Le prix du sang versé…

(Article publié dans le BI n°590)

Les célébrations de Tichri viennent à peine de s’achever. Chacun a peut-être encore en mémoire les moments joyeux ou plus solennels qui ont marqué les fêtes successives de Roch Hachana, Kippour et Soukkot.

Depuis des siècles, et même des millénaires, le peuple juif célèbre ces fêtes instituées par l’Éternel, le Dieu d’Israël. Elles sont comme des marqueurs de son histoire et de sa rédemption.

Mais le but de ces célébrations n’est pas uniquement commémoratif. Il y a clairement, de la part du Seigneur, une volonté d’enseigner, de transmettre et d’entretenir la flamme d’une réalité spirituelle à la fois passée, présente et en devenir. Il s’y greffe indubitablement une dimension individuelle, une interpellation de chaque Juif présent autour de la table, ou sous la soukka, mais aussi une dimension collective, à la synagogue et plus largement dans les limites invisibles de la communauté d’Israël partout dans le monde.

Invariablement, chaque année, sont répétés les mêmes rituels, les mêmes prières et les mêmes attentions pour perpétuer l’institution et, si l’on peut dire, l’espérance de l’avènement du Messie. Car en filigrane de toutes les fêtes, il se trouve l’attente patiente ou impatiente du messie.

Mais qui l’attend donc encore ?… Mendel de Kotzk disait en son temps : il vaut mieux que les Juifs ne sachent pas quand vient le messie. Souhaitent-ils vraiment son arrivée ? Alors qu’ils le désirent ardemment et qu’ils l’attendent chaque jour !

Cette parole d’un sage d’Israël a probablement encore toute sa pertinence. Que sert-il en effet d’accomplir le rituel, sans espérance ou sans attente ?… Non l’attente d’un seul jour, mais une attente qui se traduirait chaque jour par un comportement conséquent.

Les fêtes sont certes là pour marquer les esprits et transmettre ce que nous avons nous-mêmes reçu. Il convient toutefois de ne pas nous écarter de la perspective biblique et même prophétique qui, chaque jour et à chaque instant, place l’individu devant le dilemme de la mort, l’issue à laquelle personne n’échappe.

Certes, nous n’y pensons pas nécessairement en faisant les courses ou en allant au cinéma, mais rares sont celles et ceux à honnêtement ne pas la craindre la mort. Et pourquoi donc ?

La mort et la vie ne sont pas de simples réalités cycliques propres au monde des vivants et dénuées de tout sens en regard du temps et de l’éternité. Chacun sait au fond de lui-même que la vie ne s’arrête pas vraiment par un dernier souffle. N’est-ce pas l’Ecclésiaste qui disait : il fait toute chose belle au moment voulu. Il a même mis dans leur cœur la pensée de l’éternité, même si l’homme ne peut pas comprendre l’œuvre que Dieu accomplit du début à la fin ? (Eccl. 3.11)

Kippour est un jour singulierdans le calendrier liturgique du monde juif. C’est un moment craint, non seulement à cause de l’espérance incertaine d’avoir son nom inscrit dans le Livre de Vie, mais surtout à cause du jugement de Dieu sur les vivants et les morts.

Ainsi qu’il est dit :« Et comme il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement… » Hébreux 9.27 (voir aussi Ecclésiaste 12.16 ; Job 30.23).

Tout le monde craint quelque part de souffrir au jour de sa mort, mais Kippour nous ramène à une autre réalité, celle de la crainte du jugement de Dieu sur sa vie. Et si les Juifs sont si nombreux à se rendre à la synagogue le jour de Kippour, n’est-ce pas en partie pour cette raison ?

Mais que dit l’Écriture à propos du jugement à venir et du pardon des péchés ?

« Il (Aaron, le Grand-Prêtre) prendra du sang du taureau et fera l’aspersion avec son doigt sur le devant du propitiatoire [1], du côté Est ; il fera avec son doigt 7 fois l’aspersion du sang devant le propitiatoire. Il égorgera le bouc expiatoire [2] pour le peuple et en portera le sang derrière le voile. Il fera avec ce sang comme il a fait avec le sang du taureau : il en fera l’aspersion sur le propitiatoire et devant le propitiatoire. 

