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« L’Éternel pardonne ton péché, tu ne mourras point. Mais… le fils qui t’est né mourra. »

Il y a quelques fois des situations qui nous dépassent tellement, que nous en restons muets, comme prostré devant un problème insoluble, incapables d’aligner un seul argument avec le Seigneur. C’est ainsi qu’il nous est parfois difficile de donner du sens à la souffrance des autres, de nous-mêmes, voire du Messie lui-même.

La colère peut aussi survenir devant ce qui nous apparaît manifestement injuste de la part de Dieu, dans ses exigences, et surtout dans ses jugements.

Que répondre à Dieu ?… Aux hommes ?… À soi-même ?…

Dieu, semble-t-il, ne donne pas toujours de réponse à toutes nos questions. Il ne satisfait pas systématiquement notre curiosité chaque fois qu’elle s’exprime avec plus ou moins de pertinence.

Si Dieu ne donne pas a priori de réponse à toutes nos questions, cela ne signifie pas qu’il ne nous écoute pas ou que nos paroles l’indiffèrent. Le prophète Isaïe (55.8-9) nous éclaire un peu sur le fond du problème : « Car mes pensées ne sont pas vos pensées, Et vos voies ne sont pas mes voies, Dit l’Éternel. 9Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, Autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies, Et mes pensées au-dessus de vos pensées.1 »

Il y a comme un fossé, un véritable gouffre, une distance considérable entre la pensée de l’Homme et la pensée de Dieu. Notre lecture du monde et de notre environnement est par nature très éloignée des intentions et de la sagesse divines. Devons-nous alors nous résigner et ruminer devant tant d’impuissance à comprendre qui est Dieu et les contours de son plan pour nous ?…

En réalité, tandis que la majorité des hommes s’efforcent vainement en tâtonnant de comprendre la volonté de Dieu, le Seigneur a pris l’initiative de lui-même de s’approcher des hommes et de leur parler, ce avec une efficacité inégalée et surtout insoupçonnée. En effet, le prophète poursuit ainsi (55.10-11) : « 10Comme la pluie et la neige descendent des cieux, Et n’y retournent pas Sans avoir arrosé, fécondé la terre, et fait germer les plantes, Sans avoir donné de la semence au semeur Et du pain à celui qui mange, 11Ainsi en est-il de ma parole, qui sort de ma bouche : Elle ne retourne point à moi sans effet, Sans avoir exécuté ma volonté Et accompli mes desseins. »

En d’autres termes, Dieu n’est pas resté muet, mais il a parlé au travers des âges à des hommes comme nous qui nous ont laissé en héritage « Sa Parole », la Bible.

Elle est comme une ondée rafraichissante. Elle arrose. Elle féconde. Elle fait germer. Elle nourrit. Elle porte du fruit. Elle donne du sens à ce qui à vue humaine n’est que chaos et confusion. Plus encore, elle donne une direction, une perspective à ce qui n’en a pas.

Parmi les questions posées par nos contemporains, le problème du mal, de son origine et surtout de la manière de le combattre reste entier. À l’heure où je rédige ses lignes, je songe au peuple d’Israël plongé dans l’incertitude récurrente à propos de son salut. En effet, de Roch Hachana à Kippour, selon la tradition, les Livres restent ouverts ; la main de Dieu est comme suspendue pour inscrire tel ou tel parmi les « justes », les « réprouvés » ou encore ceux qui doivent « faire leurs preuves ». Une décision divine qui serait pesée en fonction de nos mérites et de nos prières. Ce peut-il vraiment que nos paroles de repentir en ces dix jours « redoutables » puissent infléchir le jugement de Dieu ?… C’est un peu comme si le sort d’un élève se jouait au comportement de celui-ci dans les quelques jours précédents un conseil de classe. Loin de là. Dieu ne tient pas une « comptabilité » de nos mérites ou de nos fautes dans la recherche d’un équilibre délicat et hautement incertain. À vrai dire, nul besoin d’une balance pour déterminer ce qui pèserait le plus lourd. Le prophète fait bien de rappeler que les pensées de Dieu sont très éloignées de celles des hommes, largement au-dessus d’elles. Dans les Écritures, la notion de mérite est, dans l’immense majorité des cas, associée au jugement dont les hommes sont trouvés systématiquement dignes. La Torah enseigne certes le besoin d’équilibre et de compensation dès lors qu’il y a transgression d’un commandement par un homme vis-à-vis de son prochain. Mais le péché, le mal commis intrinsèquement pour toute faute, n’est réparé que par le sang versé (Hébreux 9.22 /Exode 24 : « 22Et presque tout, d’après la loi, est purifié avec du sang, et sans effusion de sang il n’y a pas de pardon. »). L’alliance elle-même, conclue au Sinaï, ne l’a pas été sans l’aspersion du sang versé.

