Anciens numéros

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 BI 568 Éditorial : Tu diras à ton fils ! (article : La Pâque)

Dans la pensée juive, la transmission de ce que nous avons reçu à la génération suivante est une mitsva fondamentale qui est à la base même du judaïsme et donne une profondeur au sens de notre foi. C’est ainsi que la rupture de cette transmission est en quelque sorte l’essence même du péché, une séparation d’avec le Dieu créateur.

Pessa’h – la Pâque – est l’une des trois principales fêtes des Juifs, la première même dans la mesure où l’évènement qu’elle commémore – la sortie d’Egypte – est implicitement rappelé chaque semaine, le soir du Chabbat.

Ceci étant, tout dans la manière d’en parler évoque l’idée qu’il ne s’agit pas d’un souvenir ancien, une expérience étrangère appartenant à des ancêtres depuis longtemps oubliés. Pessa’h est une invitation permanente à entrer dans une démarche et une expérience personnelles de réconciliation avec Dieu. La rédemption de Dieu n’est pas entre nos mains, mais appartient au Seigneur qui est le seul auteur de notre Salut.

L’agneau pascal entre comme en écho rétro actif au sacrifice du berger qui s’est fait agneau, le Machia’h Yéchoua’.

L’homme dans tout cela, esclave de son état, sinon d’autres hommes, pour le moins de son péché, n’a qu’un mot à dire. Que dis-je ! Un cri à pousser vers son Dieu afin d’être entendu.

Quand on évoque la Shoah, il en est parmi nos contemporains qui choisissent délibérément de distiller à leurs fils le mensonge. S’ils se contentaient seulement de se taire et d’oublier de transmettre… mais ils poussent leur péché jusqu’à mentir ouvertement. A faire des victimes des coupables et des coupables d’innocentes victimes. Mais en réalité, ce sont les mêmes qui renient leur créateur et qui bafouent le Salut qui leur est offert par Yéchoua’ le Messie. L’article qu’Olivier Melnick nous propose n’a pas seulement pour objet de mettre en lumière la vanité des efforts déployés par certains à nier des réalités historiques aussi fondamentales pour notre peuple. Sa conclusion parle d’elle-même. Il s’agit de lutter contre l’indifférence du plus grand nombre qui facilite l’œuvre en sous-main de l’adversaire.

C’est sans aucune concertation particulière que finalement la seconde partie de notre étude du Psaume 34 entre en parfaite harmonie avec la thématique de ce numéro. Une invitation à l’écoute et à la confiance dans le Seigneur. Nombreux sont les maux du juste, mais de tous l’Eternel le sauve. Il protège tous ses os, pas un seul n’est brisé (Psaume 34.20 et 21).

 

BI 569 Éditorial : Apprendre ses leçons ! (article: Chavouot)

Il y a différentes manières d’apprendre ses leçons et bien des élèves, en ce moment encore, planchent sur leur Baccalauréat en espérant s’y être pris de la meilleure manière pour retenir ce qui leur est utile pour leurs examens.

Force est de constater qu’au regard de l’Histoire avec un grand « H », les hommes n’ont pas toujours bien retenu la leçon de leurs échecs. L’objectif majeur de l’ONU à sa création était de prévenir les conflits entre nations. Il apparaît comme une évidence que cela n’a pas toujours été une réussite, même si certains préfèrent voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide.

Notre calendrier est ainsi ponctué de nombreux rappels à notre souvenir, pour retenir les leçons des guerres passées, des révolutions, d’évènements religieux et même de tragédies comme la Shoah, même si de nombreux pays se refusent à en retenir, à défaut d’une leçon, même le souvenir.

Pour les Juifs comme, d’une manière différente pour les Chrétiens, la célébration de la fête de Chavouot nous projette bien-sûr dans le passé, mais aussi dans le présent et même dans l’avenir. Une fête finalement intemporelle dont il convient de découvrir et retenir les leçons.

Sous un angle différent, le psaume 29 nous met en présence de la « voix » (kol), « parole » vivante de Dieu, celle qui sera donnée au mont Sinaï et qui effraiera les israélites, mais aussi celle qui viendra s’incarner pour « marcher au milieu de nous ». Une leçon qui dépasse la subtilité du langage.

Il y a aussi hélas ceux qui refusent d’apprendre leurs leçons et qui vont même jusqu’à enseigner la « mort » comme une vertu. Et c’est dans notre pays, dans un grand musée parisien que se trouvent élevées et encouragées des valeurs contraires au respect de la vie et de la dignité humaine. Cette leçon là raisonnera forcément différemment. Une sorte de contrexemple qu’il nous faut dénoncer, mais que la jeune génération, attirée par « l’emballage » artistique, risque fort de retenir en modèle.

Enfin, permettez-moi de vous amener sur le terrain des leçons pratiques, celles que l’on retient le mieux. C’est pourquoi, le Berger d’Israël (avec l’agence Sélect Israël) propose un voyage concret dans le pays d’Israël, le pays des promesses passées et à venir, le pays des Juifs de la Bible, mais aussi des Juifs d’aujourd’hui, le pays des Evangiles où Yéchoua’ a marché (informations dans cette édition et auprès de la rédaction).

 

BI 570 Éditorial : Le début de la connaissance… (article : La vache rousse)

Le roi Salomon disait que tout commençait en définitive par la crainte de l’Eternel, que toute connaissance ne trouvait de sens que dans l’intimité avec Dieu (Proverbes 1.7). Sans doute, mais qu’il est frustrant parfois de se trouver confronter à une parole des Ecritures qui nous apparaît incompréhensible, dépourvu de sens premier. L’histoire de la vache rousse fait partie de ces énigmes bibliques à propos desquelles, bien des commentateurs – juifs et chrétiens – restent perplexes.

Faut-il en rester là, sans comprendre, comme un élève qui calerait devant un problème de mathématique ?… Loin d’avoir moi-même tout saisi des Ecritures, je pense cependant que l’une des clés indispensables pour « déverrouiller » ces ‘houqim (lois sans explications textuelles rationnelles) réside dans l’intention divine, parfois masquée, de révéler le profil, la nature et la mission du Machia’h. Une sorte de « fil rouge » qui transcende la Torah et qui relie ce qui en apparence ne semble pas pouvoir s’assembler.

Il est d’autres situations, bien réelles, et même dans notre quotidien, qui échappent à notre lecture « logique » du monde. Les guerres, les catastrophes de toutes sortes, les jeux de pouvoir, et même le conflit israélo-arabe, sont parfois des énigmes pour lesquelles les plus grands savants de ce monde semblent sans réponse. Tout se passe comme s’il était posé comme postulat que l’Homme ne peut que progresser vers un « meilleur », tandis que tout montre le contraire. L’ONU fait partie de ces pions de l’échiquier mondial qui, loin de sortir l’humanité par le haut, synthétise de plus en plus la haine universelle d’Israël et prépare le chemin de la rébellion mondiale contre Dieu. Car là encore, la clé de lecture des évènements de ce monde ne se trouve pas ici bas, mais dans le ciel.

Le Psaume 37 tente de calmer une colère bien difficile à contenir devant l’injustice qui nous entoure. Dieu ne le sait-il pas ?… Ne le voit-il pas ?… Les apparences sont cependant trompeuses. En réalité, le méchant se dessèche au premier rayon de soleil, tandis que le juste, même dans la mort, reste verdoyant. Là aussi, la clé pour saisir ce mystère est dans la crainte de l’Eternel.

