïsme. Paul aurait volontairement démarqué l’église naissante de son contexte juif, proclamant un message universaliste qui ne laisse plus aucune place à la mise en pratique de la Torah. Par la suite, la doctrine chrétienne se serait inspirée des pratiques religieuses et des mythes du monde gréco-romain.

Le « courant» théologique qui souffle actuellement est d’interpréter le NT uniquement à partir de son contexte juif. Comme les explorateurs d’autrefois qui disaient avoir « découvert » les cascades de la Zambie – qui pourtant étaient là depuis longtemps et connues des tribus alentours –, des  chercheurs  « découvrent » à quel point Jésus était un Juif pratiquant proche des pharisiens. Ils parlent de la « nouvelle vision sur Paul » qui n’est autre que celle d’un Juif messianique toujours resté fidèle à la Torah et aux coutumes de son peuple. Ils soulignent que la prière que Jésus a transmise à ses disciples fait partie de la tradition juive, que le baptême chrétien s’inspire du « baptême » juif (tbila), que le culte de l’église primitive fut calqué sur celui de la synagogue et que sa vie fut rythmée par le calendrier des fêtes d’Israël. Ils mettent en avant que l’enseignement de Jésus et la théologie des apôtres sont pétris des raisonnements juifs. Pour preuve, la quantité de textes parallèles entre le NT et les discussions des rabbins de l’époque, recueillies dans la Mishna.i

En conséquence, l’étude du judaïsme de l’époque du second temple fait désormais partie intégrante du curriculum de chaque institut théologique qui se respecte et de nombreux chrétiens se laissent instruire par des rabbins sur l’histoire et la pensée juives ! Le raisonnement est aussi simple que profond. Sans tenir compte du contexte juif du NT, il est difficile d’y comprendre grand-chose. Pire encore, on peut en tirer de fausses conclusions par rapport à la doctrine et la pratique de la foi chrétienne – comme cela a été malheureusement le cas lors des siècles passés.

Jésus « ramené chez lui »

Parallèlement à cette prise de conscience dans le monde chrétien, nous assistons à un développement identique du côté des Juifs. Précisément, il est « découvert » que Jésus et l’église primitive font pleinement partie de l’histoire du judaïsme, digne d’être étudié et enseigné en tant que telleii. On parle d’une « revendication de Jésus ». Au cours du XXe siècle, Joseph Klauzman, Martin Buber et d’autres auteurs juifs vont marquer le pas sur l’image négative que le Talmud et la tradition des Toledot Yechou avaient donnée de lui (Jésus). Le « Yéchoua’ » qu’ils décrivent à présent avec tant de respect et d’admiration, est un réformateur, fidèle à la religion de son peuple, l’une des plus grandes lumières de toute l’histoire juive, un « frère ».iii Ainsi, Jésus est en quelque sorte « ramené » chez lui, en Israël.

Depuis les années 1970, des spécialistes tels Samuel Safrai et David Flusser font école avec leurs recherches fouillées du NT, des évangiles notamment, qui amènent à une « lecture juive des évangiles ».iv Ce courant a énormément contribué à ce nouveau souffle dans la théologie chrétienne que je viens d’évoquer.

Grâce à tout cela, le tabou du NT est petit à petit levé, de sorte qu’il est actuellement intégré au programme d’histoire dans les écoles en Israël.

Un écueil de taille…

Cette nouvelle perspective est d’une grande importance. Elle démontre à quel point les mondes juif et chrétien ont tellement en commun, et combien le christianisme est juif (titre du livre d’Edith Schaeffer sur ce sujet). En fait, le judaïsme rabbinique et le christianisme tirent tous les deux leurs origines de la culture et de la religion d’Israël d’avant la destruction de Jérusalem en 70 AD.

Du point de vue historique, il n’y a rien de plus juif que de suivre Jésusv. On peut espérer que cette prise de conscience favorisera la communication de l’évangile auprès d’Israël, enlevant de fait le traditionnel préjugé qui consiste à affirmer que la foi en Jésus ne sert qu’à écarter un Juif de son peuple.

Or, c’est justement sur ce point qu’il peut y avoir un écueil de taille. Dans la pratique, la mise en valeur du contexte juif du NT contribue souvent à un dialogue sans témoignage, soutenu par un exposé réducteur quant à la personne de Jésus. Tout en affirmant que Jésus était un prophète hors du commun, un détracteur d’un judaïsme devenu ritualiste et légaliste, ce discours met en doute l’affirmation que ce même Jésus est bien le Messie promis, Dieu devenu homme. Telles croyances seraient nées après le jour de la Pentecôte, quand ses disciples ont commencé à « réinterpréter » sa vie et ses paroles à la lumière de leur « expérience ». Notez bien que la résurrection est considérée comme une « expérience de foi ». Objectivement parlant, elle ne relève pas de l’étude de la vie du « Jésus historique » mais de celle de la théologie de l’église primitive.

Pinchas Lapide, un auteur juif très écouté dans les milieux chrétiens, a suscité beaucoup d’émoi avec sa thèse de Jésus « ressuscité », la résurrection étant « une expérience tout à fait juive », quoique cela ne fasse pas de lui le Messie. « Les Juifs attendent encore et toujours la venue du Messie ; les chrétiens attendent en revanche le retour de Jésus. Il n’est pas impossible que les deux soient le même. Nous verrons bien».vi

De tels propos semblent sympathiques et beaucoup de chrétiens s’en sont réjouis, mais le ver est déjà dans le fruit. C’est à dire déclarer que nous devons laisser la question de la messianité de Jésus en suspens, et qu’il n’y a donc pas lieu de la proclamer déjà maintenant. Entendez par là qu’il n’est pas question d’aller « évangéliser » un Juif !

Un Jésus réduit à l’échelle humaine d’un sage qui a prôné une éthique de très haut niveau et qui s’est sacrifié en martyre pour le règne de Dieu, ne dérange personne. Les Juifs peuvent le réclamer sans avoir à accepter sa messianité, et les chrétiens sont déchargés du mandat de le faire connaître comme le Messie d’Israël.

Expression juive de l’évangile

Bien entendu, je ne souhaite pas mettre en garde contre l’étude du contexte juif du NT mais contre le discours réducteur qui souvent l’accompagne. Pour ne pas tomber dans ce piège, Chrétiens et Juifs ont besoin d’entendre la voix des « messianiques ». Ce sont eux qui toujours ont mis en avant le contexte juif du NT, afin de démontrer à quel point Jésus est véritablement l’accomplissement de la Torah et en quoi il est vraiment l’espérance d’Israël.

Dans le milieu messianique on précise que les racines du christianisme ne se trouvent pas dans le judaïsme du second temple au sens général du terme, un judaïsme aux multiples courants, mais plus particulièrement dans l’expression juive de l’évangile que l’on trouve dans l’église primitive de Jérusalem.

C’est en réalité une troisième approche, qui s’appuie sur le témoignage de Luc, l’évangéliste. Dans le livre des Actes, il décrit une communauté de disciples qui allaient au temple, fréquentaient les synagogues, célébraient les fêtes, gardaient le Chabbat, faisaient circoncire leurs petits garçons, suivaient les règles du cacherout, priaient des prières juives et demeuraient fidèles à la Torah. Dans les derniers chapitres il relate que l’apôtre Paul a toujours maintenu, lui aussi, un style de vie juif et qu’il allait jusqu’à affirmer sans honte : je suis un pharisien (23.6). Du côté des « messianiques », il est mis en avant que l’apôtre des païens (Paul) ne s’est pas opposé à la Torah mais à l’idée que les « œuvres de la loi », c’est à dire la pratique religieuse juive basée sur la Torah, puissent justifier l’homme devant Dieu. Selon eux, Paul n’a jamais interdit aux croyants un style de vie juive, pourvu qu’ils acceptent par la seule foi la grâce du salut dans le Messie.

Un exemple de cette approche est relaté dans Jewish Roots, le livre célèbre de Dan Juster qui est l’un des ténors du mouvement messianique outre-atlantique.vii Cet ouvrage a donné le ton de la théologie du « judaïsme messianique », qui consiste à dire que les Juifs croyants en Jésus d’aujourd’hui sont tenus de suivre cet exemple. Ainsi, se définissent-ils comme la quatrième branche du judaïsme – à coté des orthodoxes, des réformistes et des libéraux. Cette prise de position n’est d’ailleurs pas sans critique, dès lors qu’il s’agit de se prononcer sur les plans vestimentaires et alimentaires en liens avec des traditions rabbiniques qui n’ont pas de base biblique.

Toujours est-il que, grosso modo, tous les Juifs messianiques veulent rester, d’une manière ou une autre, dans le cadre culturel et traditionnel de leur peuple, pour autant que cela soit compatible avec leur foi en Yechoua’ hamachiah.

Je me réjouis de ce retour à une expression juive de l’évangile, quelle qu’en puisse être la forme concrète. Elle mérite une place d’honneur dans l’ensemble de l’Eglise. Pendant des siècles, elle n’a pas été acceptée ou tolérée. La souffrance qui en a résultée pour les croyants juifs est sans mesure. Les temps changent et en quelque sorte, « l’église d’expression juive » est aujourd’hui de retour, faisant des « racines juives » de la foi quelque chose de vivant.

Plus qu’un fait intéressant, l’enracinement du christianisme dans la Bible hébraïque, le monde juif de l’époque de Yéchoua’ et la vie des premières communautés de disciples, qui pratiquaient les commandements de la Torah, pour autant que cela soit compatible avec leur foi en le Messie, est une donnée fondamentale qui ne peut laisser indifférents pas plus les Juifs que les chrétiens.

Ce dernier volet de notre triptyque sera consacré aux conséquences pour l’Eglise. Certes, celles pour la Synagogue ne sont pas moins intéressantes, mais l’espace alloué ne permet pas de les développer maintenant.

Une partie importante des églises ne fait pas grand cas de ses racines juives, ni dans sa prédication ni dans ses relations avec le peuple d’Israël, ce qui est du plus remarquable, pour ne pas dire lamentable alors que le cercle des théologiens les reconnaît volontiers et sans ambiguïté.

Il y a en la matière un décalage inquiétant entre l’enseignement académique et la prédication dans les églises évangéliques, les temples protestants ou paroisses catholiques. Très concrètement, beaucoup de chrétiens expriment toujours, sans s’en rendre compte, l’opinion générale que les Juifs se sont forgée au fil des siècles ; celle d’une religion chrétienne qui « n’est pas pour eux ».

Fort heureusement, cet avis n’est pas partagé par tous. Un nombre grandissant de chrétiens en tire des conséquences personnelles pratiques. Elles se résument en trois approches.

Des liens incontournables

La première approche consiste à dire qu’il y a un lien permanent entre l’Eglise et Israël, qui ont tous les deux leurs places et leurs fonctions dans le plan de Dieu. Par conséquent, l’Eglise se doit, non seulement de respecter les Juifs comme peuple choisi de Dieu, mais aussi de les soutenir d’une manière concrète, notamment dans leur lutte contre l’antisémitisme.

A ce titre, elle doit être solidaire de l’Etat hébreu. Bien sûr, les chrétiens qui s’affichent « amis d’Israël » ne suivent pas tous nécessairement la même ligne politique. Certains sont plus ou moins favorables à l’idée d’un Etat palestinien à côté d’Israël. D’autres y sont farouchement opposés, comme par exemple le Centre International des Chrétiens Sionistes, ainsi que de nombreux organismes et prédicateurs d’outre-atlantique, de tendance évangélique ou charismatique.