Le repentir est bien entendu un préalable à la « réparation », mais il ne constitue pas en lui-même LA « réparation ». La faute doit être « couverte », effacée par le sang du sacrifice.

L’origine du mal est peut-être une question à laquelle il sera difficile de répondre, mais il ne fait aucun doute que le mal règne partout au milieu des hommes et dans celui-ci par nature. Il n’est aucun homme qui recherche naturellement le bien. Tous cherchent le mal. David l’affirme sans ambiguïté (Paume 51.9 : « 7Voici, je suis né dans l’iniquité, Et ma mère m’a conçu dans le péché. »).

Ce mal qui gangrène l’être humain n’est pas « réparable » par la seule vertu de ce qui est plongé naturellement dans le péché. La solution doit donc venir d’ailleurs, de ce qui est pur et sans péché. C’est par la mort de l’innocent que le péché sera expié.

J’imagine déjà les lecteurs outrés et choqués par ce que je viens d’affirmer. N’est-ce pas au coupable de payer pour ses fautes ?… N’est-il pas injuste que l’innocent meure pour l’injuste ?… Sans aucun doute et la justice de Dieu ne tient pas le coupable pour innocent. Il en est ainsi depuis toujours, depuis la « faute » du premier couple humain. Mais il a fallu que Dieu lui-même fasse périr un animal innocent pour couvrir de sa peau, la honte du péché d’Adam et Ève (Genèse 3.21). Aurait-il pu en être autrement ?… N’y avait-il pas d’autre solution ?… Oui ! La mort du coupable. Mais, Dieu dans sa grâce veut que l’Homme vive et ne meurt pas, parce qu’il aime les hommes et les femmes qu’il a créés à son image (Genèse 1.27).

Alors bien entendu, il y a là un mystère qui nous échappe.

La Bible semble évoquer des histoires aux issues fort différentes. Certains sont restés fidèles à Dieu, ou pour le moins sont revenus à Lui. D’autres au contraire se sont coupés volontairement de leur créateur et ont connu un jugement terrible de la part du Seigneur. Comment donc Dieu juge-t-il les hommes ?… Pourquoi use-t-il en apparence de patience pour les uns et pas pour les autres ?… Dieu n’est-il pas injuste en faisant grâce aux uns et pas aux autres ?… Si nos mérites sont trouvés trop légers au regard de Dieu, comment nous acceptera-t-il ?… Comment nous déclarera-t-il « juste » devant lui  et nous inscrira-t-il dans son Saint Livre ?… Car il ne fait aucun doute que ce que redoutent tous les hommes – qu’ils le reconnaissent ou non – c’est le jugement de Dieu qui vient après la mort (Hébreux 9.27).

L’exemple du psalmiste peut nous aider. Il reconnaît que Dieu est juste dans tous ses jugements aussi ne craint-il pas de s’approcher d’un juste juge. (Psaume 51 : « O Dieu ! aie pitié de moi dans ta bonté ; Selon ta grande miséricorde, efface mes transgressions ; 4Lave-moi complètement de mon iniquité, Et purifie-moi de mon péché. 5Car je reconnais mes transgressions, Et mon péché est constamment devant moi. 6J’ai péché contre toi seul, Et j’ai fait ce qui est mal à tes yeux, En sorte que tu seras juste dans ta sentence, Sans reproche dans ton jugement. »).