Alors, c’est sûr, la connaissance enfle et nourrit l’orgueil, mais celui qui marche humblement avec Dieu se saisit pas à pas d’une sagesse qui lui permet de tout comprendre et de vivre en paix, quand bien même tout autour de lui crierait le contraire.

 

BI 571 Éditorial : L’abjection du sang versé… (article: La crise de 49…)

Quel qu’en puisse être le contexte, le sang versé est une chose qui effraye, qui rebute, qui insurge ou qui, à sa seule vue, fait même tomber dans les pommes. Il n’est aucune culture dans le monde où le sang versé laisse indifférents des hommes. Qu’il s’agisse d’un animal ou, à plus forte raison d’un être humain, tout le monde comprend que dans le sang se trouve le principe de la vie et que le sang qui s’échappe du corps est synonyme d’une vie qui s’écoule et d’une mort annoncée. C’est ainsi que le sang versé interpelle la conscience humaine et parle mieux qu’un long discours. En conséquence, pour la plupart des gens, et fort heureusement, tuer son prochain en versant son sang est chose extrêmement difficile, même si la pensée de le faire peut exister aisément.

Que d’embarras alors quand pour annoncer le Salut et la rédemption divine, il nous faut parler du sang versé par Yéchoua’ lui-même… Inévitablement, nos contemporains vont chercher une alternative à ce sang versé, qui plus est par un innocent pour des coupables. Or sans la mort constatée du Messie et de son sang versé, il n’y a pas de rédemption. Cette affirmation vous parait-elle choquante ?… Elle l’est, bien entendu. Ceci étant, le sang versé est la seule voie possible pour accomplir le rachat de nos vies, à la mesure de la gravité de toutes les transgressions commises envers Dieu. L’amour de Dieu, comme sa compassion envers nous ses créatures, prennent alors des proportions infinies, à la dimension et au poids de nos fautes.

La foi ouvre les portes du ciel et libère de l’attirance effrénée du monde et de tout ce qu’il renferme. La seconde partie du psaume 37, que nous propose Elie Goldschmidt, aborde la question de la confiance, clé d’un héritage inattendu qui dépasse les apparences. Comme le rappelle Maïmonide, l’action est ici consécutive au fait de croire. Cette dernière ne subsistant pas sans la première, mais nourrissant indiscutablement la seconde. Puisse le juste cheminer et découvrir toutes les richesses de son héritage.

Il y a des allégories qui nourrissent l’imagination et titillent notre curiosité. La « fable » du Canari, du Crocodile et de l’Aigle, proposée par Olivier Melnick, ne manquera pas d’interpeler le lecteur et de lui faire prendre conscience que la « fable » n’en est pas vraiment une, tant elle semble refléter la réalité. Mais n’est-ce pas le propre de la fable ?… Toucher du doigt une réalité que l’on refuserait de voir si on nous la racontait.

 

BI 572 Éditorial : La quête universelle d’un refuge… (article: Le Michkan et le Chabbat)

Dans le monde troublé qui est le nôtre, la quête d’un « refuge » est devenue une préoccupation majeure sinon essentielle pour nos concitoyens. Celui-ci peut prendre diverses formes : le confort matériel ou un matelas financier suffisant placé à la banque, un réseau d’amis secourables, une maison solide ou un pied à terre loin sur une île du pacifique… Il y en a même qui se préparent à se terrer au fond d’un bunker avec des réserves de vivres et autres produits divers. C’est dire si la vie ici bas est devenue incertaine et même angoissante.

Il y en a aussi d’autres qui, avec raison, voient plus loin encore et prennent le chemin du véritable Michkan – le Tabernacle dans le ciel – le seul vrai refuge où se situe la présence divine.

L’intitulé de l’article : « Le Michkan et le Chabbat » n’est pas la formule facile d’une fable tentant de rapprocher deux sujets sans aucun rapport en apparence. Il y a dans l’un comme dans l’autre les signes d’une disposition du cœur et d’un chemin qui permettent à l’homme de connaître la paix contre vent et tempête. En premier lieu, le Michkan ouvre la voie à la rencontre du témoin et du défenseur contre l’accusateur. Enfin, le Chabbat entre-ouvre les portes du ciel et détourne l’homme de l’œuvre de ses mains pour contempler l’œuvre de Salut de Dieu. Au cœur de l’un comme de l’autre, d’une manière voilée, il y a Yéchoua’ qui, par son sang, purifie l’homme pécheur. La conclusion vous semble-t-elle trop simple ? Et pourtant !… Quel autre chemin pourrait-il y avoir ?… Accessible à tous et satisfaisant pleinement la justice de Dieu ?…

Les temps de la fin fascinent autant qu’ils effrayent. L’antisémitisme eschatologique, comme aime à l’appeler Olivier Melnick, fait partie de ces signes précurseurs du jugement à venir. Pas de quoi se réjouir vraiment, sauf si le refuge qui est le nôtre est pleinement en Dieu. Sans nous préserver nécessairement de tous les coups portés par nos adversaires, le refuge en Dieu est avant tout fait de l’espérance dans le monde qui vient.

Il est aisé de se tromper en s’imaginant que le véritable refuge en Dieu consiste en une sorte de plongée de Dieu dans notre quotidien. David, dans le Psaume 27, replace son expérience en la matière dans une autre perspective. Il s’agit moins de faire entrer Dieu dans sa vie de tous les jours que d’entrer tous les jours dans le quotidien de Dieu. La nuance est grande et l’apprécier permet d’entrer dans le vrai refuge que l’on trouve en Dieu, quelles que puissent être les circonstances de nos vies.

 

BI 573 Éditorial : Le test de l’amour… entre frères ! (article: Le Messie Ben Yossef)

Nul doute que le test de l’amour pour le prochain, quel qu’il soit, juif ou non juif, est en quelque sorte l’épreuve ultime où la faillite humaine est la plus flagrante. Yéchoua’ présentait déjà l’amour entre frères comme le signe d’une vie transformée par l’amour de Dieu. Que dire alors de celui qui, dépassant le stade de l’affection fraternelle, témoigne d’un amour véritable pour son ennemi ?… On le prendra pour un fou, un illuminé, un non sens humain.

La Torah nous amène à considérer notre foi comme, par excellence, une démarche qui va à l’encontre de toute logique humaine, un contraste manifeste d’avec l’égoïsme ordinaire de ce monde. Dans la Genèse, Joseph, le fils préféré de son père et le frère le plus haï de sa famille, a relevé le défi impossible de l’amour et remporté la victoire sur la haine facile ou le désir de vengeance. Il est devenu pour tous, Juifs comme Chrétiens, le modèle du Messie souffrant et cependant victorieux par l’amour, le véritable. A la haine de ses frères, il a répondu par un amour inconditionnel. Au-delà des circonstances particulières qu’il a vécues, il a perçu l’amour constant et le pardon de Dieu pour son peuple. Même après sa mort, le modèle de sa foi et de son amour nous reste en exemple.

Juifs et Chrétiens sont depuis pratiquement le premier siècle de notre ère, et c’est peu de le dire, animés par des sentiments mutuels fort peu charitables. Entre rancune et désir de vengeance, jalousie et usurpation, les frères du Messie – dans tous les sens du terme – sont bien souvent incapables de voir, avec le cœur de Dieu, leur frère et leur prochain. Et pourtant, qu’il y ait ou non une raison valable à leur inimitié, Joseph, le modèle du Messie souffrant, leur ouvre la voie de la réconciliation et de l’amour inconditionnel.