Les différentes orientations politiques de ceux qui se veulent des amis d’Israël, proviennent en grande partie d’appréciations théologiques divergentes, notamment au sujet des prophéties bibliques du rétablissement d’Israël et du retour des Juifs dans le pays de la promesse. Mais il s’agit là d’un autre sujet, aussi délicat que compliqué, qui mérite une analyse fine et équilibrée. Je ne ferai ici que le mentionner.

Autocritique des églises

Une deuxième approche est d’évoquer les racines du christianisme pour en finir avec l’antijudaïsme de l’Eglise. Celle-ci représente donc une forme d’« autocritique ».

On parle alors de la « théologie d’après Auschwitz », puisque c’est la Shoah qui a ouvert les yeux des chrétiens aux innombrables et inexprimables souffrances infligées aux Juifs dans une Europe « christianisée ». La Déclaration des églises luthériennes allemandes, dite de Seelisberg (1948) affirme que « Le rejet originel de la racine juive du christianisme a engendré l’antisémitisme et ouvert la voie au néo paganisme des nazis ».

Cette prise de conscience a conduit à de multiples déclarations de repentance et demandes de pardon. En renvoyant aux racines juives du christianisme, c’est toute la théologie de près de dix-huit siècles qui est remise en cause. Dans la déclaration Nostra Aetate, issue du deuxième concile du Vatican en 1965, l’Eglise Romaine s’exprime ainsi : «Que tous aient donc soin, dans la catéchèse et la prédication de la Parole de Dieu, de ne rien enseigner qui ne soit conforme à la vérité de l’Evangile et à l’Esprit du Christ… Du fait d’un si grand patrimoine spirituel, commun aux chrétiens et aux Juifs, le Concile veut encourager et recommander entre eux la connaissance et l’estime mutuelle…» (Article 4).

Cette déclaration a amené l’église catholique, tout au moins ses instances officielles, à changer d’attitude vis-à-vis des Juifs. A titre d’exemple, citons le pape Jean Paul II, lorsqu’il s’adressait, le 6 mars 1982, aux délégués des conférences épiscopales réunies à Rome pour étudier les relations entre Église et Judaïsme : « Il faudrait arriver à ce que l’enseignement par rapport aux Juifs et au judaïsme, aux différents niveaux de formation religieuse, dans la catéchèse donnée aux enfants et aux adolescents, présente les Juifs et le judaïsme, non seulement de manière honnête et objective, sans aucun préjugé et sans offenser personne, mais plus encore avec une vive conscience de l’héritage commun aux Juifs et aux chrétiens. »

Du coté des églises protestantes et évangéliques, plusieurs textes officiels vont dans le même sens. Etant donné nos racines juives, déclarent-ils, il nous faut revoir nos conceptions théologiques.

Si les deux approches que je viens de décrire se rejoignent pour le moins dans une attitude favorable au peuple juif, elles ne conduisent pas à la même prise de position quant à l’annonce de l’Evangile au peuple juif. Pour certains, l’enracinement du christianisme dans le terreau hébraïque devient en quelque sorte une légitimation théologique du judaïsme rabbinique. Il ne convient pas de trop pointer du doigt les sujets sur lesquels les rabbins demeurent en désaccord avec le judaïsme de Yéchoua’. Respecter, tolérer et dialoguer sont devenus les mots clés de nouveaux rapports. On parle d’une « relation dialogique », qui laisse la place à des témoignages de part et d’autre, certes, mais qui exclut toute tentative de faire changer quelqu’un de religion. Qu’un Juif veuille intégrer une église ? – Pourquoi pas. – Pourvu qu’il le fasse de son plein gré et non en raison d’un prosélytisme « actif » ou « agressif ».

Pour autant, « respecter » les racines juives n’implique pas forcément que l’on doive renoncer à la communication de l’Evangile auprès d’Israël. Bien au contraire, cela peut devenir une motivation supplémentaire. Plus on reconnaît le caractère juif du message de Yéchoua’, plus on verra sa pertinence pour le peuple auquel il appartient. Et plus encore on le communiquera avec respect et une grande sensibilité. C’est pourquoi Michael L. Brown, théologien messianique réputé, dans sa « trilogie » sur les réponses aux objections juives concernant Yéchoua’, l’Evangile et l’Eglise, met en relief les « racines juives » pour promouvoir le témoignage auprès de son propre peuple.4

Retour aux racines

En citant l’exemple de Michael L. Brown, j’en arrive naturellement à la troisième approche, celle adoptée par la plupart des Juifs croyant en Jésus ainsi qu’un nombre grandissant de croyants non Juifs. Ils affirment en substance que l’Eglise a commis une erreur tragique en mettant à l’écart, puis en renonçant formellement aux pratiques des Juifs messianiques qui voulaient rester fidèles à la Torah. – Pourtant, cette expression juive de l’Evangile est à la racine du christianisme. – Ils invitent les églises d’aujourd’hui à s’amender, à revoir leur théologie qui fait de la Torah l’antipode de l’Evangile, à permettre aux croyants juifs de garder leur identité d’origine, en célébrant le Chabbat et les fêtes, en pratiquant la circoncision, en suivant des préceptes alimentaires et vestimentaires, etc. Un tel style de vie n’est pas par définition « légaliste » et opposé au « salut par la seule foi », comme l’ont prétendu de nombreux théologiens et prédicateurs.

Il va de soi que bien des adeptes du judaïsme messianique se font fort de ce changement. Pour eux, ce retour aux racines est essentiel, et dans leurs assemblées c’est une chose acquise.

Ils ne sont toutefois pas les seuls. De plus en plus de chrétiens sont favorables à leur cause.

Sous l’impulsion de Peter Hocken, prêtre catholique charismatique, un comité s’est formé dans les années 1990 pour préparer un deuxième concile de Jérusalem. Dans ce comité se trouvent des leaders messianiques – d’Israël et de diaspora – ainsi que des chrétiens de toutes dénominations. Le premier concile de Jérusalem (Actes 15) avait abouti à des décisions sur ce qui était exigé des croyants d’origine païenne par rapport à la Torah. Ce deuxième concile se propose de statuer, de façon officielle, au nom d’une Eglise mondiale, sur le rapport des croyants juifs avec la Torah. Il devrait donner à l’expression juive de l’Evangile la place d’honneur qu’elle mérite.

Plus loin encore vont ceux qui considèrent que tous les disciples de Yéchoua’, quels qu’en soient leurs origines, doivent retourner aux mêmes racines. C’est à dire, qu’ils sont appelés à suivre la Torah, selon l’expression des juifs messianiques. Ainsi l’organisme First Fruits of Zion (« prémices de Sion ») diffuse des ouvrages et organise des séminaires permettant aux croyants non juifs un apprentissage des coutumes et traditions juives.

Pour ma part, j’ai du mal à imaginer que la manière dont Pierre et Paul sont restés fidèles à la Torah, s’impose à tous les chrétiens, quels que soient leur origine et contexte social. En relisant les débats sur le sujet dans le NT, j’ai plutôt le sentiment que les apôtres permettent une grande liberté d’actions et de convictions. Si les païens ne sont pas obligés de suivre tout le calendrier biblique ou les préceptes alimentaires, ils peuvent le faire, s’ils le désirent, « pour le Seigneur ».

C’est exactement dans un tel état d’esprit de liberté et de conviction, que l’on doit appréhender cette résurgence du chabbat, des fêtes bibliques et même des coutumes dites « juives » dans les églises partout dans le monde. Plusieurs organisations ont été crées ces dernières années, dans le but d’apprendre aux chrétiens « ce retour aux sources de leur foi ».

Un exemple récent en France est la convention « Paris tout est possible », avec au programme, non seulement des réunions festives et des messages percutants, mais aussi une « entrée de chabbat » célébrée par deux rabbins messianiques. « Nous avons voulu faire comprendre les racines juives qui ont forgé la foi chrétienne. La fracture entre Juifs et chrétiens empêche une bonne compréhension du message du Christ. Et c’est l’établissement de Rome qui a creusé le fossé entre les deux sources spirituelles, exacerbant l’antisémitisme et le passage du chabbat au dimanche. »5

Je pense que ce développement va s’amplifier dans les années à venir. Ainsi, la parole de Paul se réalisera-t-elle finalement : « célébrez, vous les nations, avec le peuple de Dieu » (Romains 15.10).

Evert VANDEPOLL

1 Chuck and Karen Cohen, The Roots of Our Faith, Jérusalem 1995, p. 9.

2 Selon Walter Kaiser, The Use of the Old Testament in the New, Grand Rapids 1996, pp. 2-3.

3 Voir le premier article (BI n°536)

4 Il a également publié une sorte de livre « noir » sur l’histoire de l’antisémitisme chrétien, intitulé « Nous avons du sang sur les mains » (Our hands are stained with blood).

5 Samuel Chevalier, l’un des organisateurs, dans Christianisme Aujourd’hui, avril 2005.

i Pour ne donner qu’un exemple de la vaste littérature sur la lecture du NT à la lumière de ces parallèles : David Bivin et Roy Blizzard, Comprendre les Mots Difficiles de Jésus, Emeth Editions 1999.

ii Le NT est un sujet important d’étude à l’université hébraïque (religieuse) de Jérusalem.

iii Chalom Ben Chorin, l’un de ces auteurs, a intitulé son livre Bruder Jesus (Frère Jésus), Paul List, München 1967).

iv Ainsi le sous-titre du livre d’Armand Abécassis sur les récits de naissance de Jésus : En vérité je vous le dis, Editions 1, Paris 1999.

v Comme le montre, par exemple le dirigeant messianique Arnold Fruchtenbaum dans son livre Jésus était Juif. Edition originale : Broadman, Nasvhille 1974.

vi Pinchas Lapide, Auferstehung (Résurrection), Calwer, München 1977.

vii Dan Juster, Jewis Roots, Destiny, Shippensburg, nouvelle édition 1995.

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Le Dieu Unique est-il « UN » ?

  1. Le Dieu unique :

N’avons-nous pas tous un seul père?  N’est-ce pas un seul Dieu qui nous a crées ?

De la première à la dernière page, la Bible proclame l’existence d’un seul Dieu. La religion biblique est donc foncièrement monothéiste. L’affirmation du Dieu unique est reprise sous diverses formes dans le Tanakh. (Livre de l’Ancienne Alliance).

Isaïe 44:6 : … En dehors de moi il n’y a point de Dieu (en hébreu : Elohim).

2 Rois 19:15 et Isaïe 37.16 : C’est toi qui es le seul Dieu (en hébreu : Elohim) pour tous les royaumes de la terre, c’est toi qui as fait les cieux et la terre.

L’enseignement biblique est donc parfaitement clair : il n’y a qu’un seul Dieu. Mais dans ces deux passages – et dans bien d’autres – qui professent l’exclusivité́ de Dieu, figure le mot hébreu « Elohim », pluriel d’Eloah = Dieu.