C’est ainsi qu’il fera l’expiation pour le sanctuaire à cause des impuretés des Israélites et de toutes les transgressions par lesquelles ils ont péché. Il fera de même pour la tente de la rencontre, qui est établie avec eux au milieu de leurs impuretés. Il n’y aura personne dans la tente de la rencontre lorsqu’il entrera pour faire l’expiation dans le sanctuaire, jusqu’à ce qu’il en sorte. Il fera l’expiation pour lui et sa famille, ainsi que pour toute l’assemblée d’Israël. Lorsqu’il sortira, il ira vers l’autel qui est devant l’Éternel et il fera l’expiation pour l’autel.Il prendra du sang du taureau et du bouc, et il en mettra sur les cornes du pourtour de l’autel. Il fera avec son doigt 7 fois l’aspersion du sang sur l’autel. Il le purifiera et le reconsacrera à cause des impuretés des Israélites. » Lévitique 16. 14-19.

Ce texte est lu le jour de Kippour, mais semble complètement décalé par rapport aux réalités d’aujourd’hui. En effet, qui se soucie encore du sang nécessaire pour accomplir l’expiation des péchés ? Bien entendu, depuis la destruction du Temple, il y a près de 2000 ans, nos sages nous enseignent que le sang des taureaux et des boucs n’est plus nécessaire et que seuls comptent les « mérites » attribués à chacun au cours de sa vie. Les prières y participent pour beaucoup et certains ne manquent pas d’en « acheter » d’une manière ou d’une autre auprès de grands maîtres et rabbins de renom.

Le sang versé d’un taureau ou d’un agneau peut-il vraiment trouver une équivalence avec les « mérites » des hommes lorsqu’ils obéissent aux mitsvot ? Peut-on véritablement faire l’économie du sang versé, d’une vie donnée ?

On semble bien loin du texte du Lévitique et de l’importance cruciale du sang versé. Le prix du sang aurait-il d’un seul coup été dévalué ?… La vie de l’animal sacrifié n’aurait-elle plus subitement de signification ?…

Voici encore ce que dit l’Éternel aux Israélites : Lévitique 17.11 : en effet, la vie d’un être est dans le sang. Je vous l’ai donné sur l’autel afin qu’il serve d’expiation pour vos âmes, car c’est par la vie que le sang fait l’expiation.

Et l’auteur de la lettre aux Hébreux de nous rappeler (Hébreux 9.22) : « Or, d’après la loi, presque tout est purifié avec du sang et, s’il n’y a pas de sang versé, il n’y a pas de pardon. »

Ainsi donc, sans effusion de sang, on ne peut espérer de pardon.

Voilà un discours-choc propre à heurter bien des sensibilités. C’est que de nos jours, la vue du sang est devenue une obsession mêlée de crainte. Au point même que quelques-uns seraient prêts à verser le sang de leurs semblables pour défendre celui des animaux.

Plus symboliquement sans doute est le rapport que nous entretenons avec le sang comme moyen de sauver des vies. Il m’arrive de donner régulièrement du sang, du plasma ou des plaquettes. Chaque fois que j’entre dans le bâtiment, un accueil privilégié m’est réservé. C’est que mon sang est plus précieux que tout pour sauver des vies. Je donne donc mon sang et à aucun moment celui-ci ne doit se trouver « versé » sur le sol, une blouse ou même les doigts d’une infirmière. Sitôt le don effectué, je suis invité à une collation. Le bras enturbanné, je goûte à quelques crudités quand d’un seul coup, je sens un liquide chaud imprégner le pansement. Je m’empresse alors de rejoindre la « salle de don » pour que l’on s’occupe de me refaire la compresse. Au passage, le personnel s’est précipité pour essuyer rapidement les quelques gouttes qui en chemin avaient maculé le carrelage. Je réalisais que le sang dans ce lieu ne pouvait sauver des vies que s’il restait dans les poches appropriées.

La vie est dans le sang, mais le pardon des péchés n’est obtenu que si le sang est versé.

Lorsque je donne de mon sang dans des poches en plastique, je n’en suis bien sûr pas encore à donner réellement ma vie.

Le souverain sacrificateur Aaron risquait en revanche la sienne en entrant au-delà du voile. C’est pourquoi c’est le sang versé sur l’autel et présenté à Dieu qui lui garantissait la vie.

Le principe est ici d’une grande clarté. L’expiation des péchés ne peut avoir lieu que par le sang versé, c’est-à-dire le don d’une vie pour une autre. Bien plus, celle d’une vie innocente pour la vie d’un coupable.

Ce principe a-t-il, depuis son énoncé, véritablement changé ? Je ne le pense pas.