Le vrai chemin qui rapproche les frères du Messie, c’est en définitive le Messie lui-même, Yéchoua’. Mais si l’amour du Messie peut effectivement et efficacement rapprocher Juifs et Chrétiens, il les éloigne ensemble de ce monde qui n’a que de la haine pour Dieu et ses témoins. Dans son article, qui suscitera peut-être la controverse, Olivier Melnick n’a pas son pareil pour nous rappeler que le test de l’amour est plus probant à l’heure de l’épreuve qui, il est à craindre, gagne en intensité chaque jour.

Le dernier comme le premier des psaumes est un vibrant plaidoyer pour que s’exprime sans limite la louange à Dieu. Celle-ci commence en silence dans le regard de l’homme plongée dans la Parole de la Torah. Elle aboutit comme en apothéose par l’harmonie des instruments de musique et de nos voix. D’où jaillira-t-elle sinon d’un cœur rempli de l’amour inconditionnel de Dieu ?

BI 574 Éditorial : La foi… par delà l’horizon! (article: Le’h Lé’ha)

Face à l’épreuve et aux difficultés de la vie, force est de constater que nous ne sommes pas tous égaux. Certains redoublent d’énergie, retroussent les manches et se mettent en marche. D’autres en revanche baissent les bras et s’enfoncent dans une sinistrose dont parfois ils ne se relèvent qu’avec peine. Dans un cas comme dans l’autre, en définitive, personne ne sait quand sera son dernier jour ni de quoi sera seulement faite la prochaine minute.

Les hommes et les femmes dont nous parle la Bible n’ont que rarement été épargnés par les épreuves. Leur aventure est souvent parsemée de larmes, de combats, de souffrances et de morts. Il est facile pour nous de lire leur récit à postériori, cependant, l’attitude de ceux qui marchent avec Dieu est en générale toute autre de celle de ceux que Dieu indiffère. Abram, après une vie déjà longue en Mésopotamie, a été appelé à quitter son pays pour une terre inconnue. Il a choisi de faire le pas de l’obéissance pour un avenir « meilleur », fondé sur une promesse par delà son propre horizon. Yéchoua’ connaissait dès le début l’issue de sa vie et la mission pour laquelle il était sur la terre. Il est allé jusqu’au bout considérant son appel comme au-dessus de sa propre vie, voyant le but au-delà de sa mort et même de sa résurrection.

Sans nécessairement remonter à l’antiquité, on s’aperçoit bien vite que le sens de l’histoire d’Israël dépasse de loin ce qu’un homme durant sa courte vie peut comprendre. La haine des Juifs a toujours été et ne semble pas faiblir en ce début de 21ème siècle. La réussite économique, technologique et culturelle d’Israël est indéniable, mais suffit-elle à fonder un « avenir » pour les Juifs ? Je me demande parfois si le Premier Ministre israélien et ses conseillers se posent également cette question. Beaucoup parmi les Juifs en diaspora s’inquiètent de la montée de l’antisémitisme et imaginent trouver, avec raison, un refuge en Israël. D’autres échafaudent toutes sortes de projets pour venir s’installer en Erêtz Israël, trouvant dans ce « déménagement » une grande fierté à participer à une vision prophétique. Cela dit, que ce soit par crainte ou par vocation, franchir le pas ne peut s’arrêter à ces seules considérations. Abram a appris, au fil des années et de ses épreuves, à « voir » au-delà de son propre horizon, de sa propre vie et de ses intérêts personnels. Son existence était entièrement motivée par l’espérance de faire un jour, la rencontre de son Machia’h, par delà même sa propre mort.

Le Psaume 116 commence par « j’aime le Seigneur… ». La méditation qui nous est proposée nous exhorte à faire confiance en celui qui seul est capable de nous faire dépasser les épreuves de la vie et nous faire « voir » celle-ci au-delà de notre horizon.

 

BI 575 Éditorial : Ne craignons pas de nous approcher… du Messie ! (article: Alors Juda s’approcha de Joseph…)

Qui aurait pu croire à un tel changement dans la vie des frères de Joseph ?… Il y a quelques mois (BI n°573), nous abordions les premiers épisodes de la vie mouvementée de ce patriarche. Il fut d’abord mal considéré, méprisé, puis maltraité avant d’être vendu à des étrangers.

Vingt-deux années passent et on se demande ce qui a pu amener à une telle transformation dans le cœur de ces hommes qui maintenant s’approchent de celui qui est seul à pouvoir les sauver de la famine et de la mort.

Lors de leur second voyage en Égypte, Joseph se fait reconnaître par ses frères, mais c’est Juda, celui-là même qui avait eu l’idée de le vendre, qui s’approche le premier, au nom, en quelque sorte, de tous ses frères. Dès le premier pas franchi, Joseph descend à son tour à sa rencontre. C’est en hébreu, fils de son père Israël, qu’il se fait reconnaître.

Les rabbanim ont rapidement découvert dans ce récit une allusion prophétique. Le Messie (Ben Yossef), dans un premier temps méprisé et abandonné à la mort, devient le Messie Ben David, le roi Messie de toute la terre, reconnu par des frères ayant fait une téchouva inimaginable.

Plus que tout, le récit de Joseph nous place devant deux attitudes possibles : la première est celle du mépris du Messie dont on ne veut pas entendre les cris de souffrance et d’agonie ; la seconde est celle qui consiste à s’approcher du Messie en toute humilité. Il nous tend la main et descend vers nous, pour notre Salut. A l’instar de Juda, ne craignons pas de nous approcher… du Messie Yéchoua’, notre frère juif !

Dans cette édition, Olivier Melnick, nous amène à mettre clairement en lumière les mensonges les plus flagrants relatifs, en l’occurrence, à l’appellation « Palestine » et ce qui en découle. Parmi nos lecteurs, beaucoup se trouveront sans doute déjà confortés dans ce qu’ils savaient déjà ou qu’ils découvrent ici de manière inattendue. D’autres seront par contre peut-être déconcertés devant une tel acharnement à défendre une vérité dont ils ne comprennent pas la contradiction face au discours ambiant et quasi unanime des médias ou de pseudo-historiens. L’histoire peut-elle être réécrite pour un « peuple » au détriment d’un autre ?… La légitimité des uns peut-elle se construire en réduisant à néant celle d’autres ?… C’est là tout l’enjeu de notre démarche. Faire en sorte que la vérité éclate au grand jour et que les menteurs soient confondus.

Comment rendre au Seigneur le bien qu’il m’a fait ?… Loin de vouloir « payer » au Seigneur en retour tout le bien qu’il lui a fait, le psalmiste constate au contraire qu’il est vain de vouloir s’acharner à rendre à Dieu le « prix » de tous ses bienfaits. La méditation de la deuxième partie[1] de ce Psaume 116 illustre avec pertinence la démarche de Joseph et de ses frères.

[1] La première partie de la méditation de ce psaume est parue dans le BI n°574.

 

BI 576 Éditorial : Le plus estimable des sacrifices ! (article: le sacrifice le plus estimé de tous).