David a, comme on le sait, gravement péché contre Dieu. Il a couché avec la femme de son prochain (2 Samuel 11 et 12), organisé le meurtre de son mari et couvert tout cela par des mensonges. Le récit n’est pas très long dans la Bible, mais il est aisé de comprendre que toute cette affaire s’étale sur plusieurs mois, peut-être même une année. Dans ce contexte, le péché du roi David n’est pas une mince affaire et il faut l’intervention du prophète Nathan pour amener le coupable à avouer sa faute et s’en repentir.

David se sait coupable et d’après la Loi, quand bien même il est roi, il mérite la mort. Il le sait parfaitement. Dans sa confession, il dit à Dieu toute sa faute, sans l’excuser. Il en appelle à la bonté et la grâce de Dieu. Il ne demande pas que Dieu passe simplement l’éponge, comme on le ferait pour une peccadille d’un enfant pris la main dans le pot de confiture. Il demande à Dieu « d’effacer » sa transgression, de le « laver » de sa faute, et enfin de « purifier » sa conscience de son péché. La justice divine passe ici par une action qui vient de Dieu, et uniquement de Dieu. David n’échappera à la mort que par une action divine en sa faveur.

« L’Éternel envoya Nathan vers David. Et Nathan vint à lui, et lui dit : Il y avait dans une ville deux hommes, l’un riche et l’autre pauvre. 2Le riche avait des brebis et des bœufs en très grand nombre. 3Le pauvre n’avait rien du tout qu’une petite brebis, qu’il avait achetée ; il la nourrissait, et elle grandissait chez lui avec ses enfants ; elle mangeait de son pain, buvait dans sa coupe, dormait sur son sein, et il la regardait comme sa fille. 4Un voyageur arriva chez l’homme riche. Et le riche n’a pas voulu toucher à ses brebis ou à ses bœufs, pour préparer un repas au voyageur qui était venu chez lui ; il a pris la brebis du pauvre, et l’a apprêtée pour l’homme qui était venu chez lui. 5La colère de David s’enflamma violemment contre cet homme, et il dit à Nathan : L’Éternel est vivant ! L’homme qui a fait cela mérite la mort. 6Et il rendra quatre brebis, pour avoir commis cette action et pour avoir été sans pitié. » (2 Samuel 12.1-6.)

L’histoire que Nathan raconte à David est fictive, mais elle sert en réalité de support à ce qui va suivre. David est roi. Cela signifie qu’il est aussi juge d’un certain nombre d’affaires relevant des tribunaux civils. Or, s’agissant de l’affaire présentée par le prophète, il n’hésite pas à désigner le coupable comme passible de la peine capitale. Et pourtant, il s’agissait avant tout d’un vol relevant du droit commun. La Loi indiquait que pour ce délit, il devait y avoir réparation, en l’occurrence 4 brebis pour remplacer celle volée et égorgée (Exode 21.37). Le jugement de David est donc plus sévère. On peut évidemment supposer que David juge le caractère immoral de l’affaire plus que le simple vol d’un agneau. Or sa faute à lui est autrement plus grave que celle du riche dérobant la brebis du pauvre. Son jugement en apparence disproportionné est pourtant nécessaire, car il met en relief le prix exorbitant que Dieu est prêt à payer pour sauver David.