1.1. Que signifie le mot « Elohim » ?
Le mot « Elohim » figure aussi en tout début du livre de la Genèse : Genèse 1:1 : Au commencement Dieu créa… Traduction littérale : béréshit : au commencement – bara : créa (verbe au singulier) – Elohim : pluriel de Eloah (Dieu) = Dieux. Ce qui a intrigué les interprètes, c’est que le verbe est au singulier, avec un sujet au pluriel. On pensait qu’il s’agissait d’un « pluriel de majesté́ », et qui doit donc régir le singulier. Le pluriel de majesté est aussi invoqué lorsque l’Eternel utilise le pronom « nous » quand il délibère : Genèse 1:26 : Dieu dit: Faisons (naâssé) l’homme à notre image (bétsalménou) selon notre ressemblance. (kidmouténou)… Genèse 3:22 : L’Éternel Dieu dit: Maintenant que l’homme est devenu comme l’un de nous (miménou) pour la connaissance du bien et du mal, évitons (littéralement : que soit évité́) qu’il tende la main pour prendre aussi de l’arbre de vie, en manger et vivre éternellement. Genèse 11:7 : Allons! Descendons: et confondons (nérda vénavlah) là leur langage, afin qu’ils n’entendent plus le langage les uns des autres.

Isaïe 6:8 : J’entendis la voix du Seigneur, disant : Qui enverrai-je et qui marchera pour nous (lanou)?

Or, le « pluriel de majesté » est inconnu des auteurs du Tanakh (Ancien Testament). Ni Moïse, ni le pharaon, ni les prophètes, ni Néboukadnetsar, ni David, ni aucun autre chef religieux ou politique n’utilisent un « nous » « de majesté » à leur époque. De plus, si « Elohim » régit habituellement le singulier, il est des cas, où, tout en désignant indubitablement l’Eternel, il régit le pluriel. Genèse 20:13 : Lorsque Dieu m’a fait errer…
Traduction littérale : vaïehi : et il arrivakasher : quehiteòu : firent errer (pluriel !) – Elohim : les DieuxGenèse 35:7 : … car c’est là que Dieu s’était révélé à lui… Traduction littérale : ki : car sham : nigelou : révélèrent élaiv : à luiElohim : les Dieux : Deutéronome 4:7 : Quelle est, en effet, la grande nation qui ait des dieux aussi proches d’elle que l’Éternel, notre Dieu, (l’est de nous) toutes les fois que nous l’invoquons ? Traduction littérale des mots soulignés : ki YHVH : que l’Eternelelohénou : nos dieux.

Josué 24:19 : … L’Eternel, car c’est un Dieu saint, c’est un Dieu jaloux… Traduction littérale : YHVH : l’Eternelki : car Elohim : Les Dieuxqadoshim : saints (au pluriel !) – hou : luiEl : Dieuqana : jaloux (au singulier !) Exode 20:5 : … car moi, l’Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux… Traduction littérale : ki : caranoki : moiYHVH : l’Eternel élohé’ha : tes DieuxEl : Dieuqana : jaloux (singulier).

Genèse 33:20 : … El-Elohé-Israël Traduction littérale : El : DieuElohé : les Dieuxisraël : IsraëlDes pluriels « Dieux (Elohim) » apparaissent encore dans de nombreux passages. Exode 3.6 : Les Dieux d’Abraham (élohim avraham), les Dieux d’Isaac (élohim yitshak), les Dieux de Jacob (élohim yakov). Deutéronome 4.35 et 39 : pour reconnaître que l’Eternel, lui, est Dieux, qu’il n’y en a point d’autre que lui.

1 Rois 8.23 : l’Eternel, les Dieux d’Israël.

Psaume 50.1 : Dieu, les Dieux, l’Eternel.

Isaïe 43.3 : l’Eternel, vos Dieux, le Saint d’Israël.

Isaïe 45. 15 : les Dieux d’Israël, le sauveur.

Osée 13.4 : l’Eternel, vos Dieux.

2. Les Créateurs

Par la citation de Malachie 2.10, nous avons appris qu’un seul Dieu nous a créés. Cela est confirmé par la déclaration de l’Eternel en Isaïe 44.24 : « … Moi, l’Éternel, je fais toutes choses, seul je déploie les cieux, de moi-même j’étends la terre » Cependant, le Tanakh parle aussi de « créateurs » au pluriel.

Psaumes 149:2 : Qu’Israël se réjouisse en celui qui l’a fait! Traduction littérale : ishema`: qu’il se réjouisse – Israël : Israël – beòsaiv : les créateurs de toi.

Ecclésiaste 12:1 : Mais souviens-toi de ton créateur. Traduction littérale : ouzecor : souviens-toi – êt : particule de l’accusatif – boreéi’ha : les créateurs de toi. Le pluriel appliqué à Dieu et au Créateur plaide pour l’existence d’une pluri-personnalité au sein de l’unique divinité. De nombreux passages du Tanakh ne se comprennent qu’à la lumière de cette pluri personnalité. Examinons ces passages.

Genèse 18:1-3 : L’Éternel lui apparut aux chênes de Mamré, tandis qu’il était assis à l’entrée de sa tente, pendant la chaleur du jour / Il leva les yeux et regarda : trois hommes étaient debout près de lui. Quand il les vit, il courut à leur rencontre, depuis l’entrée de sa tente, se prosterna en terre / et dit: Seigneur, si je peux obtenir cette faveur de ta part… On trouve ici l’Eternel qui apparaît à Abraham, qui le voit comme trois hommes et il s’adresse à eux en les appelant : Seigneur. Genèse 19:24 : Alors l’Éternel fit pleuvoir du ciel sur Sodome et sur Gomorrhe du soufre et du feu venant de l’Éternel. Le contexte fait penser à deux personnes : un Eternel à face humaine qui parle à Lot et un Eternel au ciel.

Psaumes 45:8 : …C’est pourquoi, ô Dieu, ton Dieu t’a oint d’une huile de joie, par privilège sur tes compagnons. Il y a deux personnes divines dans ce passage, de même qu’au psaume 110.1 ci-après.

Psaumes 110:1 : Oracle de l’Éternel à mon Seigneur…: Assieds-toi à ma droite, Jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied.

Isaïe 52:12 : Car l’Éternel va devant vous, et le Dieu d’Israël sera ton arrière-garde. Deux personnages encadrent l’armée d’Israël : par devant : l’Eternel, par derrière : les Dieux d’Israël. Certes, en raison de l’ubiquité de Dieu, deux personnages ne sont pas nécessaires pour encadrer Israël. Mais, si l’auteur sacré avait en vue l’ubiquité de Dieu, il aurait utilisé le même vocable pour l’avant-garde et pour l’arrière-garde, et non deux vocables différents.

Zacharie 2.8-10 : Car ainsi parle l’Éternel des armées : Après cela, (viendra) la gloire! Il m’a envoyé vers les nations qui vous ont pris comme butin…et vous reconnaîtrez que l’Éternel des armées m’a envoyé. Pousse des cris de triomphe et réjouis-toi, fille de Sion, car me voici! Je viens et je demeurerai au milieu de toi, – Oracle de l’Éternel. On trouve ici l’Eternel et son envoyé. Mais Au verset 10, l’envoyé proclame un oracle de l’Eternel !

Osée 1:6-7 : …Et l’Éternel dit à Osée / …Mais j’aurai compassion de la maison de Juda ; je les sauverai par l’Éternel, leur DieuIci, l’Eternel qui parle se distingue de l’Eternel qui sauve. Selon Malachie 2.10, placé en exergue, et selon Isaïe 44.24 cité plus haut, un seul Dieu nous a créés. Comment concilier ces déclarations avec les textes qui parlent de « créateurs » au pluriel? Combien de personnes ont participé à la Création? Selon Psaume 33:6 « Les cieux ont été faits par la parole de l’Éternel, et toute leur armée par le souffle de sa bouche ». La Parole de l’Eternel apparaît ici comme une personne créatrice.

Les expressions « Parole de l’Eternel » et « Parole de Dieu » se trouvent 222 fois dans le Tanah. Ces expressions désignent le plus souvent le son de la voix de l’Eternel. Et l’on trouve très souvent cette phrase : « La parole de Dieu advint à… ». Mais, lorsqu’elle advint à Abram, ce fut dans une vision.

Genèse 15:1-2 : Après ces événements, la parole de l’Éternel advint à Abram dans une vision disant : Sois sans crainte, Abram! Je suis moi-même ton bouclier, et ta récompense sera très grande. / Abram répondit: Seigneur Éternel, que me donneras-tu? Je m’en vais sans enfants, et l’héritier de ma maison, c’est Éliézer de Damas. Ici, il est dit que la Parole de l’Eternel advint à Abram dans une vision. Que vit-il? Peut-on voir dans une vision une parole? Notons que cette vision s’exprime en demandant à Abram d’être sans crainte et affirmant être son bouclier et sa récompense. Abram lui répond en l’appelant : Seigneur Eternel. Dans ce passage, nous trouvons, nous semble-t- il, une personnification de la Parole de l’Eternel.

Job 33:4 : L’Esprit de Dieu m’a formé, et le souffle du Tout-Puissant me fait vivre. La puissance créatrice de l’Esprit apparaît encore dans le texte ci-après : Ezéchiel 37:9 : … Tu diras à l’Esprit : Ainsi parle le Seigneur, l’Éternel : Esprit, viens des quatre vents, souffle sur ces morts, et qu’ils revivent! On trouve 12 fois l’expression « Esprit de Dieu » et 22 fois l’expression « Esprit de l’Eternel » dans le Tanah. Celui-ci attribue à cet Esprit les caractéristiques d’une personne. En effet, cet Esprit peut, non seulement créer, comme nous l’avons vu plus haut (Job 33.4 ; Ezéchiel 37.9), mais aussi exercer les activités suivantes, qui sont celles d’une personne : – parler (2 Samuel 23.2) – transporter quelqu’un (1 Rois 18.12, 16; Ezéchiel 11.24), – saisir (2 Chroniques 20.14), agiter (Juges 13.15), – mettre en fuite (Isaïe 59.9), – s’emparer de quelqu’un (Juges 14.6 ; 14.19 ; 15.14, etc., 1 Samuel 11.6), – revêtir quelqu’un (2 Chroniques 24.20). – faire revivre (Ezéchiel 37.9) – conduire (Psaumes 143.10) – inspirer des paroles (Nombres 24.2-3) – il peut être attristé (Isaïe 63.10).

L’Esprit de l’Eternel est très souvent mis en relation avec le Messie promis. Isaïe 11:2 : L’Esprit de l’Éternel reposera sur lui : Esprit de sagesse et d’intelligence Esprit de conseil et de vaillance, Esprit de connaissance et de crainte de l’Éternel. Isaïe 42:1 : J’ai mis mon Esprit sur lui… Isaïe 48:16 : … Dès l’origine de ces choses, j’étais là. Et maintenant, le Seigneur, l’Éternel, m’a envoyé avec son Esprit. Isaïe 61:1 : L’Esprit du Seigneur, l’Éternel, est sur moi, car l’Éternel m’a donné l’onction… Le Dieu Créateur est appelé « Père » en Malachie 2.10. Il est appelé « Parole de l’Eternel » au Psaume 33.6 et Esprit de Dieu en Job 33.4. Il faut en conclure que la Création est l’oeuvre, à la fois du Père, de sa Parole et de l’Esprit. Le Dieu de la Bible, tout en étant unique, est composé de trois entités : le Père, sa Parole et l’Esprit. C’est cette union des trois personnes que l’on a appelé Trinité. On trouve d’ailleurs très souvent associés deux ou trois de ces personnes dans le Tanah.