Depuis la destruction du second temple et la fin de l’économie lévitique, bien peu s’interrogent encore sur le sens ou la pertinence des sacrifices d’alors. Et pourtant ! Les rabbanim ont de tout temps considéré les sacrifices au temple comme d’une importance cruciale dans leur rapport à Dieu. À tel point qu’ils en sont venus à découvrir qu’un seul sacrifice, répété quotidiennement, était en réalité le plus estimable de tous. Sans celui-ci, offert rigoureusement chaque jour (matin et soir), les autres offrandes avaient peu de sens. Par ailleurs, le prophète Daniel place ce même sacrifice singulier au cœur d’une prophétie étonnante (Dan. 9.27) et Yéchoua’ en parlera comme un signe particulier des temps de la fin (Mat. 24.15). Il apparaît donc clairement que ce sacrifice a une signification prophétique qui dépasse le cadre fixé de l’action des prêtres. Quand bien même, la tradition a depuis substitué aux sacrifices du passé des prières et diverses mitsvot, à vrai dire, rien ne remplace le « sacrifice le plus estimé » des rabbanim. En découvrir le sens prophétique et réaliser que Yéchoua’ a justement donné sa vie en sacrifice pour remplir le rôle attribué à ce « sacrifice quotidien », c’est sans doute la meilleure façon d’aborder cette période de Pessah’.

Le psaume 110 nous plonge lui aussi dans l’univers des sacrifices. Cet hymne, dont le caractère messianique est incontesté, est plein de mystère, notamment autour du roi-prêtre Melchisédech. Quoique les options soient variées à son sujet, il est un fait que le Messie-roi de ce psaume messianique est aussi sacrificateur. Un non-sens diront certains qui clameront très justement qu’un roi d’Israël ne peut cumuler la fonction de prêtre. Sauf qu’en l’occurrence, l’ordre en question, celui de Melchisédech, dépasse celui d’Aaron à plusieurs niveaux et qu’aujourd’hui encore, après la fin de l’économie lévitique, il est le seul à perdurer. Assurément, seul le Messie-roi du Ps. 110 pouvait prétendre cumuler cette fonction.

Cette première partie de l’article d’O. MELNICK, fera sans doute couler beaucoup d’encre et peut-être même réagir plus d’un lecteur. C’est que le sujet enflamme les passions aux États-Unis depuis quelques temps déjà et risque fort d’arriver sur le continent européen avec le même déchainement. Loin de se cantonner au strict débat politique ou des idées, les chrétiens évangéliques américains ont « spiritualisé » le conflit israélo-palestinien au point d’en faire un débat théologique majeur et un sujet de division. Vu de France, on pourrait presque observer les choses avec dépit, mais l’ombre du palestinisme chrétien vient assombrir l’horizon et envahir le débat jusque chez nous. Le monde chrétien se laisse peu à peu pénétrer par ce courant antisioniste particulièrement sournois. Celui-ci est comme une surinfection qui vient s’ajouter au parasitage récurant du palestinisme séculier. Que vous soyez d’accord ou non, n’hésitez pas à nous communiquer vos remarques et/ou réactions.

 

577 Éditorial : Le lait et le miel ! (article: la faute suprême des explorateurs!)

Il serait réducteur de penser que le pays où coulent « le lait et le miel » soit un simple slogan publicitaire pour attirer le « client » en quête d’un lieu de villégiature. Les explorateurs envoyés en Canaan (Nombres 13) ont, au terme de leur périple, rapporté des fruits allant du raisin à la figue et à la grenade, une récolte fort appréciable, mais il ne s’est pas trouvé de lait ou de miel dans leurs sacs de voyage. Non ! Le « lait et le miel » sont ici les symboles forts du pays de la promesse faite à Abraham, une image du monde invisible, des mets délectables qui ne s’acquièrent que par la même foi que celle du patriarche. Or, il est notable qu’une partie des princes envoyés pour explorer le pays ne partageaient pas la même vision des choses. Par delà leur rébellion et leur refus d’entrer dans le pays promis, ils avaient le désir de retourner en Égypte, un pays que Koré[1] dans sa révolte décrira lui aussi comme découlant de lait et de miel. Il ira même jusqu’à dire à Moïse à propos du peuple : imagines-tu que ces gens sont aveugles (et ne voient pas « l’absence » de lait et de miel) ?

Yéchoua’, en son temps, déclarait les aveugles comme « voyant clair » et les soi-disant clairvoyants comme « aveugles », un langage énigmatique pour ses contemporains. Il est évident qu’au-delà de l’image spirituelle, le seul à véritablement « ouvrir » les yeux est Dieu lui-même et son envoyé, le Machia’h Yéchoua’. En vérité, la terre de la promesse, où coulent le lait et le miel, n’est accessible qu’à ceux dont le Messie a ouvert les yeux par la foi.

Le psaume 2 est, de l’avis de la plupart des commentateurs juifs, une prophétie messianique. Le texte cependant interpelle Juifs et non-juifs et certains termes en hébreu posent manifestement « problème ». A moins que justement, le psalmiste cherche ici à faire découvrir certains aspects du profil du Messie qui depuis des siècles divisent. Ce psaume pourrait bien éclairer ceux parmi les « aveugles » qui cherchent à « voir » avec la foi d’Abraham qui a vu le Messie.

La première partie de l’article d’O. MELNICK a fait réagir plus d’un lecteur, finalement peu surpris par les symptômes que nous décrivions du palestinisme chrétien. Ce second volet poursuit la réflexion en montrant les mécanismes de la déjudaïsation du message de l’Évangile avec ses dérives possibles. Le rapprochement entre des sensibilités, qu’en principe tout oppose, a surpris plus d’un observateur. Des chrétiens, des musulmans et d’autres encore aux positions parfois libérales et radicales, se coalisent pour diaboliser Israël et les Juifs devenus les « ennemis » de la paix, de l’Évangile de l’amour et de la réconciliation. Comment a-t-on pu en arriver là ?… La réponse est on ne peut plus simple. Un aveuglement qui résulte en premier lieu d’un abandon des Écritures. Notre article est alors en quelque sorte une exhortation à la vigilance et la reconnaissance que la seule vraie paix, la réconciliation entre les peuples et le Salut, passent par le nom du Messie juif Yéchoua’ qui s’est livré en rançon pour nous.

[1] Nombres 16.13-14.

 

578 Éditorial : Un parfum de scandale… (article: l’Eternel pardonne ton péché…).

J’ai appris il y a quelques jours que certains mouvements religieux juifs libéraux avaient, pour Kippour, changé certains textes bibliques traditionnels de la fête au profit de versets, à leurs yeux, « moins » chargés de « sang ». En effet, dans la société dans laquelle nous sommes, le sang est synonyme de jugement, de mort. Sans doute ont-ils jugé trop lourd à supporter l’importance du sang dans le Salut offert par Dieu ?… La recherche pratique d’une éthique et d’une morale a donc alors été privilégiée. Or la première leçon de Kippour, c’est que sans le sang versé, il n’y a pas de pardon, pas d’expiation des fautes. A ce stade, le coupable, s’il veut payer lui-même le prix de son rachat, devrait verser son propre sang. Mais même cela ne peut convenir davantage.

En réalité, notre salut n’a pas de prix. Personne ne peut payer la rançon du sang versé pour expier ses propres fautes. David a découvert à ses dépends le prix exorbitant qu’il aurait dû payer pour sa faute dans l’affaire d’Urie. Quoique roi d’Israël, la somme n’était pas dans son budget. Alors c’est Dieu qui a payé pour lui. Un vrai parfum de scandale quand on sait que le prix a été celui du sang d’un innocent. « L’Éternel pardonne ton péché, tu ne mourras point. Mais… le fils qui t’est né mourra. » Il fallait que David en passe par là pour comprendre l’étendue des souffrances de Dieu quand celui-ci a livré son fils, Yéchoua’, pour expier les péchés des hommes. Une découverte qu’il nous fait partager… dans la douleur !