« 7Et Nathan dit à David : Tu es cet homme-là ! Ainsi parle l’Éternel, le Dieu d’Israël : Je t’ai oint pour roi sur Israël, et je t’ai délivré de la main de Saül ; 8je t’ai mis en possession de la maison de ton maître, j’ai placé dans ton sein les femmes de ton maître, et je t’ai donné la maison d’Israël et de Juda. Et si cela eût été peu, j’y aurais encore ajouté. 9Pourquoi donc as-tu méprisé la parole de l’Éternel, en faisant ce qui est mal à ses yeux ? Tu as frappé de l’épée Urie, le Héthien ; tu as pris sa femme pour en faire ta femme, et lui, tu l’as tué par l’épée des fils d’Ammon. 10Maintenant, l’épée ne s’éloignera jamais de ta maison, parce que tu m’as méprisé, et parce que tu as pris la femme d’Urie, le Héthien, pour en faire ta femme. 11Ainsi parle l’Éternel : Voici, je vais faire sortir de ta maison le malheur contre toi, et je vais prendre sous tes yeux tes propres femmes pour les donner à un autre, qui couchera avec elles à la vue de ce soleil. 12Car tu as agi en secret ; et moi, je ferai cela en présence de tout Israël et à la face du soleil. »

La sanction divine est rude, mais elle est à la mesure de la faute du roi, une faute que Dieu qualifie de mépris de sa parole et de sa personne. Dieu va amener en définitive l’humiliation et une fin de vie pour le roi qui sera marquée par la souffrance et l’épreuve. Alors bien sûr, il y a des erreurs dont il faut assumer les conséquences toute sa vie. Et David prend sa part comme on pouvait s’y attendre. Après tout, un homme jugé coupable de meurtre ou d’un délit quelconque est condamné, quels que puissent être ses regrets. Il assumera au moins une peine de prison, une amende ou quelque autre obligation.

Mais s’agissant de David, le roi ne s’est-il pas repenti ?… N’a-t-il pas regretté sincèrement sa faute, comme en témoigne le Psaume 51 ?… Dieu ne pouvait-il pas faire une exception et « effacer » la faute du roi, sans autre conséquence ?… La justice de Dieu conduit le créateur à juger le roi David, semble-t-il, sans circonstance atténuante. Jusque-là, on aurait pu comprendre que le péché mérite punition et la culpabilité une sanction à la mesure de la faute. David en l’occurrence ne faisant pas exception. Mais il y a une dimension qui transcende le texte et dépasse la seule faute momentanée de David, aussi grave soit-elle.

David est roi d’Israël. Il est l’emblématique figure du Messie à venir, le Machia’h Ben David ; comme par ailleurs l’est Joseph, fils de Jacob, le Machia’h Ben Yossef. Tous les rabbanim reconnaissent en général le profil prophétique et messianique de ces personnages bibliques.

Le prophète Nathan, après l’énoncé des sanctions terribles qui vont toucher David, ajoute ce qui est en réalité la seule parole qui compte vraiment pour David. « 13David dit à Nathan : J’ai péché contre l’Éternel ! Et Nathan dit à David : L’Éternel pardonne ton péché, tu ne mourras point. 14 Mais, parce que tu as fait blasphémer les ennemis de l’Éternel, en commettant cette action, le fils qui t’est né mourra ».

Voilà une parole pour le moins énigmatique. Elle contient des affirmations extrêmement difficiles à saisir.

« L’Éternel pardonne ton péché, tu ne mourras point ». Il s’agit d’une courte déclaration, la plus positive de toutes les paroles du prophète, mais qui laisse le lecteur avec plus de questions que de réponses. Si l’on est rassuré pour le sort de David, on ne comprend pas la façon dont Dieu exerce sa justice. La Loi de Moché indique clairement que pour la faute de David, la condamnation à mort est la règle. La Loi de Moché est celle édictée par Dieu lui-même et transmise au conducteur d’Israël dans le désert. Sur quoi donc repose le pardon divin ?… Un sacrifice a-t-il été offert ?… Cela n’est pas mentionné et tout se passe lors d’une simple conversation entre Nathan et David. Ils ne vont à aucun moment au Temple voir le souverain sacrificateur pour régler ce différend. Comment donc l’expiation est-elle faite ?… Car on ne peut pas faire l’économie du sang versé pour « effacer » la faute. David ne fait par ailleurs aucune action à la suite de sa repentance en relation avec la parole du prophète. Le pardon est prononcé par Dieu en quelques mots et la peine de mort annulée pour lui. C’est tout simplement incompréhensible. Comment Dieu peut-il faire en apparence une telle dérogation à sa Loi ?…

