Le Messie Ben Yossef (BI 573)

Qui ne connaît pas Joseph ?… Vous savez, l’un des fils de Jacob ?… Lui-même fils d’Isaac, et petit-fils d’Abraham ?… On disait de lui que c’était un jeune homme sans histoire, enfin, si on excepte qu’il était avant tout un « fils à papa », toujours en train de rapporter les mauvais coups de ses frères. En plus, il devait passer son temps à rêvasser, au point de raconter autour de lui ses rêves étranges qui le faisaient mousser devant toute la famille. C’est certain, une histoire comme la sienne ne pouvait que mal commencer et mal se finir. Et pourtant ! Ce que l’on retiendra avant tout de cette épopée, c’est cette parole incroyable de Joseph adressée à ses frères à la fin de notre récit de la Torah, en Genèse 50 :19-21 :

19Joseph leur dit: Soyez sans crainte; car suis-je à la place de Dieu? 20Vous aviez médité de me faire du mal: Dieu l’a changé en bien, pour accomplir ce qui arrive aujourd’hui, pour sauver la vie à un peuple nombreux. 21Soyez donc sans crainte; je vous entretiendrai, vous et vos enfants. Et il les consola, en parlant à leur cœur.

Quelques millénaires plus tard, mon vœu le plus cher est que les paroles du patriarche Joseph continuent à parler à nos cœurs, et en premier lieu à nous descendants d’Israël.

Joseph est quasiment le personnage principal des chapitres 37 à 50 du livre de la Genèse – soit un quart du livre. Il serait donc étonnant qu’au-delà de ses aventures extraordinaires, en général bien connues, Joseph n’ait pas un message particulier à nous transmettre au sujet du profil du Messie.

Les sages d’Israël l’ont d’ailleurs rapidement compris. Très tôt, Joseph est devenu un personnage central dans le messianisme juif. A tel point qu’on l’a considéré comme étant par excellence un modèle typologique du messie à venir. La lecture du récit rocambolesque de ses aventures se doit donc d’être partagée entre leçons éthiques et indices prophétiques relatives au Messie qui vient.

A ce stade, il convient de rappeler ce que les rabbanim sous-entendaient par « espérance messianique ». Celle-ci, quoique fondamentale dans la vie juive depuis des millénaires, n’a trouvé véritablement d’essor et d’expression concrète dans la vie cultuelle et culturelle du peuple d’Israël, qu’au moment de la destruction du premier Temple et de l’exil babylonien.

Dans ce contexte singulier, une frange importante du Judaïsme de cette époque a alors forgé des principes et un enseignement sur le Messie qui seront plus tard fortement présents à l’esprit des contemporains de Yéchoua’.

C’est ainsi que beaucoup de Juifs, notamment au premier siècle, pensaient qu’il fallait attendre non pas un, mais deux Messies :

Le premier était supposé être un Messie qui devait porter les souffrances du peuple et finalement mourir. On l’a appelé le Messie souffrant, ou encore le serviteur souffrant. Celui-ci devait être de la lignée du patriarche Joseph, d’où l’appellation Ben Yossef – « fils de Joseph ». On surnomme Joseph par ailleurs : « Yossef hatsadik ». Ce qui signifie Joseph le Juste.

Le deuxième devait être un Messie libérateur et glorieux, un chef militaire qui allait détruire les ennemis de Dieu et amener la rédemption du peuple d’Israël. Celui-ci devait être de la lignée du grand roi David, le modèle par excellence de libérateur, ce conformément à d’autres prophéties.

D’autres ont pensé qu’il ne pouvait y avoir qu’un seul Messie dont le profil – « souffrant » ou « glorieux » – serait déterminé en fonction de la fidélité ou les mérites du peuple d’Israël dans l’histoire au moment de son avènement. Une incertitude et une hypothèse qui toutefois ne reposent que sur l’apparente difficulté à concilier ces deux images « opposées ». Mais rien dans l’Écriture ne permet de conditionner le profil du Messie à la « fidélité » supposée du peuple d’Israël aux commandements de Dieu contenus dans la Torah.

D’autres encore ont suggéré que le Messie pouvait apparaître à deux reprises, à deux moments différents et dans une relation au peuple fort différente à chaque fois. Peut-être bien que justement, le récit de Joseph, modèle admis du Messie « souffrant » – quoique terminant cependant sa vie de manière glorieuse – a quelques indices à nous donner de l’avènement du Messie qui vient.