Est-il vraiment possible, à l’heure d’aujourd’hui, de cerner véritablement toutes les ramifications du conflit moyen-oriental ?… Les protagonistes y sont nombreux à user de leurs armes les uns contre les autres. Il n’y a pas à proprement parlé deux camps distincts ; les « bons » et les « méchants » ; ceux dotés de valeurs morales et les autres qui en seraient privés. En conséquence, discerner les signes prophétiques du dernier conflit mondial n’est pas davantage aisé, tant il y a d’éléments fluctuants et de correspondances incertaines. La « conspiration » du Psaume 83 contre Israël pourrait-elle impliquer DAESH ? Celui-ci est peut-être bien au cœur de cette histoire et semble tisser la toile qui réunira les Nations contre Israël. Voilà en tout cas une hypothèse qui mérite d’être méditée.

En sortant des fêtes de Tichri, on peut légitimement se demander ce qui reste de tous les moments de recueillement, de réjouissance et de reconnaissance traversés ces dernières semaines. A-t-on gagné en assurance, en espérance et en zèle pour l’Éternel, le Dieu d’Israël ?… Ou est-ce l’inquiétude et la crainte qui dominent ?… Isaïe 12 est lu en général lors des fêtes de Souccoth, également lors du chabbat. Il nous ramène à une vérité fondamentale que l’on oublie bien souvent. Il est grand en ton sein, le nom du Saint d’Israël ! Et le nom du Sauveur est connu. Celui qui place sa confiance et sa foi dans le nom de Yéchoua’ sera sans crainte et plein de force à l’heure du grand jour de Dieu.

 

579 Éditorial : Dieu ne s’est pas trompé ! (article: et si finalement Dieu avait raison?)

Qui peut imaginer un seul instant Dieu faire une erreur quelque part dans son plan ?… Pire ! Est-il concevable que l’Éternel entreprenne de « tromper » délibérément son peuple en l’amenant à croire que Yéchoua’ est le Machia’h dont il a, depuis les premières pages de Béréchit (La Genèse), annoncé la venue ?…

La réponse est négative bien sûr. Certes, les faux messies ont jalonné l’histoire d’Israël depuis des générations. Certains ont connu des succès modestes, le plus souvent éphémères. Yéchoua’ est le seul à avoir traversé les siècles jusqu’à nous, à avoir emporté l’adhésion, comme aucun autre, d’un très grand nombre de Juifs, et aujourd’hui encore, en diaspora comme en Israël. Oui ! Mais pourquoi lui ?…

Le chapitre 53 d’Isaïe, quand on prend la peine de l’examiner de prés, demeure le plus troublant des textes messianiques. Il a transformé la vie de centaines de milliers de Juifs qui ont admis que le Messie Yéchoua’ était bien celui annoncé par le prophète. Dieu se serait-il trompé ?…

Cela fait beaucoup de questions et encore trop peu de réponses. Prendrez-vous le risque de lire ce chapitre 53 du prophète Isaïe ?… Et si finalement Dieu avait raison ?… Seriez-vous prêt à vous laisser attirer par lui ?… Transformer ?… Comment donc en sommes-nous arrivés là ?… Le premier texte que nous vous proposons ne vous donnera pas des réponses à tout. Il est cependant une porte d’entrée pour découvrir le Machia’h comme vous ne l’avez peut-être jamais soupçonné dans ce chapitre 53 d’Isaïe.

Le « voyage » entrepris par les hommes sur la terre est comme un pèlerinage de lieu en lieu, de ville en ville même. C’est ainsi que le patriarche Abraham l’avait compris. Il se voyait comme un résident temporaire sur la terre, et comme bien des Juifs, avec la valise toujours à portée de main. Cependant, la quête de la ville « refuge » est toujours dans l’inconscient collectif un idéal de paix dont nous avons bien besoin dans un monde troublé. Isaïe 26 nous donne un aperçu du paradoxe que constitue la ville de Jérusalem, source de Salut et d’espérance pour les uns, rocher de scandale pour les autres. Le Machia’h est sorti de Jérusalem et a pleuré sur elle. En son sein, il viendra encore pour consoler, délivrer et juger les hommes attirés par elle. Là encore, Dieu ne s’est pas trompé. Il accomplira tout ce qu’il a promis.

Du « mal » pourrait-il sortir du « bien » ?… Peut-être. En tout cas, l’ignominie des hommes trouve des expressions parfois inattendues. La dernière en date – l’étiquetage des produits israéliens par l’UE. Une décision sans doute aussi inique qu’anecdotique. De toutes les manières, une tentative supplémentaire qui contribuera encore un peu plus à salir Israël et les Juifs aux yeux des consommateurs européens. À moins que cela augure un autre « étiquetage », bien moins anecdotique celui-là. Celui des Juifs eux-mêmes. Et là, c’est moi qui aimerais bien me tromper.

 

580 Éditorial : Discerner les « signes » des temps ! (article: le signe du premier-né…).

Il est commun de comprendre derrière l’appellation « signes des temps », ceux affectant plus particulièrement la période que nous vivons et que l’on considère, forcément avec raison, comme plus proche de la fin du monde. Cependant, cette perception est pour le moins réductrice. Les « signes » des temps traversent l’Écriture et parlent aux générations qui se succèdent de différentes manières. Ce peut être pour le temps présent et parfois aussi pour des temps futurs.

S’agissant du signe du « premier-né », il ne fait pas de doute que l’expression dépasse le sens habituel qu’on lui accorde. La perspective messianique lui est certainement sous-jacente et la cérémonie de Pessa’h a depuis lors été le premier vecteur d’une transmission d’un message prophétique qui passe par la mort nécessaire du premier-né. Voilà bien un signe qui traverse l’histoire jusqu’à nous et que l’on aurait tort de négliger.

Je me doute bien que le thème du sionisme va susciter bien des réactions, et pas forcément positives[1]. Porté aux nues par les uns ou au contraire maudit par les autres, la compréhension que l’on en a est souvent confuse. Celui-ci est cependant par définition quelque chose qui transcende le « politique » ou un régime, quel qu’il soit. Il s’inscrit au départ dans une promesse (Genèse 12.3) et légitime l’existence d’Israël en tant que nation, ce aussi bien lorsqu’Israël est dans son territoire que lorsqu’il se trouve dispersé en diaspora. C’est pourquoi on peut affirmer que le sionisme préexiste à l’établissement de l’État d’Israël. Il est au cœur même de sa raison d’être et constitue à ce titre un « signe » incontournable dans l’histoire du monde. Il serait donc réducteur de considérer le sionisme comme une simple forme de doctrine politique à l’origine de la création de l’État d’Israël.

Quoi que l’on pense d’ailleurs à son propos, pour qui sait le voir, le sionisme est un « signe » qui traverse l’histoire et anime le peuple juif depuis que celui-ci existe. Sa résurgence moderne aussi inattendue que surprenante au milieu du 19e siècle nous échappe parfois, mais depuis 150 ans, il y a assurément plus qu’un frémissement spirituel au sein de la communauté juive mondiale. C’est cela qui constitue en premier lieu un indéniable signe.