Le Rambam, Maïmonide (au 12siècle) disait à propos du contenu du livre du Lévitique et de ces textes difficiles :

Depuis la destruction du Temple, il est des commandements qui n’ont pour action que le support du Verbe : les sacrifices.

Il ajoute dans son ouvrage Guide des Égarés que « dans les temps futurs, les sacrifices n’auront plus cours, et cependant nous continuerons à les étudier comme si la lecture révélait toute la sainteté de ce précepte ».

Le cœur de toute loi relative à la sainteté et du rapport à Dieu repose sur la nécessité du sang versé. Et voici ce que nous devons comprendre. La rédemption pour nos fautes passe inéluctablement par le sang versé, celui d’un animal innocent en prélude à celui plus précieux et plus excellent du Machia’h. Choquant ?… Assurément. Et pourtant. Prenons la peine d’examiner les Écritures. Même les textes les plus étranges nous ont été donnés pour notre instruction et nourrir notre espérance dans le monde à venir.

Méditons les premiers versets du texte de la paracha Tazria, a priori pas la plus passionnante qui soit.

Lévitique 12.1 et suivants.

Le Seigneur dit à Moïse : Dis aux Israélites : Lorsqu’une femme est enceinte et qu’elle met au monde un garçon, elle sera impure pendant sept jours ; elle sera impure comme les jours où elle est souillée par ses règles. Le huitième jour, l’enfant sera circoncis. Elle restera encore trente-trois jours à se purifier de son sang ; elle ne touchera rien de sacré, et elle n’ira pas au sanctuaire jusqu’à ce que les jours de sa purification soient accomplis. Si elle met au monde une fille, elle sera impure pendant deux semaines, comme lors de sa souillure menstruelle ; elle restera soixante-six jours à se purifier de son sang. Lorsque les jours de sa purification sont accomplis, pour un fils ou pour une fille, elle apportera au prêtre, à l’entrée de la tente de la Rencontre, un agneau d’un an pour l’holocauste, et une colombe ou une tourterelle en sacrifice pour le péché. Le prêtre les présentera devant le Seigneur et fera sur elle l’expiation, après quoi elle sera pure de son flux de sang. Telle est la loi concernant la femme qui met au monde un enfant, garçon ou fille. Si elle n’a pas de quoi se procurer un mouton, elle prendra deux tourterelles ou deux colombes, l’une pour l’holocauste, l’autre en sacrifice pour le péché. Le prêtre fera sur elle l’expiation, et elle sera pure.

La notion de pureté et d’impureté dans la tradition juive est diversement interprétée. Pour beaucoup, il s’agit non pas d’un jugement moral sur l’individu, mais d’un état permettant de s’approcher ou non du lieu saint et donc de Dieu.

Certains pensent que ce genre de perception n’était valable qu’à l’époque du Temple, d’où l’abandon de ces prescriptions pour le temps présent. D’autres estiment que celles-ci sont toujours valables et qu’il faut seulement les adapter à notre contexte.

D’autres encore considèrent que l’impureté décrite dans la paracha Tazria fait référence à des réalités spirituelles qui transcendent l’individu concerné par telle ou telle condition.

Il y a sans doute un peu de vrai dans chacune des approches juives du sujet. Ce qui ressort toutefois de toutes les prescriptions relatives aux impuretés et la manière de s’en préserver, c’est la mort, et le sang qui en est l’expression la plus visible. Car le sang rendu visible signifie la mort. Le contact d’un mort ou celui du sang nous ramène à notre condition d’une humanité qui a failli.

Cela étant et pour revenir à notre texte, quand bien même le sang y est très présent, on peut se demander en quoi la condition de la femme accouchée peut trouver sa place au milieu de toutes les lois sur la pureté rituelle contenues dans le Lévitique ?…

Le nom de notre paracha est Tazria et signifie « enfanter ». Il est légitime de penser que la naissance d’un enfant est plutôt une bonne nouvelle, l’accomplissement naturel de la première des mitsvot, celle pour le genre humain de se multiplier.

Or ici, la situation de la femme accouchée est comparée à la période, bien moins agréable, de ses règles — en hébreu le nidda— et de sa perte de sang. L’accent central du passage est mis sur le sang qu’elle est amenée à verser (à perdre).

L’impureté est donc dans le sang versé. Il nous faut relever que plus loin dans le même passage, il est encore question de sang versé, mais dans un tout autre but, lors de l’accomplissement de la mitsvade la circoncision.

Le fait que les deux actions soient accolées n’a d’ailleurs rien de fortuit.