1.3. L’Ange de l’Eternel

En Exode 33.20, l’Eternel dit à Moïse : « Tu ne pourras pas voir ma face, car l’homme ne peut me voir et vivre ». C’est la raison pour laquelle l’Eternel s’est manifesté sous les traits de l’Ange de l’Eternel. L’Ange de l’Eternel est mentionné 49 fois dans le Tanah. En premier lieu, il apparaît à Agar (Genèse 16.7-13).

Genèse 16:11, 13 : L’ange de l’Éternel lui dit : Te voici enceinte; tu vas accoucher d’un fils, à qui tu donneras le nom d’Ismaël ; car l’Éternel t’a entendue dans ton humiliation….// 13 Elle appela l’Éternel qui lui avait parlé, du nom de: Atta-El-Roï, car, dit-elle: Ai-je (rien) vu ici après qu’il m’a vue? Nous apprenons que l’Ange de l’Eternel a parlé à Agar, mais au verset 13, Agar « appela l’Éternel qui lui avait parlé, du nom de : Atta-El-Roï [le Dieu qui voit]… »

Nous retrouvons ensuite cet Ange de l’Eternel en compagnie d’Abraham : Genèse 22.11- 16 : Alors l’ange de l’Éternel l’appela du ciel et dit: Abraham! Abraham! Il répondit: Me voici! 12 L’ange dit: N’étends pas ta main sur le jeune homme et ne lui fais rien; car j’ai reconnu maintenant que tu crains Dieu et que tu ne m’as pas refusé ton fils, unique.13 Abraham leva les yeux et vit par derrière un bélier retenu dans un buisson par les cornes; alors Abraham alla prendre le bélier et l’offrit en holocauste à la place de son fils. 14 Abraham donna à cet endroit le nom de Adonaï-Yireéh. C’est pourquoi l’on dit aujourd’hui: Sur la montagne de l’Éternel, il sera pourvu. 15 L’ange de l’Éternel appela Abraham une seconde fois du ciel 16 et dit: Je le jure par moi-même, -oracle de l’Éternel! Parce que tu as fait cela, et que tu n’as pas refusé ton fils, ton unique, 17 je te comblerai de bénédictions et je multiplierai ta descendance, comme les étoiles du ciel et comme le sable qui est au bord de la mer. Ta descendance aura le contrôle de ses ennemis.

Nous constatons, au verset 14, qu’Abraham donna à cet endroit un nom théophore : Adonaï-Yireéh. Et au verset 16, l’Ange de l’Eternel prononce un oracle de l’Eternel. Là encore, l’Ange de l’Eternel est identifié avec l’Eternel lui-même.

Exode 3:2-6 : L’Ange de l’Éternel  lui apparut dans une flamme de feu, au milieu d’un buisson. (Moïse) regarda, et voici que le buisson était tout en feu, mais que le buisson ne se consumait point. 3 Moïse dit: Je vais faire un détour pour voir quel est ce spectacle extraordinaire, et pourquoi le buisson ne brûle pas. 4 L’Éternel vit qu’il faisait un détour pour voir ; et Dieu (Elohim) l’appela de l’intérieur du buisson et dit: Moïse! Moïse! Il répondit: Me voici! 6 Et il ajouta: C’est moi le Dieu (les Dieux) de ton père, le Dieu (les Dieux) d’Abraham, le Dieu (les Dieux) d’Isaac et le Dieu (les Dieux) de Jacob. Moïse se cacha le visage, car il craignait de diriger ses regards vers Dieu (Elohim). Dans ce court texte, on rencontre les trois termes « Ange de l’Eternel », « Eternel » et « Elohim » et ces trois termes sont parfaitement synonymes.

D’ailleurs, comme l’Eternel, son Ange possède l’ubiquité. : « L’ange de l’Éternel campe autour de ceux qui le craignent, et il les délivre » (Psaumes 34:8). Israël l’invoque, au même titre que Dieu, afin qu’il bénisse sa descendance. « Que le Dieu (Elohim) qui est mon berger depuis que j’existe jusqu’à ce jour, que l’ange qui m’a racheté de tout mal bénisse (verbe au singulier) ces garçons!… » (Genèse 48:15-16). Cet ange peut pardonner les péchés (Exode 23.21).

Le « nom de l’Eternel » est en son ange (Exode 23.20-21). Zadoc Kahn traduit ce passage : « Ma divinité est en lui ». En effet, partout où réside son nom, l’Eternel est présent (Deutéronome 12.11 ; 2 Rois 23.27 ; 2 Chroniques 6.20 ; 7.16 ; 20.9 ; Esdras 6.12). L’ange de l’Eternel joua un grand rôle lors de l’Exode. Exode 13:21-22 : L’Éternel allait devant eux, le jour dans une colonne de nuée pour les guider sur le chemin et la nuit dans une colonne de feu pour les éclairer, afin qu’ils marchent jour et nuit. La colonne de nuée ne se retirait pas de devant le peuple pendant le jour, ni la colonne de feu pendant la nuit.

Exode 14:19 : L’Ange de Dieu qui allait devant le camp d’Israël, partit et alla derrière eux; et la colonne de nuée partit de devant eux et se tint derrière eux. Exode 14:24 Pendant la veille du matin, l’Éternel regarda de la colonne de feu et de nuée le camp des Égyptiens et mit en désordre le camp des Égyptiens. En comparant Exode 13.21 avec Exode 14.19, on découvre que les terme « Eternel » et « ange de l’Eternel » sont équivalents. Dans les passages suivants, l’Ange de l’Eternel est également assimilé à l’Eternel. Genèse 16.7 /16.13 / Genèse 18.2 / 18.13 / Genèse 31.11 / 31.13 / Genèse 48.16 / 48.15 Juges 6.12 /6.33 / Juges 13.13 /13.22 En Nombres 22 à 24, l’Ange de l’Eternel s’identifie non seulement avec l’Eternel, mais aussi avec l’Esprit de l’Eternel. Nombres 22:35 : L’ange de l’Éternel dit à Balaam: Va avec ces hommes; cependant tu ne feras que répéter les paroles que je te dirai….

Nombres 23:5 : L’Éternel mit une parole dans la bouche de Balaam et dit: Retourne vers Balaq, et tu parleras ainsi… Nombres 24:2-3 : Balaam leva les yeux et vit Israël campé selon ses tribus. Alors l’Esprit de Dieu fut sur lui. / Balaam prononça sa sentence et dit : Ici, celui qui inspire Balaam est donc à la fois l’Ange de l’Eternel (22.35), l’Eternel (23.5) et l’Esprit de l’Eternel (24.2). Ce texte décrit lui aussi le Dieu Trinitaire de la Bible.

1.4. La Sagesse personnifiée / le fils

Dans le livre des Proverbes apparaît la Sagesse personnifiée, qui est une autre représentation de l’Eternel. « La Sagesse crie dans les rues, elle élève sa voix dans les places ; … / Voici que je répandrai sur vous mon esprit (yxwr) (Proverbes 1:20, 23). La Sagesse s’exprime et dit qu’elle répandra son Esprit. Proverbes 8: 1, 22, 27, 30, 35 : La Sagesse ne crie-t-elle pas? L’intelligence n’élève-t-elle pas sa voix? 22 L’Éternel me possédait au commencement de son activité, avant ses oeuvres les plus anciennes. 27 Lorsqu’il disposa les cieux, j’étais là ; lorsqu’il traça un cercle à la surface de l’abîme. 30 J’étais à l’oeuvre auprès de lui, et je faisais de jour en jour ses délices, jouant devant lui tout le temps. 35 Car celui qui me trouve a trouvé la vie et obtient la faveur de l’Éternel. La Sagesse était le vis-à-vis du Créateur dès l’origine. Le livre des Proverbes associe aussi au Créateur un fils. Proverbes 30:4 : Qui est monté au ciel, et qui en est descendu? Qui a recueilli le vent dans ses poings? Qui a serré les eaux dans un vêtement? Qui a établi toutes les extrémités de la terre? Quel est son nom, et quel est le nom de son fils, si tu le sais?

Un fils est également mentionné au Psaume 2 : Verset 7 : « Je publierai le décret de l’Éternel; Il m’a dit : tu es mon fils ! C’est moi qui t’ai engendré aujourd’hui. Verset 12 : Embrassez le fils, de peur qu’il ne se mette en colère, et que vous ne périssiez dans votre voie, Car sa colère est prompte à s’enflammer. Heureux tous ceux qui se réfugient en lui! ».

Ce Fils fait inévitablement penser à celui dont la naissance est annoncée par Isaïe. »Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, et la souveraineté (reposera) sur son épaule; on l’appellera l’Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix » (Isaïe 9.5). Ce Fils est porte les noms divins suivants : Admirable : Ce nom évoque l’adjectif que l’Ange de l’Eternel dévoila à Manoah. « Alors Manoah dit à l’Ange de l’Éternel : Quel est ton nom, afin que nous te rendions gloire, quand ta parole s’accomplira? / L’Ange de l’Éternel lui répondit : Pourquoi demandes-tu mon nom? Il est admirable (Juges 13:17 -18). Dieu puissant : C’est le titre donné à l’Eternel en Isaïe 10.20-21 : « … Ils s’appuieront avec confiance sur l’Éternel, le Saint d’Israël. / Un reste reviendra, le reste de Jacob, au Dieu puissant. Père éternel : l’Eternité est un attribut divin.

Il est aussi question de ce fils en Isaïe 7.14: « C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe, voici que la jeune fille (la vierge) sera enceinte, elle enfantera un fils et lui donnera le nom d’Emmanuel (Dieu avec nous) ».Ce fils porte un nom théophore. Père, Elohim, Eternel, Esprit, Parole, Sagesse personnifiée, Ange de l’Eternel, Fils sont des titres divins incontestables. Ils plaident pour la pluri personnalité du Dieu unique. Nous avons déjà vu que la création est attribuée au Père, à la Parole, au Saint-Esprit, c’est- à- dire au Dieu trinitaire. Nous avons retrouvé la Trinité dans les textes messianiques d’Isaïe. En Nombres, chapitres 22 à 24, l’inspirateur de Balaam est le Dieu trinitaire. On rencontre le Dieu trinitaire aussi dans ce passage sotériologique d’Isaïe :

« Il (l’Eternel) avait dit: Certainement ils sont mon peuple, des fils sans fausseté! Et il a été pour eux un sauveur. / Dans toutes leurs détresses – qui étaient pour lui (aussi) une détresse – l’ange qui est devant sa face les a sauvés dans son amour et sa miséricorde, il les a lui-même rachetés, il les a soutenus et portés, tous les jours d’autrefois. / Mais ils ont été rebelles, ils ont attristé son Esprit-Saint…. »(Isaïe 63.8-10).

2. Le Dieu « un »

La Trinité ne s’oppose-t-elle pas à l’unité de Dieu, proclamée en Deutéronome 6.4 ? Deutéronome 6:4 : Écoute, Israël! L’Éternel, notre Dieu, l’Éternel est un. La traduction littérale de ce texte est : shema` : écoute – israël : israël – YHVH : l’Eternel – elohénou : nos dieux YHVH : l’Eternel – éhad : un

L’adjectif « éhad » signifie « un, unifiant » dans une unité composée et n’a pas la signification de « unique ».

