OSER AVANCER À CONTRE-COURANT ! (17 mai 2018)

Pour qui s’y est déjà essayé, il n’est guère aisé de « nager » à contre-courant. Et si ce dernier est vraiment fort, il faut redoubler d’énergie pour ne pas être entraîné par les flots. Aussi est-il plus fréquent de rencontrer des hommes et des femmes qui préfèrent se laisser « porter » par la vague ambiante. Le problème est que celle-ci peut nous entraîner parfois bien au-delà de ce que l’on souhaite. Rares sont alors celles et ceux capables de remonter la déferlante qui les a emportés.

Ces derniers jours, la situation au Proche-Orient a focalisé l’attention de beaucoup, des Juifs, des chrétiens et bien d’autres. Il y a eu d’abord les « vœux » et les « silences » assourdissants autour du 70anniversaire de l’État d’Israël. Les uns se sont réjouis, les autres sont restés indifférents ou ont murmuré dans leur coin.

Il y a eu ensuite les vives critiques autour de l’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem. Là encore, beaucoup y ont vu un nouvel obstacle à la paix — encore que Donald Trump dans son discours à ce propos n’avait fait qu’entériner une décision du Congrès américain dans les années 90. Il précisait même que ce déménagement de l’ambassade américaine à « Jérusalem-Ouest » ne préjugeait pas de l’éventualité d’une reconnaissance ultérieure de « Jérusalem-Est » comme capitale d’un futur État palestinien. C’est tout dire. Le Président américain donne souvent le flan à la critique, mais il reste très pragmatique et il pourrait surprendre les plus sceptiques. En réalité, il est à craindre que finalement, beaucoup ne veuillent pas reconnaître du tout Jérusalem comme capitale d’Israël ; que ce soit à l’ouest comme à l’Est de la ville.

Enfin, et presque simultanément, les médias ont relié la décision américaine aux « manifestations pacifiques » organisées par une pseudo « société civile » de Gaza. De curieuses « manifestions pacifiques » qui se sont soldées ce même jour par une soixantaine de morts et de très nombreux blessés. Le Hamas avait bien entendu invité les chaines de télévision du monde entier à venir filmer les « massacres » annoncés de civils simplement désireux de revenir sur leurs terres dont ils affirment avoir été dépossédés il y a 70 ans.

Et déjà, tel un tsunami, la vague a déferlé et entraîné tout sur son passage, la plupart n’ayant pas résisté au courant. Les médias français et européens ont répondu unanimement et en écho au discours des dirigeants politiques, notamment chez nous en France. Il s’agit d’une rhétorique à présent bien rodée qui vise à systématiquement biaiser l’information, pour ne pas dire carrément distiller le mensonge directement ou par omission.

Enfin quoi, peut-on imaginer une télévision « autorisée » par le Hamas — même si elle se nomme TF1 — pouvoir dire ce qu’elle veut sans restriction ? C’est ainsi que, dernièrement, dans un reportage de la chaine en question, la journaliste se retrouvait casquée et avec un gilet pare-balles, comme en Syrie ou en zone de guerre, en train de rapporter ce qui se passait. Elle était bien la seule habillée pour la circonstance donnant le ton et l’ambiance au milieu d’une foule de femmes et d’enfants à plusieurs centaines de mètres de la frontière. Craignait-elle pour sa vie ? Sans doute pas, là où elle se trouvait, mais l’image parlait d’elle-même.

Car enfin, n’est-il pas une réalité plus que démontrée que le Hamas — organisation terroriste qui a pour seule vocation déclarée l’éradication des Juifs — a préparé depuis des semaines cette pseudo « manifestation pacifique » ? Celui-ci dispose d’un budget de plusieurs millions de dollars pour financer à hauteur de 3000 $ et plus les familles d’une personne tuée sur la barrière de sécurité ; plusieurs centaines de dollars pour une personne blessée. J’ajoute que les médias ont été conviés explicitement pour ne montrer que ce que le Hamas veut bien laisser filmer. Les femmes et les enfants ont été poussés vers l’avant avec des terroristes armés — je dis bien armés — se mêlant à la foule. Des militants munis de pinces coupantes et d’explosifs devaient s’approcher pour créer des brèches dans la barrière et ouvrir le passage à la foule déchainée qui envahirait le territoire israélien. Les « manifestants pacifiques » munis de cocktails explosifs et incendiaires se sont donc approchés de la barrière de sécurité. Des enfants ont même été envoyés avec des cerfs-volants munis d’engins incendiaires dans l’espoir qu’ils retombent sur les soldats israéliens ou dans des champs alentours pour provoquer des dégâts. Et j’arrête là l’énumération des réalités « cachées » ou que nos dirigeants ne veulent pas voir. Le Hamas reconnaît lui-même que plus de cinquante des personnes tuées (sur 62) ce lundi étaient des militants de l’organisation terroriste.

Accusera-t-on les soldats israéliens de réaction « disproportionnée » sans suggérer d’autres solutions ?… Si la barrière de sécurité avait été forcée et qu’une foule avait envahi les villages israéliens alentour. Le nombre de morts aurait sans doute été nettement plus élevé, avec sans doute aussi des Juifs tués par des « manifestants pacifiques ». Les critiques auraient-elles été alors les mêmes à l’encontre des soldats israéliens ? Et la première d’entre elles n’aurait-elle pas été de ne pas avoir préservé la souveraineté d’Israël sur son territoire et protégé les citoyens israéliens ?

Les raisons de cette pseudo « manifestation » ne sont pas la contestation de Jérusalem comme capitale ou l’anniversaire de la création d’Israël il y a 70 ans (une « catastrophe » pour les Palestiniens). Elles sont dans la volonté de créer le chaos en manipulant une foule pétrie de haine depuis des années et que la cupidité amène à livrer ses propres enfants à la mort. Où est la condamnation d’une telle réalité relative au Hamas et la situation de ces derniers jours ?

La vague a déferlé sans que personne s’en offusque. Israël est blâmé ? Qui s’en soucie ? Les Juifs sont montrés du doigt ? Qu’importe, cela donne du grain à moudre aux islamistes de tout poil qui n’attendent cependant pas ce genre d’arguments pour tenter d’orienter leurs couteaux sur la gorge des Juifs, même dans notre pays. La lame de fond est telle que même les chrétiens n’osent plus s’exprimer. Ces derniers préfèrent-ils le silence et l’indifférence, entraînés dans le sillage de celles et ceux qui aboient contre la communauté juive jugée trop « loyale » à sa famille et pas assez à la communauté nationale une et indivisible ?

Il y en a heureusement quelques-uns qui tentent de remonter le courant et ils sont vraiment méritants. Mais qui les entendra dans le brouhaha ambiant ?

Car le courant est devenu tel qu’il est devenu très difficile de le remonter. Certains déploient des efforts surhumains pour y parvenir. D’autres, je le crains, vont se noyer.

1 commentaire sur “OSER AVANCER À CONTRE-COURANT ! (17 mai 2018)”

  1. rutherena dit :

    Romains 3:7 Ils (palestiniens) n’ont point connu le chemin de la paix car la crainte du vrai Dieu, l’Eternel n’est point devant leurs yeux.

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ATHIA Guy

Directeur des publications du Berger d’Israël.

Vice-président de Beit Sar Shalom.

Conférencier et enseignant.

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