Pour l’heure, le judaïsme a donc développé un premier concept qui a été celui d’un Machiah’ Ben Yossef, le Messie fils de Joseph. Puis un second s’y est ajouté, celui du Machiah’ Ben David, le Messie Fils de David. Quoique l’on en pense aujourd’hui, il convient de garder à l’esprit que très tôt, il est apparu clairement pour les Juifs qu’il fallait lire l’histoire de Joseph au travers du prisme du concept du messie souffrant.

On pourra regretter que les commentaires juifs actuels de la Torah ne mettent pas tant d’accent sur ce point, privilégiant les aspects éthiques de cette histoire. De leur côté, les Chrétiens n’ont fait qu’emboiter le pas des commentateurs juifs et en général suivent la même approche en l’appliquant toutefois à un seul Messie en Yéchoua’. Voyons à présent un premier texte.

Genèse 37.1-11

Jacob demeura dans le pays de Canaan, où avait séjourné son père. 2Voici la postérité de Jacob. Joseph, âgé de dix-sept ans, faisait paître le troupeau avec ses frères; cet enfant était auprès des fils de Bilha et des fils de Zilpa, femmes de son père. Et Joseph rapportait à leur père leurs mauvais propos. 3Israël aimait Joseph plus que tous ses autres fils, parce qu’il l’avait eu dans sa vieillesse; et il lui fit une tunique de plusieurs couleurs. 4Ses frères virent que leur père l’aimait plus qu’eux tous, et ils le prirent en haine. Ils ne pouvaient lui parler avec amitié.

5Joseph eut un songe, et il le raconta à ses frères, qui le haïrent encore davantage. 6Il leur dit: Écoutez donc ce songe que j’ai eu! 7Nous étions à lier des gerbes au milieu des champs; et voici, ma gerbe se leva et se tint debout, et vos gerbes l’entourèrent et se prosternèrent devant elle. 8Ses frères lui dirent: Est-ce que tu règneras sur nous? est-ce que tu nous gouverneras? Et ils le haïrent encore davantage, à cause de ses songes et à cause de ses paroles. 9Il eut encore un autre songe, et il le raconta à ses frères. Il dit: J’ai eu encore un songe! Et voici, le soleil, la lune et onze étoiles se prosternaient devant moi. 10Il le raconta à son père et à ses frères. Son père le réprimanda, et lui dit: Que signifie ce songe que tu as eu? Faut-il que nous venions, moi, ta mère et tes frères, nous prosterner en terre devant toi? 11Ses frères eurent de l’envie contre lui, mais son père garda le souvenir de ces choses.

Ce passage de la Torah nous présente Joseph, dès son plus jeune âge, en conflit avec ses frères. Son caractère, sans être foncièrement négatif, n’est pas non plus décrit de manière très positive. L’éthique finalement peu rayonnante du personnage, dans sa jeunesse, a troublé plus d’un rabbin, tant en général on admet peu qu’un héros biblique, qui plus est modèle messianique, ait de tels défauts.

Mais on pourrait en dire tout autant du roi David et de bien d’autres dont les erreurs sont plus manifestes. L’enseignement éthique dans les situations décrites n’empêchent pas de discerner les contours du profil d’un messie encore flou à ce stade du récit.

Joseph fait donc preuve à l’évidence d’une certaine naïveté en rapportant les mauvais penchants de ses frères ou en leur racontant ses rêves aux interprétations trop claires pour être ignorées. Ne pouvait-il pas supposer que cela attiserait leur haine à son égard ?

Joseph a 17 ans, mais il est dit qu’il est un jeune garçon – en hébreu Na’ar. Or la valeur numérique de « garçon » (en guématrie) est la même que l’adjectif « sot » (en hébreu shoté).

On pourrait comprendre qu’ainsi Joseph était en quelque sorte sans doute un peu immature et qu’il rapportait les mauvais propos de ses frères avec une certaine naïveté, sans trop se rendre compte des conséquences de ses agissements.

La médisance de Joseph, pour peu qu’elle soit naïve, souligne aussi les agissements coupables de ses frères, à l’insu de leur père. La tradition juive évoque dans ce cadre le fait que les frères de Joseph avaient pu manger de la viande avec son sang ou encore lorgner avec envie sur les filles du pays.

C’est du reste ce que peut suggérer le comportement de Juda dans l’épisode avec la fille de Choua et Tamar au chapitre 38.

Décidément, cette famille est loin d’être parfaite. Il y a toujours des rivalités, des querelles et Jacob, le père, ne se présente pas comme le meilleur des pédagogues.