On rencontre cet adjectif « éhad » dans les passages suivants : Genèse 1.5 : jour « un »(constitué d’un soir et d’un matin) Genèse 2.24 : l’homme et la femme formant « une » chair Genèse 11.1 : « une » seule langue (parlée par beaucoup) Juges 6.16 : comme « un » seul homme (ils étaient plusieurs)

1 Samuel 11.7 : comme « un » seul homme (tout le peuple)

Esdras 3.1 : comme « un » seul homme (le peuple)

Jérémie 32.39 : « un » même coeur, « une » même voix (donnés au peuple)

Ezéchiel 37.17 : « une » seule pièce (formée de deux pièces unies)

L’adjectif « éhad » traduit donc l’unité, l’union et non le caractère unique ou unicité. Pour exprimer l’unicité, l’isolement, la solitude, l’hébreu utilise l’adjectif « iahid« .

Cet adjectif est utilisé, en particulier, pour désigner « un » fils ou « un » enfant unique : Genèse 22.2, 22.16, Juges 11.34, Proverbes 4.3, Jérémie 6.26, Amos 8.10, Zacharie 12.10. Il est aussi utilisé pour désigner l’ »unique » âme (Psaume 20.21; 35.17) ou l’état « solitaire » ou « abandonné » (Psaumes 25.16 ; 68.7). Il n’est jamais utilisé pour désigner la nature divine.

Par contre, l’adjectif « éhad » seul est même utilisé pour désigner le Créateur : « Celui qui m’a formé dans le ventre de ma mère ne les a-t-il pas formés aussi? Un seul ne nous a-t- il pas placés dans le sein maternel? » (Job 31:15).

Les dialogues mentionnés plus haut montrent clairement qu’une des caractéristiques de Dieu est son caractère communicatif. Il est aussi décrit comme étant le Dieu d’amour (Isaïe 54.8 ; Jérémie 31.3). Il est donc nécessaire que Dieu ait un vis-à-vis à aimer et avec qui communiquer. Sans vis-à-vis, Dieu serait incapable d’exercer ses attributs de communication et d’amour: il lui manquerait donc quelque chose et ne serait alors pas Dieu. Le vis-à-vis de Dieu Père, doit être éternel comme lui-même. De ce fait, il possède la nature divine. La Bible l’appelle « Fils »(Proverbes 30.4) pour souligner sa consubstantialité avec le Père. (Ici, il faut simplement rappeler que le Père n’est pas antérieur au Fils. On n’est Père que s’il y a un Fils : Père et Fils sont donc synchrones). Le lien d’amour qui unit le Père au Fils est aussi divin et éternel que le Père et le Fils, c’est le Saint-Esprit.

3. Conclusion

Le terme de Trinité n’a été utilisé pour la première fois que vers 180 par Ignace d’Antioche et la doctrine trinitaire a été formulée par les Conciles de Nicée (325) et de Constantinople (381). Mais bien avant, le Tanah a fait connaître le Dieu unique comme le Dieu trinitaire ; les trois personnes sont en parfaite communion, parfaitement unie entre elle. Le Dieu unique de la Bible est « un »!

Robert SCHROEDER

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L’identité du Juif Messianique

Dans l’histoire du peuple d’Israël, ancienne ou contemporaine, il n’est pas difficile de se rendre compte que ce qui caractérise le peuple juif, comme du reste les Juifs messianiques, c’est cette disposition à discuter de tout, à palabrer de longs moments sur de nombreux sujets. Chacun croit avoir raison plus que l’autre et trouve des arguments plus pertinents que son voisin. C’est ainsi que se multiplient les opinions et les partis en tout genre. Chez les Juifs messianiques, d’où viennent donc toutes ces discussions de mots, d’interprétations des textes bibliques, etc. ?…

Pour de nombreux Juifs messianiques, les choix essentiels tournent autour de la pratique de tel ou tel rite ou alors d’un démarquage radical par rapport à la synagogue traditionnelle. D’autres veulent surtout éviter l’amalgame avec les « chrétiens » rendus responsables de tous les maux du peuple juif depuis des siècles. Certains redoutent de perdre leur identité de Juif s’ils ne suivent pas scrupuleusement les rites et traditions orthodoxes. Qu’en est-il vraiment ?… L’identité du Juif messianique repose-t-elle fondamentalement sur l’observation plus ou moins rigoureuse de telle ou telle loi biblique ou non ?… La défense d’une identité personnelle est-elle plus importante que l’affirmation de l’identité du Messie lui- même ?…Quelle est donc la racine de notre identité ?…

Comment aller plus loin encore et permettre à de nombreux Juifs messianiques de vivre une foi équilibrée, mûrement construite, forgée par l’Esprit Saint ?…

La maturité d’un homme prend du temps ; dans certains domaines des décennies. Celui qui est jeune dans la foi a besoin de grandir dans un cadre édifiant au milieu de frères et de sœurs qui contribuent à son développement spirituel. Comment donc mettre en place les moyens nécessaires à ce que chacun puisse grandir vers une « maturité spirituelle », une stature « d’adulte dans la foi » ?…

Il n’y a rien de nouveau sous le soleil…

Cette parole célèbre du roi Chlomo (Salomon), fils de David, s’applique bien à la situation des Juifs en général, et des Juifs messianiques en particulier. Depuis toujours, l’attention se porte d’abord aux formes de la piété plutôt qu’aux motifs de son expression. Le Seigneur ne dénonce-t-il pas, par la bouche du prophète Esaïe, une adoration formelle du bout des lèvres tandis que le cœur est éloigné de la foi [Esaïe 58 sur le jeûne etc.] ?… Combien d’hommes et de femmes, chez les Juifs, comme du reste chez les chrétiens, attachent une importance excessive au rituel « extérieur », aux formes, et en oublient ce qui devrait être au cœur de leur pensée.

La Loi énonce elle-même le besoin de motiver dans son cœur l’obéissance aux commandements. La circoncision dans la chair ne sert de rien si elle n’a pas eu lieu aussi dans le cœur, comme nous le rappelle le Lévitique : 26:41 : « Moi aussi je leur résisterai et les mènerai dans le pays de leurs ennemis. Alors leur cœur incirconcis s’humiliera, et ils

paieront la dette de leur faute. » (voir aussi Ezéchiel 44.9 et de nombreux passages dans la Brith Hadacha – Nouveau Testament).
En effet, nous pouvons lire en Deutéronome les paroles suivantes « Maintenant, Israël, que demande de toi l’Éternel, ton Dieu, si ce n’est que tu craignes l’Éternel, ton Dieu, afin de marcher dans toutes ses voies, d’aimer et de servir l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur et de toute ton âme. » (Deut. 10 :12). D’autres passages parlent dans le même sens (Lév. 19.17, Deut. 4.9, 5.29, 15.7-10 ; etc.).

En conséquence, pour le croyant, le « fondement » de sa piété est plus important que la forme de sa piété. Ce qui est essentiel prime sur ce qui est secondaire. L’attention sur ce qui nous unit est plus importante que le regard sur ce qui nous divise. Et dans ce domaine, il n’est pas facile de faire la part des choses. Les premiers croyants en Yéchoua’ (Jésus) n’étaient pas à l’abri de ce débat. Toutefois, leurs conclusions ont pour nous valeur d’exemple.

Ce que nous croyons essentiel…

Yéchoua’, notre Messie, est bien sûr celui qui est au cœur de notre foi. Son enseignement et sa vie sont à la base de notre vie.
Nous croyons fermement qu’il est le Messie envoyé par Dieu, à la fois « pleinement Homme » (de nature pleinement humaine) et « pleinement Dieu » (c’est à dire de nature divine), qu’il est celui annoncé par les prophètes, qu’il est « l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du Monde ». Nous affirmons, selon l’Ecriture, qu’il est mort à Jérusalem sur le bois pour nos péchés ; qu’il a expié nos fautes ; qu’il s’est chargé de nos maladies et de notre culpabilité (Esaïe 53) ; qu’il a pris sur Lui le jugement qui nous était destiné. Il est venu une première fois, vivant comme Juif parmi ses frères Juifs. Il a pratiqué la Loi, mais non pas comme ses contemporains qui pour plusieurs avaient détourné la Loi à leur profit, mais avec un cœur juste au service de la gloire du Père. Nous disons avec foi qu’il reviendra avec gloire et puissance (non comme la première fois) pour juger les vivants et les morts et pour établir son règne. Pour nous qui avons cru en Lui, nous sommes assurés de régner avec Lui selon ses promesses.

Si nous croyons ces choses et les proclamons sans réserve, nous sommes donc d’accord sur l’essentiel. Réjouissons-nous alors de pouvoir partager la coupe de joie que le Seigneur nous tend.
Les disciples de Yéchoua’, dans le livre des Actes, comme dans les épîtres, n’ont pas, semble-t-il, fait mention d’éléments précis supplémentaires essentiels à notre Salut. Au contraire, les débats sur la circoncision ou l’observance de rituels particuliers aboutissent à beaucoup de liberté dans ces domaines pour les croyants non Juifs. Pour les croyants Juifs, il n’est fait mention d’aucune consigne particulière au sujet des rituels, des coutumes ou de l’observation de la Loi. Cependant, en ce qui les concerne, le principal danger dénoncé est de placer le rituel, les coutumes ou les traditions comme moyen « essentiel » pour accéder auprès du Père. Certains souhaitaient même l’imposer aux croyants non Juifs. Les choses n’ont guère changé aujourd’hui dans la plupart des religions.

Plutôt juif,… plutôt messianique… ?

L’identité du Juif messianique est donc fondamentalement attachée au Messie Yéchoua’ (Jésus) et à son œuvre.
« Être Juif » ne dépend pas d’une pratique plus ou moins rigoureuse de rites ou de lois dictées par la bouche des hommes. Le caractère Juif de l’individu ne dépend de rien d’autre que de ses ascendants (n’en déplaise à certains). L’histoire nous montre malheureusement à travers les siècles que la persécution des Juifs a touché même ceux qui avaient « oublié »

qu’ils étaient Juifs et qui étaient loin de connaître rites et coutumes traditionnels. De ce point de vue, être Juif n’est certainement pas un privilège. Un récent sondage (en 2000 ?) en France indiquait que 21% des français estiment qu’il y a encore « trop » de Juifs en France. Je n’évoquerais pas ici le regain d’antisémitisme en Europe et en France en particulier. Humainement parlant, « être Juif » n’est certainement pas un avantage.

Par ailleurs, il n’y a pas de Juif qui puisse perdre sa judéité de quelque façon que ce soit. Un fils perd-il son statut de fils parce qu’il se détourne de son père ?… L’histoire du « fils prodigue » dans l’Evangile affirme au contraire le caractère inaliénable des relations entre parents. Israël reste un « fils son enthousiasme et surtout son exaspération face à l’antisémitisme croissant suggérait d’aller proposer au pape de l’époque que tous les Juifs se convertissent au catholicisme contre un arrêt de la haine contre les Juifs. On lui répondit que cela ne changerait sans doute pas grand chose. Il y aurait peut-être un peu plus de catholiques dans le monde, mais il n’y aurait pas moins de Juifs. On ne peut renier ses origines ou son sang.

Les règles de la Halaha (loi rabbinique), tout comme les déclarations « chrétiennes » depuis des siècles, affirment avec force que le Juif qui accepte Jésus n’est plus Juif. Nous ne partageons pas ce point de vue qui n’a fait qu’accentuer le clivage entre Juifs et Chrétiens et empêcher nombre de Juifs de recevoir

Yéchoua’

comme le Messie d’Israël.