Le « juste » et le « méchant » sont présentés dans le psaume 1 comme à l’extrême l’un de l’autre. Et pourtant, même si leurs fins sont connues et semblent en aucune façon se rejoindre, le risque est grand pour le « juste » de fréquenter le « méchant ». On attendait peut-être du premier psaume d’être un modèle du genre, une invitation à s’ouvrir à la Parole et à se nourrir à sa source. Il semble que l’exhortation poétique prenne un accent différent. À la promesse du bonheur de l’homme, de toute évidence bien réel, se greffe une mise en garde contre ce qui pourrait le gâcher irrémédiablement. Faut-il y voir un avertissement ? Un signe peut-être ?

[1] N’hésitez pas à nous écrire pour nous faire part de vos réflexions.

 

581 Éditorial : Qui l’aurait cru alors ? (article: il y a 80 ans…)

Débutée il y a 80 ans, l’œuvre du Berger d’Israël ne s’annonçait pas sous les meilleurs hospices. Les pionniers d’alors pressentaient probablement le « pire », mais espéraient en même temps le « meilleur ». L’appel du moment avec ces nombreux Juifs fuyant les pogroms de l’Est était-il leur seule motivation ou attendaient-ils autre chose de plus « grand » ?… L’entreprise d’un jour ne risquait-elle pas de s’achever par un échec ?… À moins que leur confiance dans les promesses divines ait été le vrai moteur, un carburant solide capable de les mener au-delà de ce que leurs yeux percevaient pour l’heure.

Qui l’aurait cru alors ?… Encore que 1936 n’est à vrai dire qu’un point d’orgue dans le plan prophétique divin et, 80 ans après, nous entrons nous-mêmes dans ce que nous n’imaginons pas encore et que Dieu a annoncé pourtant depuis longtemps. C’est pourquoi, avec confiance, nous poursuivons la tâche sachant que le temps est proche.

Qui l’eût cru il y a 4000 ans ? Dieu faisait alors une promesse à Abraham dans les termes les plus étonnants. Celui-ci devait devenir une source de bénédiction, mais aussi, d’une certaine façon, de malédiction pour quiconque s’opposerait à Dieu à travers lui. Nous connaissons certes la suite et la manière dont Dieu a béni la descendance promise — Israël — et a permis, à travers elle, la venue du Messie Yéchoua’. Ainsi est-on parvenu véritablement à la bénédiction de « toutes les familles de la terre ». Nous sommes cependant moins familiers des clauses négatives et de leurs conséquences dans les temps passés et plus encore dans le contexte présent, car il ne fait aucun doute que l’alliance abrahamique est toujours valable aujourd’hui. Mais qui est prêt à le croire encore ? Olivier MELNICK nous en donne un aperçu utile qui doit être compris comme un « signe » de ces temps derniers que nous vivons.

La « faim » spirituelle et la « faim » naturelle ont au moins en commun d’être deux besoins vitaux à la condition humaine. L’une comme l’autre nous rappelle que nous sommes dépendants pour vivre d’une nourriture qui, d’une façon ou d’une autre, vient de Dieu. Et il plait à Dieu d’y pourvoir, parfois d’une manière « surnaturelle ». Du ciel, Dieu a envoyé la manne, et même la viande (les cailles) au peuple d’Israël. Du ciel encore, Dieu a nourri le prophète Élie. Mais plus que la nourriture qui nourrit nos corps, Elie GOLDSCHMIDT nous rappelle que la nourriture qui compte vraiment est celle qui satisfait notre cœur et notre âme, dans la mesure où nous reconnaissons qu’en tout temps et en tout lieu, c’est Dieu seul qui comble notre « faim » véritable. C’est ce que nous réaffirmons chaque fois que nous lui présentons notre Action de grâce.

 

582 Éditorial : Hochânna, sauve-nous, je t’en prie ! (article: Soukkot)

La fête de Soukkot est aujourd’hui en Israël une occasion de rencontres festives et de réjouissances. Les enfants sont généralement en vacances et les plus jeunes participent avec enthousiasme à la construction de la « cabane » familiale. Les femmes s’activent à confectionner toutes sortes de plats plus succulents les uns que les autres. De leur côté, les hommes se préparent tout autant et, religieux ou non, travailleront à ce que ces jours soient marqués par la joie de tous.

Les temps ont cependant changé. En Israël, chacun a également bien conscience que les terroristes feront tout pour ternir la joie du plus grand nombre. Beaucoup seront donc mobilisés pour garantir la sécurité derrière les murs épais des maisons ou des lieux communautaires. En Europe, la vigilance est également de mise et un récent sondage estimait que près des deux tiers des Juifs songeaient à ne pas se rendre à la synagogue pour les fêtes. Comment en effet se réjouir vraiment avec la crainte qu’un « déséquilibré » vienne semer le chaos et la mort ? En attendant, il a déjà semé la peur.

Assurément, la fête ne résonne plus aujourd’hui de la même manière qu’à l’époque du Temple. Mais tout bien considéré, Soukkot, peut-être plus encore que les autres célébrations du calendrier juif, devrait se vivre avant tout dans la perspective du monde à venir.

Les cabanes nous parlent du passé et nous font réfléchir à la fragilité de notre présent. Elles suggèrent aussi que ce qui doit demeurer éternellement n’appartient pas au monde ici bas.

Dans le remue-ménage des préparatifs de la fête et au milieu des réjouissances, il peut nous arriver de perdre de vue le caractère prophétique de Soukkot. Or, notre calendrier hébraïque n’est pas qu’un simple repère chronologique, une échelle du temps qui passe. Il fixe notre mémoire collective et nourrit notre espérance dans la perspective prophétique.

Soukkot est la dernière des fêtes de pèlerinage qui doit nous rassembler à Jérusalem. Dans le monde agité qui nous entoure, elle nous invite à crier à Dieu pour trouver son secours : Hochânna, sauve-nous, je t’en prie !

Il m’est souvent demandé combien de Juifs messianiques — c’est-à-dire des Juifs croyant que Yéchoua’ est le Messie — il y a dans le monde et s’il s’en trouve beaucoup autour de moi. Je réponds en général simplement, mais certains restent perplexes. Comment donc des Juifs peuvent-ils croire en Yéchoua’ ? C’est qu’il peut sembler difficile de franchir le pas si l’on pense être le seul à se poser des questions sur le Messie.

C’est pourquoi, de temps en temps, nous publierons le témoignage de Juifs qui racontent en quelques mots la manière dont ils ont cheminé avant de faire la rencontre extraordinaire avec leur Messie. Leur expérience n’est pas unique et ils sont plus nombreux qu’on ne peut le croire.

583 Éditorial: « Fais-nous voir un signe ! » (article: la circoncision et la foi)

Ne nous laissons pas abuser par cette demande pour le moins insolite de la part de pharisiens (Matt. 16.1) qui tentent de mettre Yéchoua’ en défaut. Ces hommes étaient témoins d’une multitude de miracles et de démonstrations extraordinaires comme autant de preuves susceptibles d’au moins leur faire poser les bonnes questions. Il ne sera pas donné d’autre signe à ces hommes religieux que celui de Jonas. Cela étant, Dieu n’est pas avare de signes qu’il donne en même temps que les alliances. Parmi eux, la circoncision et la foi. Cela peut surprendre le lecteur, mais la foi d’Abraham est présentée en modèle pour les générations suivantes et jusqu’à nous, 4000 ans après. Par ailleurs, la foi du patriarche est ce qui l’a conduit à l’obéissance, une obéissance présentée comme un « mérite » lié à la foi de l’homme de Dieu.

La circoncision est en revanche un signe d’un autre ordre, mais qui curieusement est étroitement associé à la foi d’Abraham. L’un et l’autre transcendent le temps et l’espace et parlent encore à l’israélite d’aujourd’hui comme au non-juif. Comment ?… Voilà la question.