La naissance est de fait l’accomplissement positif d’une mitsva. En quoi alors la femme aurait-elle commis un péché nécessitant une offrande pour l’expier ?…

Les commentaires des rabbanim et les midrashim sont incroyablement nombreux à ce sujet.

La tradition indique que ces lois ont été abrogées après la destruction du 1er Temple, sous-entendant que l’impureté mentionnée concernait la limitation d’accès au lieu saint dans le Temple.

Nous pouvons nous demander alors légitimement pourquoi tant de commentaires pour des questions complexes et intimes telles que la situation de la femme accouchée ?

Le sang versé est donc au cœur de notre texte. Cependant, s’agissant du sang versé lors de la circoncision, il n’y a pas d’offrande ni d’impureté relevée.

Certains rabbanim pensent que la naissance d’un enfant ramène la conscience de l’humanité, et ici peut-être plus particulièrement celle de la femme, à ce qui prévalait avant la faute d’Adam et Ève.

Ainsi donc, les douleurs excessives de l’accouchement, le flux de sang peut-être, n’étaient pas au programme avant le funeste épisode de Genèse 3.

Même si la naissance d’un enfant est un événement heureux et positif, l’accouchement proprement dit, n’est pas pour la femme, si j’ose dire, une partie de plaisir.

Certains rabbins pensent que la future mère, en ces instants difficiles et douloureux, fait le vœu de ne plus revivre ce moment et donc de ne plus aller vers son mari par la suite. Elle renoncerait enfin à ce vœu en voyant le nouveau-né. C’est pourquoi elle offrirait un sacrifice pour ce péché, celui de son vœu contraire au commandement divin (de se multiplier).

Ce point de vue n’est pas majoritaire. Mais cela montre que l’idée qu’un péché ait été commis dans un tel contexte pose problème.

Ce qui est certain, c’est que les conditions naturelles d’une naissance dans le genre humain sont marquées par la souffrance et le sang. Des conditions qui sont le résultat d’une faute.

D’une certaine manière, toutes les mères aujourd’hui assument, lors de la naissance de leurs enfants, les conséquences de la malédiction divine, à cause de la faute d’Ève.

L’impureté rituelle de la femme accouchée ne tient donc pas à une faute morale de l’instant ou précédemment commise. Le sang versé lors de l’accouchement, comme lors du nidda, est plutôt le rappel constant de la faute originelle transmise de génération en génération, comme à l’enfant nouveau-né.

Pour les rabbanim, le nidda, ainsi que le sang versé lors de l’accouchement sont des conséquences directes de la faute du premier couple humain. Ils n’existaient pas précédemment.

La mitsva de la circoncision a été donnée pour la première fois à Abraham et son clan (Genèse 17). Elle est le signe d’une alliance entre Dieu et son peuple. Or ce signe passe également par le sang versé.

On relèvera aussi que le signe est marqué par la coupure du prépuce, la brit milah — expression qui signifie l’alliance de la coupure.

Ce rite est accompli sur le garçon nouveau-né à l’âge de 8 jours.

La coupure s’exerce sur le sexe du jeune enfant comme pour permettre, selon la tradition, « l’ouverture » vers un accomplissement et la transmission de l’alliance à la génération qui suivra.

Comme précisé plus haut à propos de la femme, pour les rabbanim, la condition de l’homme prévalant avant la faute de celui-ci sous-entend qu’il ne possédait pas de prépuce. La brit milah est pour ainsi dire le signe d’une restauration de la condition spirituelle de l’homme avant la faute d’Adam et Ève.

Nous sommes bien entendu dans une symbolique très élevée. La brit milah ne signifie pas uniquement l’alliance de la coupure. Le terme désigne aussi l’alliance des mots ou de la parole.

Dans le contexte de notre passage, cela a une importance capitale et nous permet de comprendre l’articulation de ces sujets en apparence sans rapport les uns avec les autres.

Dès le début de la paracha, au chapitre 12, les quelques versets qui traitent de l’impureté de la femme accouchée concentrent des réalités spirituelles très fortes.

La femme qui accouche donne naissance à un enfant et, par le sang qu’elle verse naturellement en même temps, elle rappelle la faute originelle d’Ève. D’une certaine façon, elle transmet cette réalité spirituelle à l’enfant qu’elle vient de mettre au monde.

Sur un tout autre plan, mais à la même occasion, la brit milah, l’enfant mâle reçoit l’alliance de la Parole divine dans sa propre chair. Il a la responsabilité de transmettre cette alliance à la génération future.