« Être messianique », si je peux me permettre cette expression, est en revanche la traduction d’une adhésion à Yéchoua’, une déclaration de foi dans le Messie Sauveur et Seigneur. Dans ce cas, il est évident que tous les hommes, Juifs comme non Juifs, peuvent prétendre à cette foi en Yéchoua’. « Être messianique » ne s’oppose pas à « Être Juif », ni inversement. Il est regrettable que dans l’esprit de bien des Juifs et de bien des Chrétiens, ces expressions soient inconciliables. Pourtant, historiquement et théologiquement, il n’y a rien de plus vrai que d’associer « le Juif » à « son Messie ».

« Être juif messianique » désigne donc les Juifs qui ont reconnu en Yéchoua’ leur Messie. N’y ajoutons rien ! Ce qu’on pourrait y ajouter n’a rien à voir avec une définition identitaire.

L’esprit est bien disposé, mais la chair est faible…

Quand on parle de l’identité du Juif messianique, il n’est pas facile de rester simple. Nous avons tendance à juger de l’identité des individus aux apparences, au folklore, aux émotions exprimées ou non, aux pratiques plus ou moins observées, etc. Ce qui frappe les yeux est souvent ce qui retient notre attention et marque notre esprit. Pourtant…

La foi en Yéchoua’ peut revêtir bien des formes différentes de piété, avec et sans coutumes et traditions juives. Qui sommes-nous pour juger de la pertinence de ceci ou de cela ?… Les uns estiment qu’il faut observer le Chabbat, d’autres non. Certains s’abstiennent de manger certains aliments, d’autres mangent de tout sans se poser de questions. Les uns portent une Kippa, d’autres s’en passent totalement. Les uns auraient-ils raison et les autres torts ?… La spiritualité des uns ou des autres peut-elle se mesurer au degré de « rigueur » dans l’observation de coutumes, traditions ou rites ?… Ne suis-je pas tenté de juger moi-même de ce qui est juste pour les autres ?…

Que dit le Seigneur sur toutes ces choses ?… En fait, il ne se proclame pas juge pour arbitrer sur toutes ces questions. L’essentiel n’est pas là. L’apôtre Paul reprend cependant quelques principes importants énoncés par le Seigneur. (Romains 14)

  • Il ne juge personne, ni ceux qui s’imposent des règles particulières, ni ceux qui s’en affranchissent. Il invite ses lecteurs à en faire de même. Paul était lui-même un homme qui savait en toutes circonstances avoir les bonnes attitudes.
  • Être animé d’une profonde conviction. Dans le chapitre 14 de l’épître aux Romains, Paul dénonce les jugements entre frères sur ces questions de vie courante et de rapports entre rituels juifs et liberté évangélique. Ce qui importe c’est la conviction que ce que nous faisons ou vivons est une bonne chose pour « nous ». En faire une « règle » pour les autres, c’est déjà porter un jugement, « ouvertement » ou dans le secret de son cœur.
  • Ne pas être une « pierre d’achoppement » pour les autres (et pour les frères en particulier). Voilà une règle essentielle qui doit nous conduire à la fois dans une réelle liberté et en même temps nous amener à restreindre quelques fois notre « liberté » pour ne pas heurter la sensibilité de l’un ou de l’autre. Le plus difficile est bien souvent de faire la part des choses entre « ma liberté personnelle » et la nécessité de ne pas être une « pierre d’achoppement » pour les autres. Que Dieu nous conduise avec sagesse sur ce chemin.

C’est l’amour qui est le lien le plus fort…

L’exhortation de Yéchoua’ est très simple. Faire passer nos motivations au tamis de l’amour fraternel. Il en resterait parfois bien peu de choses. Que le Seigneur nous pardonne tous ces écarts de langage et ces jugements précipités pour cataloguer les frères et les sœurs qui ne vivent pas leur foi comme nous.

Que dire en conclusion ?…

Il n’y a qu’une Loi qui prévaut et qui régit à elle seule tous nos rapports mutuels. « Aime ton prochain comme toi-même ». Si ma piété personnelle me conduit à m’en écarter un seul instant, je rate le but.
Il existe diverses formes d’expressions de la foi en Yéchoua’. Chez les Juifs comme chez les chrétiens. Pourtant, il n’y a qu’UN SEUL Messie et qu’UN SEUL Chemin pour être sauvé. Ne jugeons pas les autres sur les apparences, même sur ces « points de détails » qui nous divisent si facilement. Sachons au contraire mettre en valeur ce qui est « essentiel » et qui nous unit. Les Juifs messianiques semblent animés parfois d’une gêne quand à leur identité. Certains craignent de la perdre en affirmant leur « affiliation » au Messie Yéchoua’. La défense de LEUR identité – notamment à travers rites et coutumes – devient un objectif majeur. N’est-il pas plus essentiel de rechercher à affirmer L’IDENTITE du Messie Yéchoua’ ?… C’est de LUI dont nous devons parler, plus que de nous-mêmes, sans pour autant que cela s’oppose en soi à « l’expression juive » de la foi personnelle. La question que Yéchoua’ pose à ses disciples (qu’ils soient Juifs ou non Juifs) nous est posé également : « Qui dites-vous que JE SUIS ?… ». De la réponse que nous donnons à cette question dépend notre identité.

Guy ATHIA

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Qui est Yéchoua’ ?

Il serait sans doute un peu réducteur d’affirmer que Yéchoua’ est seulement le nom en hébreu de Jésus. D’autant plus que sous ce nom, il nous vient immédiatement à l’esprit une multitude d’idées reçues sur celui que les chrétiens désignent comme le Messie, le Fils de Dieu. Pour certains d’entre nous, ce nom de Jésus est même associé à une image fort négative. Il est le nom par lequel bien des Juifs ont été persécutés et même mis à mort depuis des siècles. Et pourtant ! Yéchoua’ était un Juif en apparence très ordinaire, comme peut-être vous et moi. Il a vécu au milieu de son peuple et a observé la Torah sans que jamais personne ne l’ait trouvé en défaut. Il a par ailleurs été un rabbin à la popularité inégalée, d’autant que personne avant lui n’avait accompli autant de miracles, même parmi les grands prophètes d’Israël. Certes, il tenait un discours contredisant beaucoup de rabbins de son époque, mais pas tous.

En son temps, il a suscité bien des questions et certains se sont demandés s’il n’était pas le messie annoncé par les prophètes. Cependant, son message était un appel vibrant à revenir à Dieu et à recevoir le Salut que lui-même allait réaliser en livrant sa vie pour faire l’expiation pour tout le peuple. Mais ce qui a le plus heurté ses disciples et bien entendu ses contemporains, c’était que Yéchoua’ annonce à l’avance qu’il lui fallait souffrir et même mourir pour le Salut d’Israël. Comment accepter la mort d’un innocent ?… Comment imaginer que Dieu puisse agréer un tel « sacrifice » ?…

La mort de Yéchoua’ aurait dû mettre fin à cette aventure et au discours fou qui avait été le sien. Les disciples découragés et « trompés » par cette fausse espérance auraient dû s’effacer dans l’histoire et disparaître dans l’oubli. Il n’en fut rien et la résurrection du maître changea tout. Ils ont été jusqu’à 500 personnes à la fois témoins de sa résurrection1. Yéchoua’ n’est pas resté dans la tombe et personne n’honore sa sépulture quelque part. Il est vivant aujourd’hui et il est assis dans le ciel jusqu’au jour où il reviendra régner au milieu de son peuple.

Deux disciples en son temps, découragés, marchaient vers un lieu appelé Emmaüs. Yéchoua’ alla à leur rencontre après la résurrection, mais ils ne le reconnurent pas. « Alors Yéchoua’ leur dit : Hommes sans intelligence, et dont le cœur est lent à croire tout ce qu’ont dit les prophètes ! Le Messie ne devait-il pas souffrir de la sorte et entrer dans sa gloire ? Et, commençant par Moïse et tous les prophètes, il leur expliqua dans toutes les Écritures ce qui le concernait. » (Luc 24.25-27)

Aujourd’hui encore, il est possible de rencontrer et reconnaître le Messie Yéchoua’.

1 1 Corinthiens 15.6.

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Qui sont les Juifs messianiques ?

Si on s’en tient à l’étymologie des mots, les Juifs messianiques sont des individus appartenant au peuple juif qui ont reconnu en la personne de Yéchoua’ (nom de Jésus en hébreu) le Messie d’Israël, le Goë’l – le Sauveur annoncé par les prophètes. Il convient cependant de préciser quelques détails qui ne manqueront pas d’éclairer tout un chacun sur la personnalité de ces Juifs qui croient dans le Messie.

Un Juif qui croit dans le Messie Yéchoua’ demeure juif et ne perd aucunes de ses qualités de Juif : C’est un fait que rapidement, dès les premiers siècles, le schisme entre la chrétienté et le monde juif a engendré un dramatique antagonisme entre les Juifs et les Chrétiens. Ceci étant, il s’est créé, d’un coté comme de l’autre, la conviction profonde qu’un Juif ne peut devenir Chrétien et inversement. C’est pourquoi, la renaissance du mouvement messianique au milieu du 19ième siècle a suscité d’importantes remises en questions.

Pour les Chrétiens, il s’agissait de s’interroger sur le sens à donner à ce nouvel élan de beaucoup de Juifs pour le messianisme et le personnage de Yéchoua’, synonyme depuis des siècles de persécutions et de conversions forcées organisées par l’institution ecclésiastique.

Pour les Juifs, ce questionnement sur la personne de Yéchoua’ était concomitant des débuts de l’aventure sioniste. Comment comprendre qu’un si grand nombre de Juifs s’intéressent à celui qui a cristallisé toutes les haines depuis des siècles ?… D’autant qu’ils vont être par la suite des dizaines, voir des centaines de milliers, à reconnaître en Yéchoua’ leur Messie. Même si la Shoah n’a pas épargné beaucoup d’entre eux, notamment d’Europe de l’Est, le mouvement n’a pas cessé de croitre, même dans l’Etat naissant d’Israël en 1948.

Ils sont aujourd’hui plus de 250 000, principalement aux Etats-Unis, en Israël, mais aussi dans beaucoup de pays abritant d’importantes communautés juives. En Australie, Afrique du Sud, Argentine, Brésil, Mexique, Canada, Russie, Ukraine, Allemagne, Grande-Bretagne, Belgique, France…

Ils se regroupent dans des assemblées messianiques ou se joignent à des assemblées chrétiennes selon leur sensibilité et les possibilités qui leurs sont offertes. Au premier siècle, les premiers croyants étaient tous des Juifs et ce n’est qu’à la suite d’une révélation spéciale (Actes 10 et 15) que les premiers dirigeants de l’Assemblée de Jérusalem comprennent que le message de Salut annoncé par les prophètes et manifesté par Yéchoua’ HaMachiah’ (Jésus le Messie) est aussi destiné aux non Juifs afin qu’ensemble, ils forment un même Corps messianique.

Si eux-mêmes ont une piété naturellement juive, les non Juifs qui viennent à la foi ne sont pas contraints de  » devenir juif  » (par le rite de la circoncision et l’obéissance à toutes les lois – mitsvoth de Moïse) pour recevoir le Messie Sauveur Yéchoua’. Les premiers croyants d’origine non juive se font appelés pour la première fois  » Chrétiens  » à Antioche (Actes 11 :26). En définitive une appellation qui n’est autre que la transcription en grec du mot  » messianique « .

