Entre repos… et lumière…

‘Hanoucca – Noël 2019

Qui n’aspire pas en ces jours de fête à goûter à un peu de repos ?… D’autant que certains, plongés actuellement dans les grèves, sont contraints à des journées éprouvantes, des nuits écourtées et des heures interminables dans des transports en commun fortement surchargés. N’est-il pas d’ailleurs ironique de penser que ceux qui ont « cessé » le travail le font pour revendiquer de « meilleures » retraites, l’espérance d’un « repos » avant un certain âge ?…

J’en suis personnellement encore à quelques années, du moins en principe, mais le « repos » dont parlent les Écritures n’a rien à voir avec une revendication sur nos pensions et ne se calcule pas au « mérite » des meilleures années. Rien à voir non plus avec un régime « spécial » ou la « pénibilité » réelle ou supposée d’années de labeur.

« Pour nous qui avons cru, nous entrons dans le repos… » Hébreux 4.3.

Que signifie alors le « repos » dans la bouche de l’auteur de la lettre aux Hébreux ? D’autant qu’il cite en contre-exemple l’expérience négative des israélites dans le désert qui, par manque de foi, ne sont pas entrés dans le pays de la promesse, le pays du « repos ». La foi et le repos sont donc a priori indissociables. L’auteur ajoute — outre une citation du psaume 95 — le modèle divin qui précise que Dieu lui-même s’est « reposé » le 7e jour, après avoir achevé la création. Dieu n’était bien entendu pas fatigué de toute son œuvre. Il a simplement montré la nécessité de savoir « s’arrêter » pour « contempler » sa création et la qualifier de parfaite devant lui.

Certes, le Chabbat — qui signifie littéralement « cesser » ou s’arrêter — est une invitation répétée à renoncer à magnifier une œuvre centrée sur nous-mêmes. Le repos, bien plus qu’une nécessité physiologique, ou même un mérite après un temps d’activité, est avant tout une contemplation de l’œuvre de Dieu, une acceptation de sa rédemption pour nous.

Voilà qui remet les choses en perspective et nous donnera peut-être à méditer dans l’attente d’un train, d’un métro ou… de quelques jours de repos.

Peut-être que dans les « bouchons », certains se consoleront en admirant les lumières scintiller derrière le parebrise de leur voiture. C’est là encore un autre symbole du moment. La lumière‘Hanouccacommencera le 22 décembre par l’allumage de la première bougie. Pour certains, c’est là un symbole de victoire et de délivrance d’une bataille survenue il y a près de 2180 ans. D’autres seront attentifs à des lumières différentes, celles de Noël. Un autre symbole aussi de victoire, de délivrance et un message de paix et de repos pour tous ceux et celles qui se sont approchés de celui désigné comme le Messie d’Israël.

Ne tergiversons pas sur la date du 25 décembre qui n’est bien évidemment pas en relation avec l’évènement. Mais il y a concomitance entre deux célébrations « lumineuses » qui nous invitent à vivre dans la lumière et dans des relations renouvelées avec nos familles et plus largement avec nos concitoyens.

Yéchoua’ est venu en son temps, conformément aux Écritures, et il nous convie aujourd’hui à sa table. Il a donné sa vie pour nous afin que nous puissions goûter à son vrai « repos », pour vivre dans la « lumière » et participer au « repas » de fête qu’il nous a préparé.

Entre « repos » et « lumière », sachons accueillir à notre table, celui qui chemine encore ou qui peine à trouver repos et lumière dans un monde qui ne sait plus « s’arrêter » et rencontrer celui qui veut nous faire grâce en Yéchoua’.

Chalom !

Guy ATHIA

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ATHIA Guy

Directeur des publications du Berger d’Israël.

Vice-président de Beit Sar Shalom.

Conférencier et enseignant.

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