Il nous est rapporté qu’Israël aimait Joseph plus que tous ses autres fils, parce qu’il l’avait eu dans sa vieillesse. Il lui avait donc fait faire sur mesure une tunique multicolore.

Voilà certainement un comportement et une initiative qui ne sont pas à imiter. Non seulement Joseph rapporte les mauvais propos de ses frères, mais il est en plus le préféré de son père aux yeux de tous. On devine, sans être prophète, l’issue probable de ce genre de situation.

Imaginez donc l’un des plus jeunes de la famille – qui avait peut-être entre 10 et 15 ans de différence d’âge avec ses différents frères – être le préféré affiché de papa, celui qui rapporte toutes les bêtises de ses frères et qui est en plus un garçon naïf au point de raconter ses rêves. Vraiment ! C’est plutôt déconcertant.

Mais peut-on vraiment en faire le reproche à Jacob ?… Ne vient-il pas de perdre sa femme Rachel sur le chemin du retour, là encore son épouse préférée, alors qu’elle vient d’accoucher de Benjamin.

Jacob qui, une bonne partie de sa vie, a été un fin calculateur et qui a su tromper parfois avec audace son frère, puis son père, puis sans doute aussi son beau-frère (non sans avoir été aussi abusé il est vrai), a beaucoup appris de ses pérégrinations.

Son expérience avec Dieu lors de son retour en Canaan l’a conduit à changer profondément d’attitude. Sur ses vieux jours, il est – mais s’en rend-t-il compte seulement ? – abusé par ses propres fils qui agissent mal derrière son dos.

Alors ne jetons pas trop vite la pierre à propos des faiblesses éducatives de Jacob.

Israël avait donc fait faire une tunique multicolore pour son fils et ce dernier en était sûrement très fier. (Genèse 37 :3)

Joseph, sans doute encore jeune et affecté par la mort de sa mère, s’est consolé peut-être en portant cette tunique qui, selon la tradition juive, avait été faite à partir de la robe nuptiale que Jacob avait offerte à Rachel lors de leurs noces. Plus qu’un vêtement, la tunique représente beaucoup du lien existant entre le père et le fils.

Sur un plan prophétique cette fois-ci, cette tunique multicolore représentait un symbole d’autorité, voir de royauté. Ce qui n’a pas manqué d’exciter la jalousie des frères de Joseph.

Le Psaume 22, au verset 19, évoque de manière toute particulière cette tunique tirée au sort, celle la même du Messie évoqué dans ce Psaume messianique.

Eux, ils observent, ils me regardent; 19Ils se partagent mes vêtements, Ils tirent au sort ma tunique.

Comment ne pas relier la tunique de Joseph, celle du Messie souffrant, avec celle en même temps du roi, revêtu d’autorité ?…

Ce passage sur la tunique, et dans ce contexte, est certainement de nature à nous faire rejoindre en une seule et même personne le Messie souffrant et le Messie glorieux, le Messie fils de Joseph et le Messie fils de David, le roi serviteur, dépouillé de sa tunique et méprisé par ses frères.

Vient ensuite le premier songe au verset 7.

7Nous étions à lier des gerbes au milieu des champs; et voici, ma gerbe se leva et se tint debout, et vos gerbes l’entourèrent et se prosternèrent devant elle.

Le rêve se répète sous une forme un peu différente et même enrichie comme pour souligner l’importance du message. On retrouvera d’ailleurs cette même répétition dans le rêve du Pharaon plus tard.

9Il eut encore un autre songe, et il le raconta à ses frères. Il dit: J’ai eu encore un songe! Et voici, le soleil, la lune et onze étoiles se prosternaient devant moi. 10Il le raconta à son père et à ses frères. Son père le réprimanda…

Bien entendu, il n’est pas bien malin de la part de Joseph de venir raconter de tels rêves à ses frères et même à son père. C’est donc avec justesse que, pour une fois, Jacob réprimande son fils. La situation, on le sent bien, ne va pas tarder à devenir explosive et Joseph va en faire les frais.

Mais ici, le récit biblique ne relate pas les rêves de Joseph pour souligner sa maladresse. C’est bien les rêves eux-mêmes qui ont de l’importance.

Quand on pense aux songes, bien plus tard, du roi de Perse ou de Néboukadnetsar, leur interprétation semblait plutôt obscure, difficile à saisir, sauf à posséder comme nous un certain recul de l’histoire.