Aujourd’hui, les Juifs messianiques souhaitent, à l’instar de ceux qui les ont précédés il y a bien longtemps, vivre leur piété en accord avec leur racines juives et dans la ligne des premiers croyants juifs dans le Messie. Cette démarche de foi se heurte encore à l’incompréhension de bien des amis chrétiens et juifs. Pour autant, le mouvement messianique débuté il y a 2000 ans, relancé il y 150 ans, ne cesse de croître partout dans le monde. Il est assurément l’un des signes précurseurs du retour imminent du Seigneur et Sauveur Yéchoua’.

Si le message des Juifs messianiques est avant tout pour la nation juive, il l’est tout autant pour toute personne non juive s’interrogeant sur cet homme Yéchoua’ qui est venu il y a 2000 ans et que nous affirmons VIVANT aujourd’hui.

Guy ATHIA

JUIFS MESSIANIQUES… qui sont-ils ?

… voilà une question à laquelle, en ce 21ième siècle, nous nous devons de répondre car, il faut le reconnaître, les Juifs Messianiques sont de plus en plus nombreux dans le monde. C’est un « fait » prophétique et historique dont il faut prendre conscience à la veille du retour du Messie… Shaoul de Tarse, devenu l’Apôtre Paul disait :

« Nous, nous sommes Juifs de naissance, et non pécheurs d’entre les païens. Néanmoins, sachant que ce n’est pas par les œuvres de la loi que l’homme est justifié, mais par la foi en Yéchoua le Messie nous aussi, nous avons cru en Yéchoua le Messie, afin d’être justifiés par la foi dans le Messie, et non par les œuvres de la loi, parce que nulle chair ne sera justifiée par les œuvres de la loi ». (Galates 2 : 15 à 16).

Quand nous parlons de « Juifs Messianiques », d’activités ou œuvres « Messianiques » ou d’Assemblées « Messianiques », la réaction de nombreux milieux Juifs ou Chrétiens, ressemble à celle des Grecs, stupéfaits et étonnés, qui écoutaient l’Apôtre Paul à Athènes ; cela nous est rapporté dans le livre des Actes des Apôtres, chapitre 17, verset 19, en ces termes « Pourrions-nous savoir, lui disent-ils, quelle est cette « nouvelle doctrine » que tu enseignes ?… Car tu nous fais entendre des choses étranges ; nous voudrions donc savoir ce que cela peut être !… »

Ces « choses » semblent étranges aux Juifs et Chrétiens d’aujourd’hui parce que 20 siècles ont permis beaucoup de confusion et de malentendus entre les deux, mais aussi parce que le monde, sous l’influence gréco-romaine et par des traditions erronées d’un christianisme décadent et rétrograde, a peu à peu déformé de multiples « réalités bibliques ». On a malheureusement oublié que la Bible, bien que d’inspiration Divine, a été écrite par des Hébreux, au sein d’Israël, et les prophètes comme les apôtres, tous Juifs, réagissaient en tant que tels. Même quand ces derniers écrivaient en grec les pages du Nouveau-Testament (en Hébreu « B’rith Hadacha ou Nouvelle Alliance »), ils pensaient aussi très certainement en hébreu ce qu’ils écrivaient en grec ; c’est pourquoi certains passages des Evangiles semblent difficiles à comprendre par ceux qui n’ont pas l’habitude des mœurs orientales, si particulières chez les Hébreux !

Certains ont aussi oublié que le « Christianisme » (qui à l’époque s’appelait « Messianisme ») a commencé avec des Juifs. Que depuis vingt siècles (c’est important de le savoir), il y a eu à chaque génération depuis la venue du Messie, même en minorité au sein d’Israël, des Juifs qui ont cru en Lui !… Comme ils n’étaient pas nombreux, l’Eglise a souvent « oublié » de les mentionner… et c’est bien dommage ! En ce début de 21ième siècle, alors que le retour du Messie est bien proche, et que hélas « la foi du plus grand nombre se refroidit » permettez-nous d’élever aussi notre voix, nous Juifs messianiques, pour exprimer avec notre « optique juive », avec la lorgnette de notre compréhension hébraïque, ces mêmes « vérités bibliques » et les mettre en valeur dans le contexte même des prophéties bibliques de l’Ancienne Alliance !… Il faut que nos amis Chrétiens comprennent que nous ne prêchons pas une « nouvelle doctrine », ni une « nouvelle secte », mais que notre message, qui était à l’origine juif; doit retrouver pour les Juifs d’aujourd’hui sa vraie « valeur biblique » afin que ‘B’rith Hadacha », la « Nouvelle Alliance » ou « Nouveau Testament » ne soit plus… le livre « étranger », le livre des « goïms » [Ndlr : non Juifs issus des Nations] !… Pour combler le fossé et aider notre peuple à retrouver « son livre », il nous faut employer très souvent les consonances hébraïques qui ont été écartées au profit des mots grecs qui pour un Juif ne signifient rien !… Il nous faut rétablir les parallèles entre les deux parties Ancienne Alliance et Nouvelle Alliance, afin qu’Israël puisse reconnaître son « propre livre » : la Bible !… Quel immense travail, n’est-ce pas ? Mais les Ecritures affirment que « la foi transporte les montagnes… » (Matt. 21: 21).

Pourquoi désirons-nous être appelés « Juifs-Messianiques » ? En hébreu : « Yéoudim Meshihim ». L’explication en est toute simple : Si à Antioche, pour la première fois, les disciples furent appelés « Chrétiens » (Actes 11 : 26) c’est parce que Barnabas et Paul, Juifs tous deux, et qui enseignaient les Assemblées d’Antioche, ont été obligés pour parler à des Grecs, de traduire en grec les termes hébreux que l’on employait à Jérusalem …. Ainsi « Chrétien » est la traduction du mot hébreu désignant, à Jérusalem, les disciples du Seigneur : ainsi l’expression « Meshihim » (Myyhysm) traduite en Français se dit: « Messianiques ». D’ailleurs le vrai nom du Messie était « Yéchoua Ha’Machiah’ » lequel transformé en grec sera « Yésous christos » et deviendra « Jésus-Christ » pour toutes les Nations !

Puisque nous croyons en Yéchoua le Messie, qu’y-a-t-il d’étonnant à ce que nous soyons appelés « Juifs messianiques » ? Et pourquoi nos Communautés ne s’appelleraient-elles pas « Assemblées Messianiques »? Nous ne faisons que retourner aux sources bibliques !… d’ailleurs quelle différence avec les « Assemblées Chrétiennes » ? Ne nous serait-il pas permis de porter un nom aux consonances hébraïques ?…

Nos amis Chrétiens qui quelquefois ne nous comprennent pas, ne feraient-ils pas mieux de « sonder à nouveau » les Ecritures, surtout à la veille du retour de Yéchoua (Jésus) le Messie, alors que justement, de multiples prophéties sont en train de s’accomplir sous nos yeux ? Alors que des prophéties nombreuses relatives à Israël prennent un sens extraordinaire sous les yeux des nations étonnées, et cela depuis seulement une cinquantaine d’années !… Trop souvent l’Eglise a spiritualisé des passages de l’Ancien Testament relatifs à Israël, or, voilà que, en notre génération, s’accomplit une résurrection extraordinaire, telle que le prophète Ezéchiel l’a décrite au chapitre 37 : les « ossements desséchés » revivent… c’est Israël !… C’est une parabole vivante que cette résurrection d’Israël dans son pays, avec sa propre langue… un vrai miracle que la résurrection d’une « langue morte » et parlée par des Juifs venant de 70 pays différents ! Tout cela juste à la veille du retour du Messie… ce sont les « signes des temps » dont Yéchoua a parlé dans les Evangiles.

Comment se fait-il alors que dans certains milieux, les Chrétiens restent indifférents !… Comment se fait-il que dans certaines Eglises on parle si peu (ou pas du tout) de cet accomplissement prodigieux des Ecritures, et dont le signe visible pour notre génération est… la résurrection d’Israël !… Le Figuier qui reverdit… Jonas qui sort du ventre du poisson (les « nations » où Israël se trouvait)… tant de tableaux de l’Ecriture n’ont-ils pas tout à coup un sens devant les événements actuels …. Comment se fait-il que certaines Eglises ont si peur de mentionner dans la prière, le pays d’Israël ?… Est-ce parce qu’à leurs yeux « cela fait trop politique » !… Je me demande quelquefois si les Apôtres juifs, quand ils priaient de tout leur cœur pour le salut des nations, se demandaient si cela ferait plaisir au pouvoir Romain de l’époque !… ou bien si Paul, quand il a eu la vision du Macédonien s’écriant : « secours- nous » (Actes 16 : 10) a seulement pensé que son intervention allait lui créer des ennuis !… Non, il n’a pensé qu’à obéir à Dieu, même pour des « non-Juifs »… et son ministère parmi les païens a eu des conséquences merveilleuses, jusqu’au bout du monde… au point que, toutes les nations de la terre en ont été bénéficiaires.

Remarquons cependant que, dans les récits de la « Nouvelle Alliance » ou le « Nouveau-Testament », les disciples juifs sont d’abord persuadés que le Messie est venu pour les Juifs ! Il faudra la vision spéciale donnée à Képhas (Simon Pierre) sur les « animaux » purs ou impurs (lisez Actes des Apôtres chapitre 10, versets 12 à 15) pour que cet apôtre juif messianique apprenne… « à ne pas considérer comme impur ce que Dieu considère pur »… Et quand, sur l’ordre divin, il ira chez Corneille qui n’était pas de race juive, il lui dira ces paroles révolutionnaires dans la bouche d’un Juif de l’époque : « Je reconnais que Dieu ne fait pas d’acception de personnes, mais qu’en toutes nations celui qui le craint et qui pratique la justice, lui est agréable… » (Actes 10 : 34 à 35) ou encore « …Vous savez qu’il est défendu à un Juif de se lier avec un étranger ou d’entrer chez lui ». Mais Dieu m’a appris « à ne regarder aucun homme comme souillé ou impur ; c’est pourquoi, je n’ai pas eu d’objection à venir, puisque vous m’avez appelé… » (Actes 10 : 28 à 29).

Et même, les responsables juifs de « l’œuvre Messianique » en Israël, sensibles à la voix de l’Esprit Saint, se sont réunis en Convention à Jérusalem pour discuter au sujet d’une importante décision, celle d’introduire les païens dans le « Salut » apporté par Yéchoua et son sacrifice !… Ils avaient longtemps pensé que cela ne concernait qu’Israël et voici que Dieu les place devant l’évidence de Sa Volonté. Après des débats difficiles et des réticences nombreuses, ils décident d’obéir à la volonté de Dieu et ouvrent aux païens « officiellement », la porte de la Grâce et du Salut !… Mieux encore, ils ont décidé de ne pas créer de difficultés à ceux des païens qui se convertissent à Dieu (Actes 15 :19)!… Ces « Juifs messianiques » étaient vraiment soumis au Plan de Dieu, qu’ils ne comprenaient pas encore très bien!… Si seulement aujourd’hui les Chrétiens des nations agissaient de même avec les Juifs qui découvrent leur Messie.