Mais le verset 14 continue avec deux mentions encore plus incompréhensibles. « Tu as fait blasphémer les ennemis de l’Éternel ». En réalité, le péché de David est resté secret et il n’y a pas eu ou presque de témoins. Quels sont donc ces ennemis de l’Éternel à avoir blasphémé contre Dieu à cause de David ?… C’est là qu’il nous faut entrer dans la sphère prophétique et spirituelle de l’événement. Il y a, comme on a pu aisément le comprendre, une dimension immédiate du péché du roi et ses conséquences terribles sur la vie de David jusqu’à sa mort. Mais c’est oublier un peu vite que le péché de David n’est pas uniquement une faute tournée contre Bath-Chéba, son mari Urie et quelques autres personnes de son entourage. La faute du roi est avant tout contre Dieu lui-même et son péché vient salir le trône même de l’Éternel. David, la figure messianique duquel sera issu le Machia’h Yéchoua’, n’a pas compris la portée de sa faute d’un jour. Ici, les ennemis de l’Éternel sont bien entendu spirituels. Ils saisissent toutes les occasions pour accuser les élus de Dieu, et indirectement Dieu lui-même. C’est pourquoi les péchés commis par les hommes ne peuvent être « réparés » sur la terre par les hommes eux-mêmes.

Du l’union illicite de David et Bath-Chéba était né un enfant, un fils. Nathan annonce certes le pardon de Dieu, mais il délivre aussi une terrible sentence. Pour que David vive, il faut que son fils meure : « Et Nathan dit à David : L’Éternel pardonne ton péché, tu ne mourras point. 14 Mais, parce que tu as fait blasphémer les ennemis de l’Éternel, en commettant cette action, le fils qui t’est né mourra ».

On peut difficilement imaginer la douleur et le désarroi de David en apprenant la nouvelle. Ses prières et ses supplications n’y feront rien. L’enfant mourra quelque temps après.

On est abattu devant un tel décret. Dieu est-il devenu cruel et injuste au point de faire mourir un enfant ?… Pire encore, de faire mourir un innocent pour un coupable ?… Car c’est bien ainsi que Dieu présente les choses.

Pour David, rien ne sera plus comme avant. Un innocent est mort à sa place pour que lui vive. Combien de temps lui a-t-il fallu pour accepter le sens de la justice de Dieu ?… La Loi a finalement bel et bien été respectée. Tel l’agneau offert en sacrifice sur l’autel en lieu et place du coupable, le fils de David meurt en innocent à la place de David. Et avant même que la Loi n’ait été promulguée, il en était déjà ainsi. Abraham, mis à l’épreuve, avait été sollicité par Dieu pour offrir son fils Isaac en holocauste (Genèse 22). Abraham avait ainsi pu percevoir le prix incommensurable que Dieu paierait lui-même pour accomplir l’expiation et annoncer le pardon à David.

Tandis que nous nous interrogeons encore sur le sens à donner à ce dramatique épisode de la vie de David, il convient de faire le point sur ce que nous découvrons de l’expiation opérée par Dieu et le pardon qu’il offre, au-delà du roi, à toute l’humanité.

Premièrement, nous comprenons que le péché de David n’est pas uniquement tourné contre quelques individus de son entourage. Il est une offense grave contre Dieu. De l’aveu même de David, il mérite la mort et la Loi aurait dû le condamner sans appel à la peine capitale.

Ensuite, nous nous étonnons de ce que Dieu, dans le cas présent, n’applique pas la peine que David aurait dû encourir. La Loi elle-même semble impuissante à satisfaire la justice de Dieu, quand bien même elle en définit les contours et répond à une exigence de justice à l’échelle humaine.