Pour les rêves de Joseph, nul besoin de longtemps réfléchir pour les comprendre. Si Joseph s’était amusé à les raconter aujourd’hui, on aurait pu avoir un sourire attendrissant pour ce garçon un peu niais.

Son père, Jacob, conservera toutefois le souvenir de ces évènements. N’avait-il pas eu lui-même bien des révélations de cette manière ?… Peut-être s’interroge-t-il en lui-même sur le sens à donner aux rêves de son fils.

Joseph ne donne donc aucune explication ou interprétation de ses rêves. Il les raconte un peu béatement sans se rendre compte peut-être du ridicule dans lequel il se place.

Formellement, la situation du premier rêve se réalisera plus tard lors des rencontres des frères de Joseph en Égypte (Genèse 42 et 43). En effet, les 11 frères vont voir la face de Joseph et se prosterner devant lui, mais sans le reconnaître.

Ne faudrait-il pas y voir prophétiquement le Messie souffrant qui lors de sa venue ne sera pas reconnu par les siens ?… Comme le rapporte l’évangéliste Jean (1 :9-11):

Cette lumière était la véritable lumière, qui, en venant dans le monde, éclaire tout homme. 10Elle était dans le monde, et le monde a été fait par elle, et le monde ne l’a point connue. 11Elle est venue chez les siens, et les siens ne l’ont point reçue.

En ce qui concerne le deuxième rêve, qui comprend en plus le soleil et la lune – à savoir le père et le mère de Joseph – nous pouvons nous interroger sur la façon dont les frères de Joseph, mais aussi Jacob et surtout Rachel, la mère de Joseph déjà décédée, peuvent se prosterner devant Joseph ?…

Bien sûr, quand Jacob descendra en Égypte, il ne manquera pas de se prosterner avec toute sa famille devant Joseph devenu le 1ier intendant de tout le pays.

Certains ont avancé que Jacob faisait en fait allusion non à Rachel (sa mère décédée), mais à Léa, sa belle-mère.

Ce n’est là qu’une hypothèse. Le texte en hébreu a bien la « mère » et non la « belle-mère ». Par ailleurs, Léa est décédée en Canaan et ne fait pas partie du voyage avec Jacob. Elle n’a donc jamais revue Joseph.

Il est donc probable qu’il y a là une allusion prophétique à toute la famille d’Israël, Rachel comprise – pour le moins après la résurrection – qui se prosternera devant le prince Messie.

Genèse 37 :18 :

Ils le virent de loin; et, avant qu’il fût près d’eux, ils complotèrent de le faire mourir. 19Ils se dirent l’un à l’autre: Voici le faiseur de songes qui arrive. 20Venez maintenant, tuons-le, et jetons-le dans une des citernes; nous dirons qu’une bête féroce l’a dévoré, et nous verrons ce que deviendront ses songes.

C’est maintenant que s’établit le plan terrible qui vise à éliminer Joseph. Les frères n’ont aucune indulgence pour Joseph et son jeune âge ou son caractère benêt. Mais ce qui est sous-jacent à leur projet, c’est leur refus d’accepter un quelconque crédit prophétique aux rêves de leur petit frère.

Ils échafaudent un plan pour tromper leur père et faire passer Joseph pour mort. Ils ne portent pas atteinte ainsi uniquement à la vie de Joseph, mais ils mentent odieusement et délibérément à leur père.

Rachi et quelques autres commentateurs juifs estiment que Joseph est puni pour ses médisances et ses calomnies racontées sur ses frères. En fait, rien ne vient confirmer dans le texte une telle hypothèse qui servirait d’alibi aux frères.

Chacun des patriarches a été confronté à sa manière au problème de la transmission de sa foi et de l’Alliance. Jacob n’échappe pas à la règle et voit la situation peu à peu lui échapper et ses fils s’écarter de la voie juste. Sans doute compte-t-il sur Joseph pour assurer la pérennité de l’Alliance après lui.

Toujours est-il qu’à mon sens Joseph n’est pas ici « puni » pour sa médisance. La suite du récit témoigne bien que toute cette aventure a un sens prophétique et même constitue le moyen de rédemption donné par Dieu pour tout Israël. En effet, dans Genèse 45 :5, Joseph révèle à ses frères que c’est pour leur Salut que tous ces évènements sont arrivés.