Leur attitude obéissante va permettre à Dieu d’accomplir ce qu’il avait dit autrefois par la bouche du prophète Isaïe… « Ma maison sera appelée une maison de prière pour tous les peuples. Le Seigneur, l’Eternel parle, lui qui rassemble les exilés d’Israël : « Je réunirai d’autres peuples à lui, aux siens déjà rassemblés »… (Isaïe 56 : 7 à 8). Yéchoua ou Jésus le Messie avait confirmé cette décision divine d’introduire les païens lorsqu’il disait : « …J’ai encore d’autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie ; celles-là, il faut que je les amène ; elles entendront ma voix et il y aura un seul troupeau et un seul berger »… (Jean 10 :16). Il a fallu bien du temps avant que les Apôtres juifs-messianiques comprennent tout cela !… Au début, ils s’adressaient uniquement aux Juifs, et cela aussi était conforme au plan Divin… « Aux Juifs premièrement ». Yéchoua lui-même avait dit… « Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël ». (Matt. 10 : 6). A la Pentecôte, Képhas (Simon Pierre) parlant à la foule juive disait « C’est à vous premièrement que Dieu, ayant suscité son Serviteur Yéchoua, l’a envoyé pour vous bénir en détournant chacun de vous de ses iniquités (Actes 3 : 26). Paul aussi, disait : « L’Evangile est une puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit, du Juif premièrement, puis du Grec (Rom. 1: 16).

Il n’y a pas de contradiction ni de confusion dans le plan de Dieu, mais remarquez-le, d’abord une priorité… « Aux Juifs premièrement… » N’ont-ils pas le droit de retrouver leur héritage perdu ? Ensuite il y a cette grande nouveauté pour l’époque, mais dont les prophètes de l’Ancienne Alliance avaient parlé : Dieu voulait aussi que sa parole soit annoncée aux Grecs, c’est-à-dire aux païens et nations de toute la terre, car « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Timothée 2 : 4).

Actuellement, nous vivons une époque de transition: Autrefois, après la crucifixion et le départ de Yéchoua le Messie, naissait la « Kéhila » appelée « Eglise » par les nations. Entre l’an 33, marqué par la mort du Seigneur et l’an 70, époque de la destruction du Temple de Jérusalem par Titus et ses légionnaires Romains, une époque d’attente fut accordée au peuple d’Israël une occasion de présenter « aux Juifs premièrement » le message du Salut en Yéchoua « l’Agneau de Dieu », puis ce fut la grande tragédie d’Israël, suivie de la dispersion !… Yéchoua avait dit: « …Tu n’as pas connu le temps où tu as été visité… des ennemis viendront, t’environneront, te serreront de toutes parts… » (Luc 19 : 43 à 44)  et tout cela s’est exactement produit !… Le temps de patience du Seigneur en faveur d’Israël étant arrivé à son terme. Momentanément, Israël est mis à l’écart, tandis que le « Temps des Nations » commence et la « porte de la Grâce » s’ouvre toute grande pour les païens « … Allez par tout le monde, prêchez la « Bonne Nouvelle » à toutes les nations… (Marc 16 :15).

Après 20 siècles, le Christianisme (à quelques exceptions près) n’a pas fait mieux que le Judaïsme d’autrefois !… Les vrais valeurs bibliques ont été peu à peu remplacées par des traditions, mélangées de superstitions !… Il faut être juste et reconnaître que parfois, et comme autrefois en Israël, l’Eglise a eu quelques grands sursauts… des réveils ont provoqué une recherche de la « vérité biblique !… » Mais ce courant est faible par rapport au « faux christianisme » qui, lui, s’est développé, étouffant ce qui le gêne !… Autrefois, il avait fallu la venue de Yéchoua le Messie pour apporter au peuple d’Israël cette vie abondante de l’Esprit… Aujourd’hui, il ne faut rien de moins que Son Retour pour que le monde sorte de son enfer et sa souffrance. Autrefois la « porte » s’était fermée pour Israël, après un temps de patience, et ouverte pour les nations. A l’horloge Divine, le temps est arrivé du processus inverse :

La « porte » de la grâce se ferme peu à peu pour le monde, alors que Dieu « ouvre » celle d’Israël, parce que le retour du Seigneur est proche !… Israël reprend sa place parmi les nations : il est encore « aveugle et sourd » (Isaïe 41 : 18 à 25, à lire) et comme tel, il « tâtonne » sur sa route et « essaie » de comprendre et d’entendre ces événements dans lesquels il se trouve engagé bien malgré lui, tandis que l’Eglise, elle, se prépare à partir : mais la vraie Eglise, celle qui s’appelle « Ecclésia… mise à part »… en « dehors du monde ! ». Celle qui est composée de croyants de toutes races, de tous peuples, de toutes dénominations, et qui sont réellement « nés de nouveau » alors ceux-là seront… « enlevés à la rencontre du Seigneur… » (1 Thés. 4 :17) et quelques temps après, reviendront avec Yéchoua le Messie, sur le « Mont des Oliviers », face à Jérusalem … Devant Israël son peuple, médusé et tout à coup transporté d’enthousiasme, le Messie apparaîtra et posera ses pieds à l’endroit même d’où il est parti (lire Zacharie 12 :10 et 14 : 3 à 4). Dans cette rencontre extraordinaire du Messie d’Israël avec son peuple, les deux parties se retrouvent, l’Eglise enlevée qui revient avec Son Seigneur et Israël qui, en découvrant enfin Son Messie, retrouve avec « la vue » et « l’entendement » la raison même de son « Election » ! Yéchoua qui, sur le bois de la croix portait cette inscription : « Jésus de Nazareth, roi des Juifs », deviendra, là, à Jérusalem Sa Capitale, le Roi de toutes les Nations de la terre !… N’oublions pas que, d’après la Bible, Si l’Eglise avait une « vocation spirituelle » pour tous les peuples de la terre, il est aussi affirmé qu’Israël a aussi une grande « vocation terrestre » qui ne s’est pas encore accomplie, ni réalisée !

Les Apôtres savaient cela lorsqu’ils demandaient à Yéchoua (Jésus): « Seigneur, est-ce en ce temps que tu rétabliras le royaume d’Israël?… (Actes des Apôtres 1 : 6) alors, sans contredire cette attente dont tous les prophètes de l’Ancienne Alliance ont parlé le Seigneur leur répondit : « …Ce n’est pas à vous de connaître les temps ou les moments que le Père a fixé de sa propre autorité… » (Actes 1: 7), autrement dit, ce « royaume à venir ne les concerne pas pour l’instant et les temps et moments fixés par le Père, arriveront selon sa Décision !… N’est-il pas étonnant qu’Israël, redevenu une nation dans son pays, ait choisi comme blason un symbole prophétique extraordinaire : un chandelier à 7 branches (Le Messie… Lumière du Monde) accompagné de deux branches d’oliviers, une de chaque côté… Israël l’olivier franc et l’Eglise l’olivier sauvage enté sur l’olivier franc (Romains 11:17 à 18).

Le retour de Yéchoua ou Jésus sera l’accomplissement des prophéties… mais une occasion de prouver l’évidente faillite des systèmes humains aussi bien du Judaïsme que du Christianisme de « noms », sans compter toutes les religions humaines !… Le monde saura enfin ce qu’il aurait dû apprendre depuis longtemps : « sans moi, vous ne pouvez rien faire… » et l’histoire de toutes les religions le prouve !… Ainsi, selon ce qu’affirme la Bible « Dieu sera reconnu vrai et tout homme menteur !… (Rom. 3 : 4).

Avant de conclure, permettez-moi de faire remarquer à mes frères chrétiens, comme à toutes les Assemblées Chrétiennes, que l’Eglise (c’est-à-dire l’Ecclésia des « vrais croyants ») a une grande responsabilité envers Israël, le peuple de la promesse ou si vous permettez une image juste, je dirai que l’Eglise née d’Israël donc « sa fille » a des devoirs et responsabilités envers sa « vieille mère » Israël, et Paul disait quelque chose qui semble ici prendre un sens très profond… « Si quelqu’un n’a pas soin des siens et principalement de ceux de sa famille, il a renié la foi et il est pire qu’un infidèle ». 1 Tim. 5 : 8.

Le chapitre 37 d’Ezéchiel qui montre en parabole l’extraordinaire résurrection d’Israël qui s’accomplit sous nos yeux, nous fait entendre ces paroles divines : « parle à l’Esprit… dis à l’Esprit… Esprit viens des quatre vents, souffle sur ces morts et qu’ils revivent… (Ezéchiel 37:9).

N’est-ce pas là un ordre du Seigneur, donné à l’Eglise vivante qui peut et doit intercéder pour la résurrection totale d’Israël!… Qui doit même y participer comme ce fut le cas pour la résurrection de Lazare ! C’est Yéchoua le Messie qui a ressuscité Lazare, mais souvenez-vous que ce sont les disciples qui ont dû rouler la pierre, le délier et le laisser aller libre (Jean 11: 44). Que celui qui a des oreilles entende… dit l’Ecriture. Le temps est venu pour les croyants « rachetés par grâce », de réfléchir devant les « évidences » de l’Ecriture et de la Prophétie s’accomplissant sous nos yeux.

Dieu a-t-il rejeté son peuple ?… Loin de là ! s’écrie Paul au chapitre 11 des Romains et verset 1…, lisez donc les versets suivants et méditez-les devant le Seigneur, cela vous aidera beaucoup à comprendre enfin l’importance d’Israël, malgré ses nombreuses défections, son aveuglement, ses lacunes, mais… le plan de Dieu, lui, est parfait !… D’ailleurs l’Eglise a-t-elle été meilleure ? Cependant cela n’a pas empêché le Seigneur d’agir par elle depuis 20 siècles, alors pourquoi être étonné ou jaloux si « le fils prodigue étant de retour, son Père lui donne « ses biens » les meilleurs. Alors, comprenez-nous et priez avec nous, pour le peuple d’Israël qui a d’énormes besoins spirituels … Quand Paul dit, en parlant d’Israël: « Comment donc invoqueront-ils « Celui » en qui ils n’ont pas cru ? Comment croiront-ils en « Celui » dont ils n’ont pas entendu parler ? Comment entendront-ils parler s’il n’y a personne qui prêche ?… Et comment y aurait-il des prédicateurs s’ils ne sont pas envoyés ? (Rom. 10 : 14 à 15), ne met-il pas l’accent sur quelque chose d’important que l’Eglise devait faire et n’a pas fait ? Oserais-je ajouter un autre « comment » qui découlerait de la quatrième question de Paul ». « Comment des prédicateurs juifs messianiques seraient-ils envoyés, si l’Eglise n’en a pas du tout la « vision » ?

Alors quand les Juifs messianiques se lèvent avec la « vision de leur peuple », au lieu « d’étouffer » leur vocation ou de vouloir la « corriger », ne serait-il pas mieux de « l’encourager » ? Je laisse tout cela à votre réflexion, amis lecteurs, mais je veux vous affirmer, que notre désir ardent reste le même que celui qu’a exprimé Paul, pour Israël son peuple « Le vœu de mon cœur et ma prière à Dieu pour eux, c’est qu’ils soient sauvés ! » (Rom. 10 :1).

Et à mes frères Juifs je dis : N’est-il pas temps de retrouver notre héritage : la Bible entière ? La lire et la sonder pour retrouver nos vraies racines et redécouvrir tant de « vérités perdues », malheureusement remplacées par des traditions rabbiniques qui ont faussé le plan de Dieu pour Israël. Simon-Pierre, un Juif Messianique de la première heure disait à la foule rassemblée à Jérusalem pour « Chavouoth » (Pentecôte) :

« Que toute la Maison d’Israël » « Sache avec certitude que »
« Elohim a fait Seigneur »
« Et Messie Yéchoua »… (Actes 2 : 36)

Paul GHENNASSIA