Mais à la différence de la femme qui en accouchant verse son sang, celui versé lors de la brit milah est celui de l’alliance que Dieu établit pour restaurer la relation rompue lors de la faute d’Adam et Ève.

Ceci explique pourquoi il n’y a pas d’état d’impureté après la circoncision. Le sang versé est ici le rappel non pas de la faute originelle, mais du sacrifice pour la rédemption de l’homme, ce de génération en génération.

Le 8jour pour la circoncision est pour beaucoup de rabbanim, non seulement le seuil de viabilité de l’enfant, mais aussi l’assurance que l’enfant a connu au moins un Chabbat avant de goûter à l’alliance.

Ce qu’il faut retenir cependant, c’est que l’ordre de la circoncision passe avant toute autre mitsva, même celle du Chabbat.

Plusieurs textes évoquent le 8jour comme un ancrage symbolique fort.

Le point commun qui les relie à notre texte relatif à la femme accouchée et à la circoncision, est que le 8jour est celui de la consécration, celle d’une vie nouvelle marquée par un changement radical dans le rapport à Dieu.

On peut ajouter que le 8ejour est celui d’un changement d’appartenance ou en quelque sorte de « propriétaire ». Le premier-né appartient à Dieu et lui est consacré le 8e  jour.

Pour les enfants des hommes, le 1er jour est celui de la naissance naturelle et l’appartenance au genre humain, mais le 8jour est celui de l’appartenance à Dieu, de la consécration à son créateur.

Pendant 7 jours, l’enfant appartient symboliquement à sa mère, le 8jour, il est donné à Dieu.

On peut en conclure que le 8jour est celui marqué par la rédemption — signe de la circoncision — et une consécration nouvelle.

Que dirons-nous donc en conclusion ? Le « sang versé » ne fait plus recette. De nos jours, le sacrifice d’un animal est inacceptable, tout autant que celui d’un homme qui serait livré en rançon pour un autre.

Toutes sortes de substituts sont proposés pour « payer » sa « faute », si tentés que nous soyons d’en reconnaître une.

L’économie lévitique n’avait pourtant pas vocation à perdurer aux siècles des siècles. Les sacrifices répétés n’étaient pas de nature à réellement purifier la faute du coupable. Ils étaient une « ombre » des choses à venir, une image d’un sacrifice plus excellent et permanent qui n’aurait pas à être reproduit perpétuellement.

Car les sacrifices offerts dans le Temple, imitation du véritable, ne pouvaient avoir la même valeur que celui présenté dans le Temple original dans le ciel, une fois pour toutes.

Nos rabbins nous enseignent que la fin du Temple devait ouvrir sur l’ère d’une nouvelle économie, celle du Messie. Or, l’ère messianique ne pouvait en aucune manière débuter sans effusion de sang.

Car voici ce que dit encore l’Écriture (Héb. 10.11-12) :

Tout prêtre se tient chaque jour debout pour faire le service et offrir fréquemment les mêmes sacrifices, qui ne peuvent jamais enlever les péchés, tandis que le Messie, après avoir offert un seul sacrifice pour les péchés, s’est assis pour toujours à la droite de Dieu.

C’est ainsi que le Messie est allé jusque dans le sanctuaire dans le ciel présenter son propre sang afin que nos fautes soient parfaitement expiées. Et Dieu a agréé son offrande en le ramenant à la vie le 8jour (le premier jour de la semaine).

Le prix du sang du Messie qui nous rachète est précieux. Il a coulé pour notre Salut. « L’excellence » de son sacrifice nous garantit une fois pour toutes un Salut éternel et l’assurance que nos noms sont inscrits dans le Livre de Vie.

De nos jours, Kippour ne devrait pas être un culte d’angoisse et de doute, mais au contraire de certitude. Le souverain sacrificateur selon l’ordre de Melchisédek, le Messie éternel, Yéchoua’, s’est donné lui-même en rançon pour nous et il intercède aujourd’hui à la droite du Père en notre faveur. Que gloire lui soit rendue.

 

Guy ATHIA

[1]Le propitiatoire était le couvercle du dessus de l’arche de l’Alliance dans le Tabernacle. Celui-ci était surmonté de deux chérubins (kérouvim) qui se faisaient face.

[2]L’expiation (expiatoire) est ce qui accomplit le pardon des péchés. C’est par le sang de l’animal sacrifié que l’expiation est faite.

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ATHIA Guy

Directeur des publications du Berger d’Israël.

Vice-président de Beit Sar Shalom.

Conférencier et enseignant.

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