Le Berger d’Israël vient de fêter son 80ième anniversaire en quelque sorte en « famille » (voir ci-après). Il nous a semblé pertinent d’en rappeler quelques accents et retenir l’une ou l’autre leçon de ce retour sur le passé pour le temps présent.

Il arrive quelques fois que certains lecteurs nous fassent part du sentiment un peu sombre à leur goût des articles d’Olivier MELNICK. En effet, la dénonciation de l’antisémitisme et de ses mécanismes est utile à la compréhension de la haine multiforme qui traverse nos sociétés. Il n’en demeure pas moins que le tableau est souvent difficile à recevoir. Les solutions semblent inexistantes ou se noyer au milieu de l’océan sans que l’on en perçoive le moindre effet. C’est pourquoi, il nous a semblés intéressant de relever aussi les initiatives positives, susceptibles de réellement apporter une inflexion dans la course précipitée vers la haine de l’autre et du Juif en particulier. L’audacieuse prise de position de l’archevêque Justin Welby est un modèle du genre que nous espérons voir suivi par d’autres.

À l’heure où nous rédigeons ces lignes, nous préparons activement la convention messianique qui se tiendra à Marseille en avril prochain. Ce rendez-vous important est une première en son genre dans la capitale phocéenne et nous espérons nous retrouver nombreux pour, ensemble, rendre témoignage à notre Dieu et à son Messie Yéchoua’. Notez dès à présent les dates (28 au 30 avril 2017). D’autres informations suivront bientôt.

584 Éditorial : Donner du sens à la fête… et à sa vie. (article: tout commence à Pessa’h…)

Dans tout itinéraire spirituel, il est des moments où l’on vit et répète les choses un peu par habitude, sans trop se poser de questions. Chaque semaine, nous allumons les mêmes bougies de Chabbat, nous buvons le kiddouch (coupes de vin) et mangeons les ‘hallot (pains). Nous répétons les mêmes béra’hot (bénédictions) et tout nous semble « normal ». Lors des grandes fêtes, nous récitons la même liturgie et l’enseignons à nos enfants afin qu’ils agissent eux-mêmes de la même manière avec la génération suivante. Et ainsi les cycles se renouvellent inlassablement depuis des siècles. Cela étant, comprenons-nous toujours le sens de ce que nous faisons et disons ?… Et si cela a encore une importance pour nous, cela transforme-t-il notre quotidien et nos relations avec les autres, voire avec Dieu lui-même ?… Car une tradition qui n’affecte pas notre vie de tous les jours et qui ne nous fait pas grandir dans notre vie spirituelle est en elle-même vide de sens et vouée à disparaître.

C’est qu’il est facile « d’habiller » notre foi en nous imaginant que l’habit va rendre vivante celle-ci. Ce n’est pas propre au judaïsme, mais il est clair que la récurrence de nos traditions peut nous amener au fil du temps à en perdre le sens originel. Car toute tradition, a fortiori les fêtes ordonnées par l’Éternel, a eu un sens à son origine.

S’agissant de la fête de Pessa’h, il apparaît que celle-ci fonde le peuple d’Israël et l’établit comme le peuple racheté de Dieu, une communauté d’esclaves affranchis. Cependant, la célébration ne consiste pas seulement à rappeler un événement qui s’est produit il y a 3500 ans. Elle porte en filigrane l’invitation permanente à « sortir » de l’Égypte où nous sommes esclaves, de l’univers amer du péché qui a honteusement si bon goût à nos yeux.

Les traditions ont bien changé et se sont adaptées, notamment après la destruction du second Temple. Nos maîtres ont cependant cherché à conserver la mémoire du sacrifice pascal, l’agneau dont le sang avait été versé pour l’affranchissement des israélites. L’afikoman est depuis lors le substitut à l’agneau, que les rabbins au fil du temps ont désigné comme le moyen unique de maintenir éveillés les participants à la fête. La matza « cachée », puis dévoilée, a cependant un sens plus subtil et un rôle plus important que notre article se propose de révéler.

Ridley Haïm Herschell a vécu il y a déjà longtemps, mais son témoignage pourrait bien être celui de beaucoup. L’aspiration à être « juste » devant Dieu est un désir fort légitime en même temps qu’une quête inaccessible et épouvantablement frustrante. Comment être certain d’être réellement parvenu au niveau de sainteté que Dieu demande ?… C’est au milieu de l’épreuve que Ridley a entendu la réponse divine à sa demande de paix et de Salut. Enfin, il a trouvé du sens à sa vie.

 

585 Éditorial : Entre questions et réponses. (article: parle-t-on trop aujourd’hui de la mémoire de la Shoah?)

La sujet de la Shoah a fait et fera encore débat longtemps. Outre le combat permanent pour en maintenir la mémoire, l’évènement dramatique et incomparable qu’elle représente suscite des questions de fond qui restent, pour les croyants comme les incroyants, une énigme, une non-réponse de Dieu qui nous dépasse et qui, pour certains, s’ajoute encore à la souffrance. Faut-il s’en tenir au silence pesant de Dieu que l’on ne comprend pas ?… Faut-il se satisfaire de l’explication généralement admise d’une « culpabilité collective » assumée finalement par une seule génération, selon les dires de beaucoup de nos rabbins ?…

La question sous-jacente du mal et de celui qui l’anime, mais aussi l’incompréhensible souveraineté de Dieu qui « permet » à la mort d’atteindre d’innombrables victimes innocentes, est autant de vains cris poussés vers le créateur. L’apparent silence de Dieu n’est cependant pas nécessairement une non-réponse.

Relisant le livre de Job, j’imagine la perplexité de celui qui ne comprend pas pourquoi il est atteint, semble-t-il (et de l’avis fort peu éclairé des amis de Job), des pires maux de Dieu. Le prologue du récit nous donne certes une explication un peu courte qui n’explique pas pour autant pourquoi Dieu fait passer au creuset l’innocent. Qui peut dire ce que ressent Dieu face à la mort d’un million et demi d’enfants ? Quel message Dieu adresse-t-il à l’homme devant l’innommable ? S’aventurer à une réponse unique est un défi qui nous dépasse.

Même si la souffrance est inhérente à la condition humaine, celle-ci nous laisse silencieux quand elle affecte des êtres innocents. Que dire alors quand celle-ci touche le Messie à cause de nos fautes ?…

L’autre question qui nous occupe suscite moins de silence et des réponses pour le moins contrastées. Il convient toutefois de sortir de l’irrationalité pour objectivement se rendre compte que dans l’Histoire d’Israël, depuis les patriarches, jusqu’à nos jours, le Juif aspire à connaître l’avènement du Messie. Et pourtant, des faux messies, il y en a eu beaucoup et tous ont provoqué la contradiction et des ruptures au sein de la famille d’Israël. Mais aucun comme Yéchoua’ ne l’a fait.

La Shoah pose en définitive la question du mal et de son origine. Certains comprennent aisément que derrière l’évènement se dissimule un adversaire redoutable qui fomente depuis toujours l’échec du plan divin pour sauver Israël et l’humanité. S’agissant de Yéchoua’ et de son accueil par la famille d’Israël, il ne fait aucun doute que le même mystificateur a agi en coulisse. Même avec le recul, je ne saurais expliquer les raisons divines qui ont permis le travestissement de Yéchoua’ aux yeux d’Israël au travers des siècles. Si tout était certes annoncé, il n’en demeure pas moins des questions sans réponses et des silences qui pèsent lourd. Le temps des promesses est cependant venu et avec lui, celui des réponses inattendues…

 

586 Éditorial : Entre réjouissance et doute ! (article : les deux boucs de Kippour)

À l’heure où je rédige ces lignes, nous sommes encore dans les fêtes de Soukkot.