Genèse 37 :23 Lorsque Joseph fut arrivé auprès de ses frères, ils le dépouillèrent de sa tunique, de la tunique de plusieurs couleurs, qu’il avait sur lui. 24Ils le prirent, et le jetèrent dans la citerne. Cette citerne était vide; il n’y avait point d’eau.

Selon certains commentaires juifs, Joseph passe trois jours et trois nuits dans la citerne avant d’être sorti et vendu aux caravaniers.

Les chiffres ici peuvent paraître opportunistes, mais dans la bouche des commentateurs de la Torah, tout à un sens plus ou moins voilé. Ces commentaires pour la plupart datent de bien avant l’avènement de Yéchoua’.

Partout où l’expression « trois jours », voire « trois nuits » est précisée, le sens prophétique du passage est rarement mis en doute.

On peut donc estimer que le séjour de Joseph dans les profondeurs de la citerne (à priori sous terre), constitue en quelque sorte une « mort » symbolique qui annonce la mort du Messie souffrant.

Mais ce n’est pas terminé.

Genèse 37 :26 : Alors Juda dit à ses frères: Que gagnerons-nous à tuer notre frère et à cacher son sang? 27Venez, vendons-le aux Ismaélites, et ne mettons pas la main sur lui, car il est notre frère, notre chair. Et ses frères l’écoutèrent. 28Au passage des marchands madianites, ils tirèrent et firent remonter Joseph hors de la citerne; et ils le vendirent pour vingt sicles d’argent aux Ismaélites, qui l’emmenèrent en Égypte.

Joseph est vendu au prix de 20 pièces d’argent (une somme assez dérisoire; un esclave coûtait plus «cher»), ce qui correspond à 5 shekels, le prix du rachat du premier né de toute famille israélite, selon la Loi de Moïse (Nb.3 :47).

Si on considère l’origine du rachat du premier né de chaque famille israélite, au moment de la Pâque, on peut considérer le prix indiqué comme celui d’une rançon pour la vie.

Genèse 37 :31 : Ils prirent alors la tunique de Joseph; et, ayant tué un bouc, ils plongèrent la tunique dans le sang.

Ce bouc ou cet agneau sacrifié par les frères de Joseph pour en imbiber la tunique multicolore est en quelque sorte, pour le Midrash, l’enseignement rabbinique, une réminiscence du sacrifice d’Isaac. Le bouc se substitue à Joseph, comme dans le cas d’Isaac.

Par ailleurs, pour les rabbins, ce même sacrifice de substitution se retrouve dans la Loi elle-même et le Michcan avec l’offrande quotidienne d’un agneau en sacrifice d’expiation.

Il devient évident que l’archétype du Messie incarné par Joseph sous-entend que le Messie doit mourir comme le bouc ou l’agneau en sacrifice d’expiation pour les péchés.

Genèse 37 :32 : Ils envoyèrent à leur père la tunique de plusieurs couleurs, en lui faisant dire: Voici ce que nous avons trouvé! reconnais si c’est la tunique de ton fils, ou non. 33Jacob la reconnut, et dit: C’est la tunique de mon fils! une bête féroce l’a dévoré! Joseph a été mis en pièces !

On ne sait pas vraiment si ce sont les fils de Jacob ou Jacob lui-même qui suggère que Joseph ait été dévoré par une bête féroce. Le mensonge est monstrueux et va dès cet instant travailler la conscience de chacun des frères de Joseph jusqu’à leur revirement complet, bien plus tard.

Selon la tradition, Jacob apprend la « mort » de son fils Joseph le 10 du mois de Tichri, ce qui correspond dans le calendrier hébraïque à Yom Kippour, c’est-à-dire au jour des expiations. Ce jour là, le souverain sacrificateur entrait dans le lieu Très-Saint pour offrir, en ce jour unique, le sang des boucs pour l’expiation de tout le peuple.

Cette dernière référence midrashique renforce encore plus la valeur du sacrifice substitutif et expiatoire de Joseph, précurseur du Messie à venir.

Assurément, le récit de Joseph a une portée prophétique qui n’a laissé indifférent ni les rabbanim à travers l’histoire, ni les premiers disciples de Yéchoua’. Il résonnait comme une évidence que le Machiah’ Ben Yossef ne pouvait être que Yéchoua’ lui-même. Difficile à croire ?… Prenez la peine de chercher… et vous le découvrirez.

Guy ATHIA

Vous aimerez aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

ATHIA Guy

Directeur des publications du Berger d’Israël.

Vice-président de Beit Sar Shalom.

Conférencier et enseignant.

Les articles les + lus