Enfin, la seule justice que Dieu accepte pour épargner David est la mort d’un innocent, la mort d’un homme. Il fallait qu’un homme meure…

Une conclusion s’impose à nous tout naturellement. Le Salut de l’humanité ne viendra pas des hommes. Au-delà du message de Dieu au travers du prophète Nathan à David, il apparaît clairement que le fils de David, le Machia’h Ben David doit mourir, lui, l’innocent, pour les hommes coupables.

Inacceptable ?… C’est à coup sûr ce qu’a dû se dire le roi David en apprenant la mort de son fils à sa place.

Peut-être direz-vous alors, comme d’autres, que les voies de Dieu sont tordues, anormales ?… Le prophète Ézéchiel s’en fait l’écho et rappelle le vrai sens de la justice de Dieu que ses contemporains rejetaient.

Ézéchiel 18.25-32 : « Vous dites : La voie du Seigneur n’est pas droite. Écoutez donc, maison d’Israël ! Est-ce ma voie qui n’est pas droite ? Ne sont-ce pas plutôt vos voies qui ne sont pas droites ? »

Il ajoute : « 26Si le juste se détourne de sa justice et commet l’iniquité, et meurt pour cela, il meurt à cause de l’iniquité qu’il a commise. 27Si le méchant revient de sa méchanceté et pratique la droiture et la justice, il fera vivre son âme. 28S’il ouvre les yeux et se détourne de toutes les transgressions qu’il a commises, il vivra, il ne mourra pas. 29La maison d’Israël dit : La voie du Seigneur n’est pas droite. Est-ce ma voie qui n’est pas droite, maison d’Israël ? Ne sont-ce pas plutôt vos voies qui ne sont pas droites ? 30C’est pourquoi je vous jugerai chacun selon ses voies, maison d’Israël, dit le Seigneur, l’Éternel. Revenez et détournez-vous de toutes vos transgressions, afin que l’iniquité ne cause pas votre ruine. 31Rejetez loin de vous toutes les transgressions par lesquelles vous avez péché ; faites-vous un cœur nouveau et un esprit nouveau. Pourquoi mourriez-vous, maison d’Israël ? 32Car je ne désire pas la mort de celui qui meurt, dit le Seigneur, l’Éternel. Convertissez-vous donc, et vivez. »

Clairement, la justice d’un homme ne pèse rien dans la « balance » de Dieu le jour où il se détourne du Seigneur pour suivre la voie du péché. De même, les fautes du méchant ne sont pas un obstacle au salut de celui qui se détourne de ses mauvaises voies pour « se convertir » à Dieu. En clair, aux yeux du Seigneur, la justice des hommes ne sauve pas. C’est l’attachement du cœur de l’homme à son Dieu qui oriente ses voies.

Le prophète souligne que l’intention divine n’est pas la mort du méchant, mais sa repentance, son retour à Dieu, afin qu’il vive.

Dieu aime l’humanité, à tel point qu’il a donné celui qui lui était le plus cher, son fils, son unique (Genèse 22.2). Son sang a versé pour expier nos fautes, conformément à la Loi de Moché. Abraham l’a compris et c’est ce qui lui a permis de surmonter l’épreuve de l’Akédah (Genèse 22), convaincu que Dieu pouvait ramener à la vie son fils, celui de la promesse. David l’a appris aussi ; dans la douleur. Il a saisi qu’il ne devait le Salut qu’à l’amour inconditionnel de Dieu qui a livré son Machia’h pour rançon de sa vie. Sa souffrance a été le reflet anticipé de la souffrance de Dieu à la mort de Yéchoua’.

Le nom de David dans le Livre de vie n’a pas été effacé. Il en sera de même pour tous ceux qui auront reçu la justice qui vient de Dieu par son Messie Yéchoua’.

Un scandale ?… Une folie ?… Et si Dieu avait raison ?

Guy ATHIA

1 Version LSG.

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