Comme chaque année, les célébrations de Tichri ont été pour beaucoup de Juifs d’entre nous un équilibre difficile à trouver entre réjouissances et une certaine inquiétude.

Réjouissance en premier lieu en entendant le son du Choffar. En effet, celui-ci a résonné quelque part comme la constante manifestation de l’Éternel en faveur de son peuple. Tout rappelle l’invitation du Seigneur à s’approcher de lui. Notre humiliation est aussi celle de tout le peuple d’Israël qui reconnaît son incapacité à présenter une réelle justice devant son créateur. Et quelle joie de se savoir malgré tout accueilli par Dieu !

Inquiétude cependant parce que nous vivons dans un monde malade dont on ne perçoit pas d’issue favorable. Le peuple juif vit dans une perpétuelle tension et l’antisémitisme ambiant est devenu un air irrespirable dont s’accommodent, hélas, nos contemporains. Nous espérons une année douce et paisible, mais nous savons que l’année qui vient pourrait être aussi la dernière de réelle liberté.

Réjouissance encore, car Kippour, loin de nous amener à douter que notre nom puisse disparaître et ne pas se trouver inscrit dans le Livre de Vie, nourrit une espérance qui ne repose pas sur nos mérites, quels qu’ils puissent être. Le bouc pour Azazel est en lui-même le témoignage que nos fautes ont été expiées en vertu du sang versé. Quoiqu’il n’y ait plus de sacrifices offerts depuis 2000 ans, Dieu n’a pas renoncé à pardonner. Il convient de comprendre que son pardon nous est accordé en vertu d’un sacrifice plus excellent et plus permanent. Et nos prophètes nous l’avaient déjà annoncé.

La mort et la résurrection de Yéchoua’ promettent une moisson au-delà de toute espérance et de tout doute possible. À l’humiliation succèdera la gloire et à l’inquiétude, la réjouissance et la joie.

Un dernier mot encore pour vous faire part de notre joie à partager chaque mois ou presque (depuis septembre dernier), le temps du Chabbat et l’étude de la Torah dans le cadre des rencontres de Beit Sar Shalom Paris (48 rue de Lille, Paris 7ème). Pour toute information sur les rencontres à venir, visitez la page Facebook de Beit Sar Shalom Paris ou contactez-nous à la rédaction du Berger d’Israël.

 

587 Editorial : La résurrection des morts en question ! (article : questions et réponses de Juifs à d’autres Juifs à propos de Yéchoua’ (Jésus)).

Si l’on posait aujourd’hui la question suivante à la plupart de nos contemporains : croyez-vous en la résurrection des morts ?Il en est beaucoup qui vous regarderaient peut-être avec une moue sceptique. Mais alors, pourquoi enterre-t-on les morts ?

Il y a quelques années, j’ai eu l’occasion de visiter un très ancien cimetière juif en Ukraine, près de Kiev. À perte de vue, des tombes très anciennes et plus ou moins entretenues s’étalaient autour de moi. À ma grande surprise, les tombes avaient comme la forme d’une « botte » couchée en un seul bloc de pierre. Je n’avais jamais vu une chose pareille. Un guide m’expliquait alors que les gens s’attendaient à une résurrection des morts et que le jour venu, les tombes ainsi redressées tiendraient « toutes seules » sur leur base, livrant le passage au défunt revenant à la vie.

La Torah annonce clairement la résurrection des morts comme une espérance et une réalité à venir incontestables. Yom Kippourajoute à celles-ci le besoin de trouver l’assurance ce « jour-là » d’avoir son nom inscrit dans le Livre de Vie. Qu’on l’admette ou non et de manière explicite, la résurrection des morts et le jugement à venir font partie de l’enseignement du judaïsme depuis toujours. À l’exception notable du courant des saducéens qui a disparu au cours du 1ersiècle.

S’agissant de Yéchoua’, la question de son retour à la vie est naturellement posée. S’agit-il d’une réalité historique confirmée ? D’une imposture organisée ?… Peut-on seulement le savoir vraiment ? Autant de questions qui nous ramènent à un enjeu majeur. Si Yéchoua’ est revenu à la vie il y a 2000 ans, cela signifie qu’il est vivant AUJOURD’HUI.

À ce propos, nous ne sommes pas dans un débat philosophique, théologique ou de spécialistes. Si Yéchoua’ est vivant aujourd’hui, son message vieux de 2000 ans devient soudainement actuel et pour moi maintenant. Si la question est ainsi posée, ne mérite-t-elle pas que l’on cherche un peu à y répondre ?

 

588 Éditorial : Tout est possible ! Même l’indicible !

Depuis près de 20 siècles, le nom de Yéchoua’ divise et suscite la contradiction. Il peut sembler étrange qu’après de nombreuses enquêtes, recherches d’historiens et de théologiens, la question de Yéchoua’ soit encore un sujet si brûlant d’actualité.

Que penser de celui que certains affirment vivant, quoique mort sur une croix à l’époque romaine ? Si encore ses disciples s’étaient éteints avec sa génération, on aurait pu croire à une affabulation, un épiphénomène historique. Mais ce n’est pas le cas. Ses disciples se sont multipliés tant et si bien qu’aujourd’hui, en ce 21esiècle, ils clament encore que le ressuscité d’il y a 2000 ans est encore vivant.

Pourquoi ses partisans sont-ils si convaincus ? Et surtout, pourquoi s’insinue-t-il toujours le doute parmi de nombreux Juifs et non-juifs qui cherchent à comprendre ?

Depuis 200 ans, le renouveau du mouvement messianique parmi les Juifs parvenus à l’émancipation connaît un tel essor que certains s’inquiètent et s’interrogent. Qui sont donc ces Juifs messianiques, ces hommes et femmes juifs qui célèbrent le ressuscité controversé ? Sont-ils des traitres à la nation juive ?… Des illuminés à enfermer ?…

Et s’ils avaient fait une véritable rencontre avec Yéchoua’ le Messie d’Israël ? Ils font partie du peuple juif, tout en étant à la marge. Ils partagent beaucoup avec les chrétiens, mais sont regardés avec une certaine condescendance, incompris et parfois même méprisés.

Dans cette édition, il nous a semblé pertinent de découvrir sans compromis ces Juifs messianiques qui revendiquent cette « double » appartenance et une joie indicible de connaître le Messie Yéchoua’ dans une relation unique et personnelle.

En réalité, plus encore que de connaître un peu mieux ces Juifs messianiques, nous comprenons aisément qu’à travers eux, il est possible de connaître autrement que par les clichés de l’Histoire, celui qui dans nos campagnes apparaît encore sur bien des croix de bois ou de pierre.

L’expérience d’une relation personnelle avec Yéchoua’ fait-elle envie ? L’enthousiasme des Juifs messianiques nous fait dire que finalement, tout est possible.

Elie Goldschmidt nous fait découvrir ou revisiter le psaume 13, de David. Plus qu’un poème ou un cantique, il y a dans ces quelques versets comme le reflet d’un soupir, celui du psalmiste bien sûr — et derrière lui peut-être celui du lecteur — mais aussi le soupir de Dieu qui nous questionne : jusqu’à quand ?… Ne tardons pas à répondre.